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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Réseau d’échanges de savoirs de Lisieux

De l’usager à l’acteur, de l’assistant au partenaire

Monique DE REBOUL

08 / 1994

L’expérience du Réseau de Lisieux et l’évaluation qui en a été faire après trois années de fonctionnement.

Origine :

Le réseau s’articule autour du Centre Social CAF (Caisse d’Allocations Familiales)implanté dans la ZUP (Zone d’Urbanisation Prioritaire)de Lisieux, une ville où le chômage, les retards scolaires et les bas niveaux de qualification sont nettement plus élevés que la moyenne nationale. Il est né du désir des travailleurs sociaux d’approcher de façon plus globale la réalité sociale locale et de tenter d’amoindrir le sentiment de dévalorisation de soi qu’éprouvent les personnes fragilisées par des échecs successifs et souffrant de non-reconnaissance sociale, tout en ayant le souci du brassage de la population.

Fonctionnement :

Les travailleurs sociaux se sont impliqués dans le projet, au même titre que les habitants du quartier et participent comme les autres à l’échange des savoirs : offres et demandes. Ce sont eux (5 personnes)qui constituent le noyau de l’équipe d’animation, mais très vite une dizaine d’habitants s’y sont adjoints.

Le réseau fonctionne autour :

- d’une rencontre hebdomadaire ouverte à tous pour gérer le réseau au quotidien;

- d’une rencontre mensuelle (de 30 à 50 personnes)où chacun exprime ses offres et demandes de savoirs et fait part du déroulement de ses échanges;

- de fêtes deux fois par an, où peut se trouver associé le quartier;

- d’un journal mensuel.

Il regroupait une vingtaine de membres à sa création en novembre 1986, 250 en décembre 1989, dont 70 % de femmes, une majorité de moins de 40 ans (y compris des enfants). Toutes les catégories socio-professionnelles y sont représentées, les demandeurs d’emploi et femmes au foyer y étant les plus nombreux. Offres et demandes oscillent autour de 600, de l’anglais à la taille des arbres fruitiers, de la cuisine à l’entraide scolaire...

Evaluation :

Elle a été menée par les travailleurs sociaux épaulés par un chercheur, à l’aide d’entretiens auprès d’un échantillonnage de membres du réseau (30).

- Motivations de l’entrée au réseau : principalement le manque de relations, le désir d’oublier ses soucis, celui d’être utile; pour les travailleurs sociaux, la volonté de travailler différemment.

- Avantages du réseau : modification du comportement, du regard porté sur soi-même et les autres.

La demande implique qu’on s’estime apte à apprendre; l’offre permet la réappropriation et/ou l’approfondissement de ses connaissances et la prise de conscience de ses propres potentialités. Etre perçu autrement permet aussi d’avoir un autre regard sur les autres. Des rapports d’égalité et de partenariat se sont créés entre travailleurs sociaux et usagers, entre enfants et adultes. Les assistés sont devenus des acteurs.

Le réseau est considéré avant tout comme un lieu de rencontre, où il est possible de parler et d’être écouté. Pour quelques-uns, il a été un tremplin vers l’emploi ou la formation.

Limites du réseau :

- ajustement entre offre et demande parfois difficile;

- la souplesse de fonctionnement (pas d’adhésion...)peut entraîner démotivation et abandon;

- existence de conflits (rares).

Devenir :

Des questions se posent : places respectives des bénévoles et des professionnels; la nécessité d’un permanent; la liaison avec la CAF ou la constitution en association autonome; le besoin de subventions et l’indépendance à préserver vis-à-vis des financeurs; l’extension nécessaire, à la fois garantie contre la sclérose et risque d’institutionnalisation; l’ouverture à l’insertion des RMistes (bénéficiaires de l’allocation du minimum vital)et le désir de maintenir le mélange des populations, garant de l’équilibre.

Le réseau est-il la solution unique partout ou la philosophie" réseau peut-elle se transférer dans d’autres contextes (écoles, organismes de formation...)?

Enfin, le réseau est-il une forme alternative de travail social ?

Mots-clés

culture populaire, aliénation culturelle, population urbaine, pouvoir, travail, valorisation des savoirs traditionnels, réseau d’échange de savoirs, échange de savoirs, changement social


, France, Lisieux

Notes

MRERS=Mouvement des réseaux d’échanges réciproques de savoirs

Source

Articles et dossiers

EQUIPE DU CENTRE SOCIO CULTUREL DE LISIEUX-HAUTEVILLE, Des savoirs qui circulent : une éducation qui se repense in. COMUNICANDO, 1994/05/00 (France), N°25

CEDAL FRANCE (Centre d’Etude du Développement en Amérique Latine) - France - cedal (@) globenet.org

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