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Regards croisés sur les organisations paysannes au Mali (tomes I et II)

Pierre Yves GUIHENEUF

02 / 1996

Au contraire du Sénégal ou du Burkina Faso, où les organisations paysannes ont toujours bénéficié d’une certaine autonomie, le Mali a longtemps encadré et structuré les coopératives. Cependant, des associations villageoises naissent à partir de 1975 comme interlocutrices de grands instituts publics d’intervention. Les groupements créés par d’anciens émigrés ou les ONG ont venus diversifier le paysage. Avec les politiques d’ajustement structurel, l’Etat se désengage et, avec la transition démocratique, des espaces de liberté s’ouvrent. Le Mali du début des années 90 vit donc un moment charnière pour la structuration du mouvement paysan, notamment avec la création de grands syndicats indépendants. Quel est actuellement le panorama et comment peut-on aider les organisations ?

On trouve au Mali trois principaux types d’acteurs : les sociétés d’intervention, la DNACOOP et les organisations paysannes. Parmi les premiers, on compte notamment la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT)qui gère la filière cotonnière et l’Office du Niger, qui s’occupe du riz et des périmètres irrigués. La DNACOOP (Direction nationale de l’action coopérative et du développement régional et local)représente l’organisme de tutelle et d’appui du secteur coopératif. Elle encadre plus de 2500 coopératives de production ou de consommation. Enfin, les organisations paysannes sont multiples : associations villageoises, groupements féminins, syndicats de producteurs, réseaux mutualistes d’épargne et de crédit, banques de céréales, minoteries villageoises.

A partir d’entretiens avec des experts et responsables paysans, un certain nombre de points se dégagent, qui représentent les enjeux actuels du mouvement paysan et rural.

- L’évolution des associations villageoises. Transposition de la société villageoise traditionnelle dans une structure moderne, les AV rencontrent des problèmes d’adaptation aux évolutions des activités menées et d’amélioration de leurs outils de gestion. Deux difficultés peuvent être dégagées : la question du passage d’un statut informel à un statut formel, qui suppose la définition d’un cadre législatif approprié ; le passage de la multifonctionnalité à la spécialisation.

- Les revendications. Les AV cherchent en général à acquérir plus d’autonomie face aux organismes d’intervention, ce qui suppose un renouvellement des dirigeants et une structuration des revendications.

- Les relations entre les organisations et leur environnement. L’environnement des organisations change du fait du désengagement de l’Etat, du processus de décentralisation et de l’évolution des société d’intervention. De ce fait, les organisations se trouvent en situation de s’investir sur des thématiques nouvelles, comme la question environnementale et la réforme foncière. Mais ces évolutions posent de nouveaux défis car les organisations ont besoins de compétences nouvelles. Se pose donc la question de leur professionnalisation (comment doit-elle s’opérer ? )et celle de la nécessité urgente de l’alphabétisation, qui est une des conditions de la professionnalisation.

- Quelles modalités d’appui aux organisations paysannes ? Plusieurs suggestions sont avancées : renforcer leurs capacités de négociation, faciliter leur formation et information, créer un cadre contractuel entre l’Etat, les organisations et les prestataires de services, renforcer l’organisation commerciale...

De façon générale, il semble important aujourd’hui de favoriser l’autonomie et la responsabilisation des organisations paysannes, ce qui passe par une certaine professionnalisation, avant de les encourager à aborder de nouvelles problématiques qui apparaissent du fait du retrait de l’Etat. Cela passe par des messages à l’adresse des organismes publics et des sociétés d’intervention, afin qu’ils facilitent cette structuration du mouvement paysan.

Mots-clés

désengagement de l’Etat, Etat et société civile, association de producteurs, organisation paysanne, banque de céréales, coopérative agricole, organisation syndicale, mouvement social, revendication paysanne


, Mali

Commentaire

Ce volumineux dossier est composé de deux tomes. Le premier (Document de travail n° 26)présente une problématique du développement des organisations paysannes maliennes et une synthèse des avis d’experts recueillis par l’auteur. Il est assorti d’une bibliographie et d’une trentaine de fiches DPH qui résument les entretiens réalisés et présentent quelques notes bibliographiques. Le second tome (Document de travail n° 26 bis, environ 150 pages)présente les interviews sous leur forme brute. Sur le même sujet, on pourra consulter également les Documents de travail n° 28 (Organisations paysannes au Mali : réunion autour du dossier n° 26)et 45 (Décentralisation, organisations locales et décentralisation au Mali).

Source

Rapport

DAGNON, Gaudens, GAO=Groupement associations villageoises organisations paysannes, Regards croisés sur les organisations paysannes au Mali, FPH, 1992 (France), n° 26

GEYSER (Groupe d’Etudes et de Services pour l’Economie des Ressources) - Rue Grande, 04870 Saint Michel l’Observatoire, FRANCE - France - www.geyser.asso.fr - geyser (@) geyser.asso.fr

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