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Décentralisation, organisations locales et ONG au Mali : la déclaration de Bamako

Pierre Yves GUIHENEUF

02 / 1996

En juin 1992, la FPH organisait à Santiago du Chili une rencontre internationale autour de la question du rapport entre l’action locale et le changement global, ou encore la relation micro-macro. Comment les individus et les groupes, à partir d’une intervention sur leur réalité, peuvent parvenir à changer la société ?

La rencontre de Bamako fait suite à celle de Santiago. Le Chili était engagé dans un processus de transition de la dictature vers la démocratie et il était intéressant de voir comment l’expérience des ONG et des organisations pouvait influencer l’action gouvernementale. Le Mali vit une situation différente : désengagement de l’Etat, instauration du multipartisme, démocratisation, décentralisation. La question qui est vite apparue centrale est celle de la place des organisations paysannes et des ONG dans le processus de décentralisation, c’est-à-dire dans un contexte de recomposition des pouvoirs de l’Etat et de la société civile. On retrouve de cette façon la préoccupation initiale de la FPH sur les rapports entre changement global et action locale, micro et macro.

Les participants à la rencontre firent de nombreuses interventions qui permirent de prendre la mesure des différentes dimensions et des enjeux de la décentralisation au Mali. A la fin de la rencontre, ils rédigèrent ensemble la Déclaration de Bamako, dont les points principaux sont les suivants :

- Le Mali vit en ce moment un double processus : d’une part une volonté de décentralisation de l’Etat, d’autre part un désir croissant de structuration et de responsabilisation des organisations de base qui désirent mieux maîtriser leur développement. Comment faire converger ces dynamiques ? Cela suppose de mettre en place une concertation entre les deux acteurs en présence - organismes publics et mouvement populaire - ce qui passe par le renforcement de leur pouvoir de proposition et la mise en place de mécanismes d’arbitrage.

- La décentralisation passe par une définition claire des domaines de compétence à différents niveaux : local (services de santé, d’éducation, de formation, d’équipement hydraulique...); intermédiaire (infrastructures et équipements du développement économique et social); central (compétence de l’Etat en ce qui concerne les grands objectifs stratégiques et les dispositifs d’accompagnement des initiatives locales).

- La décentralisation doit tenir compte de la spécificité des situations locales afin d’éviter l’uniformisation. En même temps, elle doit s’accompagner d’un renforcement de la solidarité nationale pour éviter l’éclatement.

- La décentralisation doit s’accompagner d’un renforcement des capacités de concertation et de proposition des organisations de base. Cela passe par leur formation et leur information.

- La décentralisation suppose que des ressources soit transférées par l’Etat, dégagées par les collectivités territoriales ou locales, acquises grâce à des aides extérieures.

- La décentralisation implique un changement de mentalité dans les administrations publiques. L’initiative privée doit se substituer au mythe de l’Etat-providence.

- La décentralisation implique une redéfinition du rôle des ONG. Leur action doit se situer dans le cadre d’un accord avec l’Etat, afin qu’elle s’inscrive dans les grandes orientations du pays.

- Les ONG doivent renforcer leur collaboration avec les organisations de base et avec les collectivités locales. Elles doivent viser l’efficacité et la pérennité des résultats, préparant la prise en charge par les acteurs concernés. Leurs actions doivent être évaluées et se situer dans des programmes pluriannuels et plurisectoriels.

Mots-clés

ONG, organisation populaire, organisation paysanne, processus de démocratisation, décentralisation, Etat et société civile, relations micro macro


, Mali

dossier

« On ne ramasse pas une pierre avec un seul doigt » : organisations sociales au Mali, un atout pour la décentralisation

Source

Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…

Centre Djoliba, Décentralisation, organisations locales et ONG au Mali, FPH, 1993 (France), n° 45

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