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Médiateurs et réseaux

Mémoire d’une rencontre sur la mobilisation des chaînes de connaissances

Pierre Yves GUIHENEUF

11 / 1995

Chercher de l’information, l’adapter à un demandeur et la lui fournir. Mobiliser des connaissances et en faire profiter ceux qui en ont besoin. Brasser de l’immatériel pour permettre à ceux qui agissent d’être plus pertinents ou plus efficaces dans leur action concrète. C’est là le métier d’un nombre de plus en plus grand de personnes dans les sociétés modernes.

Ces médiateurs, qui se font une vocation ou un gagne-pain (parfois les deux) de constituer un maillon dans un réseau de circulation de connaissances, sont de véritables professionnels. C’est-à-dire que leur pratique, si elle se veut efficace, est soumise à des éléments de méthode, à des règles de déontologie, à des connaissances à posséder et des carnets d’adresses à constituer. Chercher l’information utile dans les bases de données ou les cerveaux des experts, sélectionner l’information pertinente parmi la masse de ce qui est produit chaque jour, s’assurer de sa crédibilité et vérifiant la source, voilà autant de savoir-faire qui ne s’acquièrent pas en un jour mais construisent dans la durée la confiance placée dans le médiateur.

Mais en même temps, ces spécialistes de « l’information » travaillent sur un matériau particulièrement flou. Ils dialoguent avec des demandeurs dont les attentes sont parfois difficiles à cerner, et des offreurs qui ne se doutent pas toujours de l’utilité de ce qu’ils peuvent transmettre. Qu’est-ce qu’une « bonne » information : celle que le demandeur s’attendait à recevoir ou celle qui le surprend mais l’aide à progresser ? L’expérience montre que les informations les plus utiles n’ont pas toujours fait l’objet d’une demande ou que le médiateur, en obligeant un demandeur à préciser ses carences, peut le faire prendre conscience de la véritable nature de son problème et à progresser de lui-même vers la recherche d’une information différente de celle qu’il demandait à l’origine. Curieuse alchimie… Dans l’ingénierie de la mobilisation des connaissances, tout n’est pas codifiable. Si les mécanismes sont indispensables et certaines pratiques formalisables, les médiateurs sont avant tout des hommes, d’autant plus utiles qu’ils savent percevoir, chez les producteurs et les utilisateurs d’information, d’autres hommes à la fois en position d’attente et d’initiative.

Le moins qu’on puisse dire des médiateurs qui ont échangé leurs expériences au cours de cette rencontre, c’est que l’échantillon était diversifié : quelques représentants de la presse tiersmondiste, des chercheurs, un spécialiste de l’appui aux PME, un courtier… Au-delà des spécificités de chacun, un constat commun : faire circuler l’information n’est pas un but en soi, c’est un moyen de densifier le tissu social. L’information à elle seule ne permet pas de créer ce tissu, mais elle contribue à renforcer les liens, à réunir les gens autour de valeurs communes. Ce sont ces liens qui, à leur tour, rendent l’information fiable car ils permettent d’instaurer la confiance et le contrôle mutuel.

Mots-clés

relations réflexion action, transfert de connaissances, médiateur, réseau d’information, réseau d’échange d’expériences, mobilisation des savoirs

Source

Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…

FPH = Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l’homme, {Médiateurs et réseaux. Mémoire de la rencontre de Saint Sabin sur les chaînes de mobilisation des connaissances} (3.7.90), FPH, 1990 (France), Documents de travail n° 1

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