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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

L’initiative de jeunes adultes pour une association de quartier

Faire renaître le dialogue

Françoise MALBOSC

09 / 1996

"A Pont-Évêque, il y a une association de jeunes adultes qui interpelle des habitants, des élus, des institutions, qui est vraiment le moteur de la vie du quartier..." Rendez-vous pris au centre social avec le directeur, qui fait le relais, et des membres du bureau de l’association, nous allons ensemble à "la salle", en rez-de-chaussée d’un immeuble des Genêts. Échange avec Sabri Djellouli, secrétaire de l’association et Omar Tekouk, le président ; Denis Bourguignon, directeur du centre socioculturel, et Pascal Charpentier, directeur de l’agence de Pont-Évêque (OPAC de Vienne)sont là aussi.

Sabri Djellouli commence : "Nous sommes quatre fondateurs de l’association : les membres du bureau. Au départ, il y avait beaucoup de problèmes dans les allées, les gens, l’Opac se plaignaient... Des jeunes du quartier sont venus nous voir. C’est comme ça qu’est née cette idée de salle... Mais ce que nous voulions surtout, c’est "solidariser" le quartier et faire une association de quartier. Depuis dix ans, il n’y a plus de discussion, plus d’association de locataires."

Et Omar Tebouk de compléter : "Avant, les gens se connaissaient, ils se rencontraient. Maintenant, à cause du chômage, il y a un changement de mentalité, beaucoup plus d’individualisme. On voudrait que les gens retrouvent la joie de vivre."

Cette volonté de faire renaître le dialogue anime l’action des membres de l’association qu’il s’agisse d’ouvrir et de faire vivre la salle ou de réfléchir à des aménagements d’espaces de jeux pour les enfants du quartier.

Négociation avec l’Opac pour obtenir la gestion d’une salle et offrir les garanties nécessaires, discussion avec les habitants de l’immeuble avant l’ouverture de la salle, réunions mensuelles ensuite avec ces derniers, l’Opac, le centre socioculturel, pour faire le bilan du fonctionnement de la salle, parler de ce qui allait et de ce qui n’allait pas...

Même chose avec les utilisateurs de la salle, établissement d’un règlement intérieur, d’un planning d’activités, adaptation des modalités d’ouverture pour que le règlement soit respecté : un temps confié à qui voulait bien prendre la responsabilité de l’ouverture, l’usage des clés est maintenant maîtrisé (un seul trousseau !)... En tous cas les activités de cette première année ont été intenses et diversifiées, pas seulement au profit d’un groupe de jeunes ; le programme est d’ailleurs éloquent : soirées vidéos, soirées dansantes, activités pour les petits "qui ne vont pas au centre de loisir", cours de danse pour les filles, sorties de ski avec des jeunes d’un autre quartier...

En plus de l’animation de la salle, les membres de l’association - vingt-quatre adhérents actuellement - prennent l’initiative d’entamer une réflexion et une consultation sur l’aménagement des espaces extérieurs : groupe de travail avec des techniciens (services de la ville, OPAC, centre socioculturel), passation d’un questionnaire pendant l’été pour élargir la consultation. Ils répondent également au concours lancé par l’Opac "Un projet pour mon quartier" et sont retenus pour deux propositions (aménagement et insonorisation de la salle, installation de jeux pour les enfants)qui se préciseront bientôt.

Le programme de la rentrée 1996 commence par la tenue d’une assemblée générale pour exploiter les questionnaires et poursuivre la réflexion sur les aménagement, envisager le fonctionnement de la salle selon les disponibilités et propositions de chacun.

La dynamo du quartier, c’est eux, l’association...

Pascal Charpentier note les progrès depuis un an : "Ça n’a l’air de rien, mais il s’en est passé des choses. Par exemple au moment où j’ai établi la convention de mise à disposition de la salle, des locataires se plaignaient de ne pas avoir été informés alors qu’il y avait eu deux réunions publiques... Le ton montait souvent entre les habitants et les jeunes pendant les réunions, mais il y avait aussi de l’écoute... L’important, c’est que les choses ont été dites et ont pu bouger."

Le mouvement a même débordé le quartier : l’Opac a reçu quatre projets venant de jeunes d’autres quartiers qui avaient entendu parler de l’association des Genêts. "Mais il faut bien dire que ce qui compte, c’est l’association, le projet avan" insiste Omar Tekouk. "Ça ne s’improvise pas, mais on est quand même des adultes..."

Mots-clés

organisation de quartier, jeune, relations sociales, logement social, mobilisation des habitants, solidarité


, France, Isère, Vienne

Commentaire

Quand on en vient au bilan, quelques points dominent :

- Les jeunes ont su gagner la confiance des adultes - Ce n’était pas gagné d’avance : "On voulait montrer une autre image des jeunes ; les gens ne croyaient pas qu’on pouvait monter l’association, avoir la salle... ça a duré six mois, il a fallu les rassurer, puis les intéresser... Maintenant, il y a des adultes qui nous sollicitent..." L’écoute positive des techniciens ou élus est également déterminante. Ce que résume autrement Omar Tekouk : "Tout le monde a suivi... la première adjointe au maire, l’Opac, le centre social, l’AAVDASE (la prévention spécialisée)..."

- La structuration en association a facilité la reconnaissance - "Quand on est tout seul, c’est dur de monter quelque chose, avec l’association, les portes s’ouvrent..." Que ce soit en mairie ou dans la presse locale.

- Le projet des fondateurs de l’association est ouvert, dynamique et non pas autocentré -Ouvert aux garçons et aux filles, aux petits et aux plus âgés: "Il y a des pères qui voudraient se réunir" , en contact avec les intervenants professionnels qui jouent le jeu, tourné vers un objet commun externe - le quartier - : "en montant cette association, on essaie de montrer le chemin pour relancer une association de quartier, nous, on n’est pas locataires..."

Notes

Contact :

- association des Genêts, Omar Tekouk, président. Les Genêts, les Frênes. 38780 Pont-Évêque. Tél. 04 74 85 94 12

- Opac de Vienne. Pascal Charpentier Agence de Pont-Évêque. 4, Plan des Aures 38780 Pont-Évêque. Tél. 04 74 57 79 80

Entretien avec TEKOUK, Omar; DJELLOULI, Sabri

Source

Entretien

CR-DSU

CR DSU (Centre de Ressources sur le Développement Social Urbain) - 4 rue de Narvik, BP 8054, 69351 Lyon cedex 08, FRANCE. Tél. 33 (0)4 78 77 01 43 - Fax 33 (0)4 78 77 51 79 - France - www.crdsu.org - crdsu (@) free.fr

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