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Réseau d’échanges réciproques de savoirs, insertion sociale, formation

Jean Jacques PIARD

12 / 1996

J’ai rencontré les Réseaux d’Echanges Réciproques de Savoirs (RERS)en septembre 1992, lors d’un processus de recherche d’emploi à l’Agence Nationale Pour l’Emploi (ANPE, structure gérée par l’Etat, chargée de recueillir les offres d’emploi des entreprises pour les mettre à disposition des demandeurs d’emploi). Mon cheminement dans les RERS depuis cette date m’a ouvert l’esprit sur les représentations parfois négatives de l’apprentissage et des difficultés, voire des blocages à entrer de nouveau dans une démarche d’apprentissage. Depuis près de quinze ans, en raison de mes diverses activités, j’ai côtoyé des personnes en situation économique et sociale précaire. En 1990, je participais à la distribution alimentaire des "Restaurants du Coeur" (association qui organise tous les hivers, dans toute la France, une distribution alimentaire aux plus démunis). Là, je me suis rendu compte que le manque de nourriture n’était pas le plus important pour beaucoup, mais plutôt l’humiliation du Revenu Minimum d’Insertion (RMI, allocation de 2200 francs versée aux personnes de plus de 25 ans, sans ressources économiques). Celui-ci entraîne une impression d’inutilité sociale qui se traduit par l’isolement et le repli sur soi. De plus, le manque de perspective, même à court terme, démotive et bloque toute démarche d’apprentissage. Plus tard, au sein de l’entreprise "La Rue", entreprise de presse et d’insertion, qui emploie des personnes en difficultés économiques pour vendre un magazine dans la rue et les lieux publics (modèle de "The Big issue" en Grande Bretagne), j’ai mis en place et géré le service de la distribution du magazine où passent près de 400 vendeurs par mois. J’ai réalisé qu’une vraie stabilité économique était un préalable indispensable au retour dans la vie sociale. Les Réseaux d’Echanges Réciproques de Savoirs, par leurs techniques de repérage de savoirs et leur méthodologie d’apprentissage, fondées sur la (re)valorisation de l’homme par la reconnaissance de ses savoirs et de l’apprentissage à partir de ses acquis, apportent un environnement favorable et stimulateur du désir d’apprendre. C’est pourquoi je cherche actuellement à inclure cette méthode de formation dans un projet d’insertion par l’économique. Il s’agit, d’une part, de donner une assise économique stable, nécessaire avant de se projeter dans l’avenir, par des emplois, tels que : préparateurs, serveurs, plongeurs dans une boutique de petite restauration, et, d’autre part, d’un pôle de formation utilisant la pédagogie active des Réseaux d’Echanges Réciproques de Savoirs en accompagnement à l’élaboration d’un projet personnel dans une dynamique de création collective.

Mots-clés

rapport au savoir, échange de savoirs, réseau d’échange de savoirs, réseau de citoyens, réseau d’échange d’expériences, lutte contre l’exclusion, insertion sociale


, France

Notes

Le MRERS est une association créée par Claire et Marc HEBER SUFFRIN en 1985 et qui fonctionne sur un mode de réciprocité ouverte, chaque participant étant à la fois offreur et demandeur de savoirs. Les fiches ont été produites dans les ateliers d’écriture de ce réseau.

Source

Récit d’expérience ; Texte original

(France)

MRERS (Mouvement des Réseaux d’Echanges Réciproques de Savoirs) - B.P. 56. 91002 Evry Cedex, FRANCE - Tel 01 60 79 10 11 - France - www.mirers.org - mrers (@) wanadoo.fr

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