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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Une expérience dans le réseau d’échanges de savoirs de Chelles

Aline LIHOREAU

12 / 1996

Depuis 1988, j’habite à Chelles, ville située au Nord-Est de la Seine-et-Marne et jouxtant la Seine-Saint-Denis. Libérée de mes obligations professionnelles, je cherchais à me rendre utile dans une activité sociale. Connaissant, ailleurs qu’à Chelles, l’origine et le fonctionnement des associations "Troc Temps", j’ai découvert, par une affiche, qu’à Chelles existait l’association RECIPRO SERVICES, fondée sur le même principe d’échanges de services et de savoirs en valeur temps. J’ai participé aussitôt à l’action de cette association en donnant des cours de français à une algérienne, une turque et une cambodgienne, individuellement et à leur domicile. Cette association a pris une autre orientation en ne prenant pas en compte la valeur temps, mais uniquement l’échange de savoirs. Elle s’est dénommée "RECIPRO SAVOIRS". C’est alors que fin septembre 1995, à l’occasion d’une Foire aux Vêtements, organisée par une association, dans le cadre d’une vie culturelle municipale, Eugénie Thierry, responsable, m’a mise en contact avec le réseau.

Elle m’a invitée à participer aux ateliers d’écriture qui ont lieu deux fois par mois, chez elle ou chez un autre participant. Regrettant toutefois de n’avoir plus l’occasion de continuer mes actions de communication avec des personnes ne maîtrisant pas encore très bien le français, je prends une part active à ces ateliers. Ces contacts me permettent de réfléchir, de penser et surtout de réaliser des écrits, autres que professionnels ou utilitaires. A cet aspect, s’ajoute le bénéfice d’échanges avec des participants à ces ateliers. En effet, la lecture de ce que nous produisons permet une meilleure compréhension et une analyse qui favorise l’expression de nos idées propres. Pour nous aider dans cette démarche, de nombreux exercices nous sont proposés par Eugénie : les exercices du début, de la séance de quatre heures environ, permettent de s’échauffer. L’un d’eux consiste à compléter des phrases ou des expressions. Ensuite, il est demandé de rédiger un texte à partir d’une situation, d’un portrait ou d’un thème choisi individuellement ou collectivement. Ce que je trouve stimulant c’est le "logo-rallye", jeu qui consiste à écrire un texte le plus cohérent en introduisant des mots qui sont annoncés à quelques minutes d’intervalle. L’aspect de ces ateliers qui m’intéresse est qu’il s’agit d’un travail individuel, sans exclure l’esprit collectif, puisque après chaque production, il y a le "retour" qui consiste, pour chacun, à lire à haute voix sa propre production, pour recevoir les réactions constructives du groupe, toutefois sans porter de jugement de valeur.

Tous ces exercices nous amènent à communiquer entre nous, à échanger des idées, à faire comprendre et à écouter l’autre, à donner chacun son avis sans entraver la pensée de l’autre. Ils nous permettent également d’explorer quelques documents littéraires, de faire des recherches dans des dictionnaires, en fait d’apprendre à exprimer correctement sa pensée en la faisant évoluer du fait de l’écoute et de l’appréciation des uns et des autres. En échange, mon souhait serait de pouvoir aider de façon régulière une personne motivée, soit pour lui permettre de perfectionner son français afin de faciliter sa recherche d’emploi soit pour lui apprendre la dactylo ou la sténo.

Il semble que cette matière est à nouveau demandée dans les entreprises utilisant des services de secrétariat. Ce serait pour moi qui suis à la retraite, une occasion supplémentaire de prolonger le travail social pratiqué bénévolement depuis ma jeunesse et qui est le fil conducteur de ma vie.

Venir se former lorsque l’on veut offrir un savoir, c’est reconnaître les limites de son savoir, donc l’enrichir. Il s’agit d’apprendre à utiliser un outils, mais cela peut être aussi approfondir un savoir.

Mots-clés

rapport au savoir, échange de savoirs, réseau d’échange de savoirs, réseau de citoyens, réseau d’échange d’expériences


, France, Chelles

Notes

Le MRERS est une association créée par Claire et Marc HEBER SUFFRIN en 1985 et qui fonctionne sur un mode de réciprocité ouverte, chaque participant étant à la fois offreur et demandeur de savoirs. Les fiches ont été produites dans les ateliers d’écriture de ce réseau.

Source

Récit d’expérience ; Texte original

(France)

MRERS (Mouvement des Réseaux d’Echanges Réciproques de Savoirs) - B.P. 56. 91002 Evry Cedex, FRANCE - Tel 01 60 79 10 11 - France - www.mirers.org - mrers (@) wanadoo.fr

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