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Travail en partenariat d’Enfants Réfugiés du Monde et de l’association bosniaque BOSFAM -1-

Les avantages du partenariat

Valérie CECCHERINI

09 / 1997

En Bosnie, un projet et éducatif et psychosocial élaboré par l’organisation Enfants réfugiés du monde en 1995 et destiné aux enfants déplacés de Srebrenica préconisait initialement l’ouverture de centres d’activités dans la région de Tuzla. Les volontaires de l’organisation sur place ayant cependant constaté que de nombreux centres d’activités pour les enfants avaient déjà été établis dans cette région par des organisations locales, Enfants Réfugiés du Monde a modifié son programme. En effet, il apparaissait plus judicieux de travailler en partenariat avec une association locale en apportant un soutien significatif à ses centres déjà en fonction.

Nous étudions ici les avantages du partenariat (1)

Identifier un partenaire

Comment avons-nous choisi notre partenaire ? Tout d’abord, nous avons rencontré les responsables et bénéficiaires de toutes les associations locales travaillant auprès d’enfants et de populations déplacés. Nous avons soumis à chaque coordinateur un questionnaire grâce auquel nous avons pu élaborer ensuite des grilles d’informations sur le fonctionnement respectif de leurs associations. Puis, nous avons visité les centres d’activités.

Ces démarches nous ont permis de réunir toutes les informations nécessaires pour identifier un partenaire local. Et l’association BOSFAM (Bosniak Family)locale nous a semblé correspondre à ce que nous recherchions : nos objectifs étaient compatibles, nos projets complémentaires et elle semblait structurée et organisée pour nous permettre de réaliser ces derniers et d’envisager, à terme, l’autonomisation du programme. Elle avait ouvert 12 ateliers pour les femmes déplacées de Srebrenica, mais celles-ci étaient accompagnées de leurs enfants et l’association n’avait ni les moyens financiers, ni les compétences pour assurer la prise en charge à travers un programme spécifique -ce que nous nous sommes proposé de réaliser, avec le budget dont nous disposions, pour 2 centres.

Nous avons alors signé avec l’association un contrat de partenariat précisant nos statuts respectifs, nos fonctions et nos engagements réciproques. Nous leur apportions un soutien financier permettant l’embauche d’animateurs, l’achat de matériel pour les activités des enfants, l’organisation de sorties...surtout nous nous engagions surtout à former le personnel local.

Aspects positifs du partenariat

A- Avant tout, le partenariat peut permettre d’envisager plus facilement la pérennisation d’un programme puisque celui-ci vient s’inscrire dans le cadre d’une structure locale déjà établie. Nous envisageons la reprise du programme que nous avons initié par des équipes locales des centres sur lesquels nous sommes intervenus lorsque ces dernières ont eu acquis une formation suffisamment solide pour fonctionner de façon autonome et pour pourvoir former, à leur tour, le personnel des autres centres de l’association.

B- D’autre part, en donnant à la population locale la possibilité d’être active à nouveau, le partenariat redynamise celle-ci, lui permet de retrouver confiance en elle -et il évite également ainsi aux organisations internationales d’induire par leur action un système d’assistanat. En Bosnie, les personnes déplacées sont souvent perçues par la population locale comme un fardeau. La plupart, issues de milieu rural, présentent des différences culturelles avec les citadins que ceux-ci acceptent mal. De plus, mal logées dans les bâtiments que l’État a mis à leur disposition et vivant de l’aide humanitaire, elles sont perçues par la collectivité locale comme une charge financière et sont parfois même jalousées pour les aides qu’elles reçoivent. Tous ces facteurs se combinant, les personnes déplacées sont marginalisées et dépréciées. Aussi, pour éviter qu’elles se replient sur elles-mêmes, qu’elles sombrent dans un fatalisme passif, le partenariat cherche à leur permettre de retrouver - en leur proposant de mener une activité productive- un rôle à jouer sur le plan social grâce auquel elles pourront plus facilement s’intégrer dans leur nouvel environnement et reconstruire une image positive d’elles-mêmes.

C-Travailler en collaboration avec une association locale implique des échanges constants avec celle-ci. Tout d’abord, cela nous a permis de beaucoup apprendre quant au contexte culturel, social, politique et économique de la région dans laquelle nous intervenions. Ainsi, mieux éclairés sur les besoins réels de la population déplacée et locale, nous avons pu plus facilement et judicieusement adapter notre programme pour y répondre. D’autre part , nous avons pu développer un important programme de formation des animateurs des centres qui participaient aussi régulièrement à divers séminaires sur la psychologie de l’enfant et les traumatismes de guerre. Notre rôle dans cette mission a donc été surtout de conseiller nos partenaires quant au fonctionnement (à tous les niveaux)d’un centre d’activités et de suggérer de nouvelles approches concernant l’éducation et la psychologie de l’enfant.

Mots-clés

enfant, formation professionnelle, ONG, partenariat


, Bosnie-Herzégovine

Notes

(1)Voir aussi "Travail en partenariat d’Enfants Réfugiés du Monde et de l’association bosniaque BOSFAM -2-

Les difficultés du partenariat

Valérie CECCHERINI a été coordinatrice du programme ERM en faveur des enfants bosniaques déplacés et leurs familles de février 96 à février 97.

Source

Texte original

ERM (Enfants Réfugiés du Monde) - 34 rue Gaston Lauriau, 93512 Montreuil cedex, FRANCE - Tél. : 33 (0)1 48 59 60 29 - France - erm (@) erm.asso.fr

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