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Des tigres de papier

L’encombrement du marché des composants électroniques, la hausse très rapide des salaires et les réalignements monétaires contribuent à expliquer le ralentissement économique des dragons asiatiques

Pierre JUDET

09 / 1996

Les "dragons" et les "tigres" connaissent en 1996 un ralentissement de la croissance. Pas plus de 4,1 % à Hongkong ; de 5,5 % à Singapour ; de 6,7 % en Corée du Sud.

Ces taux de croissance seraient les bienvenus en Europe ; ce n’est pas le cas en Asie de l’Est et du Sud-Est habituée au cours de ces dernières années à des taux frôlant ou dépassant les 10 %. L’encombrement du marché des composants électroniques ; la hausse très rapide des salaires ; les réalignements monétaires... contribuent à expliquer ce ralentissement.

Les risques encourus par l’Asie disparaissent clairement en Corée où l’on a commencé par miser, il y a plus de 30 ans, sur les productions intensives en travail : perruques, chaussures, textiles, avant de se lancer dans les industries lourdes telles que la sidérurgie, la pétrochimie, les constructions navales, avec le soutien du gouvernement. Mais la "facilité salariale" a disparu ; les salaires ont doublé au cours des trois dernières années : chez Samsung à Suwon, les salaires se sont élevés à 12,70 US $ l’heure au lieu de 2 US $ en Malaisie et de 0,96 $ en Chine. D’où l’évolution accélérée vers des activités à haute valeur ajoutée et la délocalisation, en Asie, aux Etats-Unis et en Europe (Grande Bretagne, France, Allemagne)pour y profiter de coûts salariaux moins élevés.

Cela déclenche des commentaires très contrastés en Asie et ailleurs. Des commentaires pessimistes : ce déclin serait structurel et non simplement cyclique ; alors que pour d’autres "il y a d’énormes réserves de croissance en Asie".

Cela provoque en tout cas chez les grandes sociétés asiatiques un intérêt renouvelé pour des questions qui avaient été un peu délaissées, telles que l’éducation, la formation, la recherche-développement. Pour certains, l’actuel ralentissement est un choc salutaire dont avaient besoin de nombreuses sociétés pour entrer dans une période de modernisation où le succès appartiendra aux plus agiles.

Les Asiatiques sont inquiets ; en Corée par exemple, où lorsque la croissance annuelle tombe à 5 ou 6 %... c’est la crise . Ou bien en Thaïlande où, selon certains experts, une croissance de 5 % se traduirait par une création d’emplois égale à zéro.

Mots-clés

croissance économique, crise économique, intervention de l’Etat, politique industrielle, coût de production, délocalisation, modernisation des techniques


, Hong Kong, Singapour, Corée du Sud

Commentaire

Il est paradoxal de constater que ce temps de moindre croissance asiatique est la période où Taïwan et la Corée du sud deviennent des investisseurs importants en Europe (Thomson multimédia). C’est en décembre 1996 que la Corée du Sud a été accueillie à l’OCDE comme son 29ième membre.

Source

Articles et dossiers

Far Eastern Economic Review in. Far Eastern Economic Review, 1996/10 (HONG KONG), Divers numéros

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