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Les axes de la coopération franco-américaine en 1992

Bernard OZANAM

07 / 1997

Dix ans après le discours de François Mitterrand à Cancún (Mexique), considéré comme le début d’une ère nouvelle dans la coopération entre la France et l’Amérique latine, il est bon d’examiner ce qu’est cette coopération aujourd’hui, de voir quels sont les domaines où elle s’exerce le plus concrètement et enfin quel rôle doit être dévolu aux ONG dans ce processus.

Plutôt que de la coopération, il faudrait parle des coopérations, tant celle-ci s’exerce dans des domaines très différents.

Dans la coopération bilatérale entre Etats on distingue une coopération scientifique et culturelle, mais aussi la coopération décentralisée et la coopération non gouvernementale.

Cette variété n’est pas soutenue par un effort financier significatif. "La France consacre 19 % de l’aide pour le développement à l’Amérique latine" nous dit Henri Rouillé d’Orfeuil, directeur adjoint de la coopération au Ministère des Affaires Etrangères. Ce qui est notoirement inférieur au pourcentage alloué à l’Afrique noire.

La cause de cette différence n’est pas à rechercher dans les responsabilités qu’a la France à l’égard du continent noir, mais dans l’endettement des pays latino-américains. Ceux-ci apparaissent de ce fait doublement boycottés. Or la France n’a-t-elle pas toujours affiché le désir d’une coopération suivie avec ces pays ? Pourtant le résultat est une limitation de la coopération du domaine scientifique et technique. Et encore celle-ci n’est pas équivalente à celle que Paris entretient avec ses anciennes colonies d’Afrique noire.

Quels sont les domaines où la coopération franco-latino-américaine est la plus vivante ?

La coopération industrielle, tout d’abord, est bien réelle. En Argentine, la France a même une position de leader dans le développement des infrastructures. "Elle est jugée importante en haut lieu", nous dit Henri Rouillé d’Orfeuil, "puisque des instructions ont été données pour son intégration dans les programmes de coopération".

La coopération urbaine ensuite, qui prend de l’ampleur : dans les domaines de la gestion municipale ou de la coopération décentralisée. La santé dépend encore des liens personnels et doit être développée, sous-entend l’auteur de l’article.

On peut aussi citer le domaine de la coopération tropicale et la coopération rurale. Mais le grand thème est aujourd’hui celui de l’environnement.

Quant à la recherche et à l’enseignement, cela dépend des pays : fructueux avec le Brésil, très faible avec les pays andins.

Aujourd’hui, le domaine administratif connaît un réel développement. Le contexte n’est plus celui des années 1970, la démocratie renaissante pousse la France à lutter avec les pays qui le souhaitent contre la dégradation des Etats rongés par la corruption. Et cela est fondamental car les structures étatiques se réduisent de plus en plus, ce qui est un problème très préoccupant.

En gros, les autorités françaises se contentent de renforcer les terrains existants. Or il faut dépasser ces domaines et être attentifs à tous les "acteurs". Les ONG, très dynamiques sur le terrain, peuvent jouer ce rôle et prouver que la coopération n’est pas de la seule compétence des fonctionnaires. Cependant, les ONG ne pourront pleinement jouer leur rôle que si, d’une part, l’aide financière qui leur est accordée (0, 6 % de l’aide pour le développement)est augmentée. Et si, d’autre part, elles accordent leurs efforts à ceux des autres forces locales afin de faire entendre leur voix.

D’après Henri Rouillé d’Orfeuil, le Quai d’Orsay en est conscient et veut baser la coopération sur le principe du co-financement qui responsabilise le partenaire. Et pour vérifier la bonne marche des projets, mettre en place des instruments d’évaluation. En un mot, selon l’expression d’H. Rouillé d’Orfeuil, "renouveler les formes de solidarité", pour répondre aux défis qui se posent à la France et à l’Amérique latine.

Mots-clés

coopération internationale, politique de développement, ONG


, Amérique Latine, France

Notes

Jacqueline Martinez a réalisé cet article à partir d’un entretien avec Henri Rouillé d’Orfeuil

Entretien avec ROUILLE D’ORFEUIL, Henri

Source

Articles et dossiers ; Entretien

MARTINEZ, Jacqueline, CEDAL FRANCE=CENTRE D'ETUDE DU DEVELOPPEMENT EN AMERIQUE LATINE, Les ONG françaises et l'Amérique latine : nouveaux discours, nouvelles pratiques, CEDAL FRANCE in. COMUNICANDO, 1992/11/01 (France), 20, spécial 1492-1992, vol.1

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