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Le rôle de l’éducation et de la formation dans le monde économique asiatique -1- : le cas de la Corée

Sans espace ni ressources naturelles, la Corée a misé dans tous les domaines sur la mise en oeuvre de ses ressources humaines

Pierre JUDET

09 / 1996

1 - La Corée, comme le Japon et Taïwan sont des pays asiatiques qui, selon des critères d’espace disponible et de ressources naturelles (Cf. Rosenstein-Rodan, 1961)n’avaient guère d’atouts pour fonder un développement rapide. Or, paradoxalement, la Corée, comme le Japon et Taïwan, dépourvus de réserves notables de charbon et de minerai de fer ont aujourd’hui des industries sidérurgiques parmi les plus dynamiques du monde ainsi que des agricultures intensives qui ont réussi à atteindre l’autosuffisance en riz alors que le Brésil importe une part de la nourriture nécessaire à sa population avec 370 millions d’hectares cultivables, au lieu de 5 millions d’hectares au Japon (pour 125 millions d’habitants), de 2 200 000 hectares en Corée (pour 43 millions d’habitants)et de 1 000 000 d’hectares à Taïwan (pour 20 millions d’habitants). Sans espace ni ressources naturelles, la Corée a misé dans tous les domaines sur la mise en oeuvre de ses ressources humaines.

2 - Avant d’être un pays largement ouvert sur l’extérieur, la Corée fut pendant plusieurs siècles un royaume replié sur lui-même, au point qu’il fut qualifié, de "royaume ermite". Il s’agissait d’un royaume où le Confucianisme fut imposé par la dynastie Lee au détriment du Bouddhisme chassé dans les montagnes. Dans ce contexte où fut créé il y a cinq siècles un alphabet coréen (Hanghul)les lettrés avaient un statut social de premier ordre ; ils étaient recrutés à travers un système d’examen très sélectif. Cela donnait à la connaissance et à l’éducation une place de premier rang dans la société coréenne. C’est donc selon une très ancienne tradition que les familles coréennes consacrent ou bien sont prêtes à consacrer une large part de leur épargne au financement de l’éducation de leurs enfants.

3 - Après la deuxième guerre mondiale, et la fin de la guerre de Corée (1953), les gouvernements coréens ont toujours accordé une haute priorité à l’éducation et à la formation.

Dès la fin de la guerre de Corée, l’enseignement primaire a été généralisé : en 1960, à 100% pour les garçons et à 90% pour les filles. Le pourcentage de jeunes scolarisés dans l’enseignement secondaire est passé de 27 en 1961 à près de 90 à la fin des années 1980, tandis que le pourcentage de jeunes intégrés dans l’enseignement supérieur passait de 5 en 1961 à 41 en 1990. Actuellement, la plupart des jeunes filles travaillant dans l’industrie sont du niveau baccalauréat tandis que le nombre des étudiants du supérieur est plus élevé en Corée qu’en France. Ce progrès rapide a été facilité par le mode de financement des différents ordres d’enseignement. L’Etat a pris en charge la totalité des coûts de l’enseignement de base (primaire)tandis que les coûts de fonctionnement du secondaire et, plus encore du supérieur, ont été couverts par les cotisations des familles. C’est donc un schéma tout à fait différent du schéma africain, les 7% du budget de l’éducation consacrés à l’enseignement supérieur coréen étant à rapprocher des 30% égyptien ou du 23% sénégalais.

4 - Pendant une période allant de la fin de la guerre de Corée au début des années 1970, l’effort du gouvernement a porté sur les formations de base et générales. C’est au moment où des industries à plus haute intensité technique (sidérurgie, chantiers navals, chimie)ont été installées, qu’une haute priorité a été accordée aux formations techniques et professionnelles.

En conséquence, en 1974, une loi spéciale a été promulguée sur l’Enseignement Professionnel, obligeant les entreprises employant plus de 500 personnes à former en permanence dans l’entreprise 15% de leur main d’oeuvre dès 1975. En 1977, cette obligation a été étendue aux entreprises de plus de 300 personnes au profit de 10% de leur main d’oeuvre.

(suite fiche suivante)

Mots-clés

mondialisation, financement de l’éducation, formation professionnelle, riz, révolution verte, industrialisation, développement économique, diffusion des techniques, réseau d’échange de savoirs, autosuffisance alimentaire


, Asie, Corée du Sud, Japon, Taiwan

Notes

Proposition de communication à un colloque prévu pour l’automne 95 à Genève et qui ne s’est finalement pas tenu.

Source

Texte original

JUDET, Pierre

IREPD (Institut de Recherche Economique Production Développement) - UPMF BP 47, 39040 Grenoble Cedex. Tel 04 76 82 56 92. Fax 04 76 82 59 89 - France - web.upmf-grenoble.fr/lepii - lepii (@) upmf-grenoble.fr

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