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Quels appuis aux innovations rurales ?

Mémoire d’un atelier de travail sur l’aide aux porteurs de projets en France

Pierre Yves GUIHENEUF

10 / 1995

Geyser réunit une équipe d’agronomes engagés dans des actions de développement agricole et rural, en France et dans des pays du Sud. Depuis son origine, l’association a choisi de s’intéresser aux processus de changement menés à l’initiative des acteurs de terrain. En France, Geyser a participé aux côtés du GRET à des repérages et analyses d’innovation dans le cadre du programme "observatoire de l’innovation en milieu rural". Ce travail a été l’occasion de nombreux questionnements.

Il est évident que les innovations n’ont pas pour Geyser d’intérêt en elles-mêmes, mais parce qu’elles portent en germe certains changements pour l’agriculture et le monde rural. Pourtant, il s’agit à chaque fois d’expériences très circonscrites dans l’espace, impliquant souvent peu de gens. A quelles conditions des actions limitées sont-elles porteuses de changements plus globaux ? Ces questions renvoient à l’articulation du "micro" au "macro".

En France de nombreuses personnes ou groupes réflechissent au sens de l’innovation en milieu rural et surtout aux rôles d’appui à ces innovations de la part des organismes d’encadrement. Geyser a donc préparé et proposé en janvier 1994 une journée d’échanges sur la question, qui a pu être alimentée par des expériences concrètes. L’observatoire de l’innovation, le GERDAL, les CIVAM, le réseau RELIER, l’AFIP ET l’INTER-AFOCG ont été invités à partager leurs pratiques, ainsi que trois agriculteurs innovateurs.

Lors de cette rencontre a été abordée la question de l’articulation entre des innovations ponctuelles et des processus de développement locaux. Doit-on, comme le font certains, favoriser un foisonnement d’initiatives tous azimuts, en pensant que certaines s’imposeront et que des tendances se créeront peu à peu ? Doit-on tenter d’organiser une cohérence territoriale, en définissant des priorités et en favorisant les innovations qui s’y inscrivent ? Peut-on soutenir les projets des acteurs locaux et militer en même temps en faveur de telle orientation ou tel principe ?

Une autre question est celle de l’élitisme. Certes, les innovateurs vivent parfois de véritables "parcours du combattant", mais si l’avenir leur donne raison, ne constitueront-ils pas l’élite de demain ? En les aidant aujourd’hui, ne procède-t-on pas à une sorte de sélection basée sur des critères de dynamisme, de flexibilité, de capacité à formuler des projets ? Toutes les exploitations agricoles n’ont pas la capacité de procéder à des changements de cap, il y a des rigidités économiques ou sociales. Mais ne conviendrait-il pas alors de contribuer à identifier et lever ces blocages, plutôt qu’à aider ceux qui sont déjà en passe de les franchir ?

Certes, on peut miser sur des "effets d’entrainement", mais ceux-ci sont-ils réels et que peut-on réellement en attendre ? Bien sûr, on peut également faire le choix de favoriser des projets collectifs plutôt qu’individuels, mais fait-on alors autre chose que d’aider des groupes de favorisés ?

La question des projets collectifs et/ou individuels introduit d’ailleurs un autre type de préoccupations, qui surgit après ces remarques sur le rôle des innovations dans les processus de changement. C’est celle du "comment faire pour ? ".

Au centre de cette préoccupation : la question du choix des démarches collectives ou individuelles. Quels sont les enjeux et les conceptions qui se manifestent derrière nos prises de position à ce sujet ? Existe-t-il des formes intermédiaires d’action entre ces deux niveaux (harmonisation de projets individuels, mise en réseaux, réflexion collective préalable à des actions individuelles, etc...)?

Autres questions méthodologiques : quelle place les techniciens doivent-ils occuper dans un processus d’émergence d’initiatives ? Comment un débat sur la redéfinition de leur rôle peut-il s’engager avec eux ? De quels outils auraient-ils besoin ?

Les médiateurs sont souvent en mesure de fournir, par le biais de la formation ou d’échanges directs, des données diverses aux acteurs de terrain. A quel moment intervient le besoin d’information extérieure dans un processus d’emergence d’innovation ? De quel type d’information a-t-on besoin et comment y accède-t-on ? Les actions de formation, d’information et d’accompagnement de projets sont-elles complémentaires ?

La rencontre du 12 janvier 1994 n’a pas apporté de réponses à ces questions. Mais elle a permis d’engager un débat sur de nombreux points, à partir des pratiques de chacun.

Mots-clés

innovation, diffusion de l’innovation, relations micro macro, processus d’adaptation, technicien et paysan, diffusion de l’information


, France

Source

Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…

GUIHENEUF, Pierre Yves, Quels appuis aux innovations rurales ? Mémoire de la rencontre de Saint Sabin du 12 janvier 1994., FPH, 1994/04 (France), n° 47

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