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La biodiversité face au développement des industries pharmaceutiques africaines

Georges THILL, Jean-Paul LEONIS

1995

Dans le cadre du symposium PRELUDE de Ouidah, Bénin, en mars 1995, le Prof. Edouard Adjanohoun, qui fut le premier Recteur de l’Université Nationale du Bénin, spécialiste en botanique, biologie et écologie végétales, environnement tropical, médecines et pharmacopées africaines, a résumé une analyse sur les plans d’action élaborés par la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED 1992).

Selon lui, les directives peuvent devenir positives, exploitables à court, moyen et long termes, si on induit sur le développement durable et écologiquement rationnel l’accroissement des activités économiques, la biodiversité, l’environnement, la conservation et la protection des ressources de la biosphère, l’amélioration de la qualité de la vie et de la santé humaine. Selon lui, il faut retirer l’aspect statique de stricte protection en contrepartie d’un aspect dynamique de mise en valeur rationnelle qui doit permettre de tirer un meilleur parti des ressources naturelles.

L’industrie pharmaceutique est basée sur la recherche, l’expérimentation, la standardisation et la commercialisation des médicaments nécessaires à la santé des hommes et des animaux d’élevage. Sa matière est fournie par les plantes auxquelles s’ajoutent animaux et minéraux. Le règne végétal compte près de 350000 espèces identifiées dans le monde; parmi elles se trouvent les Phanérogames ou plantes à fleur (250000 espèces); les Conifères (700 espèces); les Ptéridophytes ou fougères (12000 espèces); les Bryophytes ou mousses (25000 espèces); les Thallophytes subdivisés en Algues (30000 espèces)et en Champignons (31000 espèces). Ce matériel pharmaceutique connu des botanistes ne prend pas en compte les microflores, les microfaunes et les planctons dont nous sommes loin d’évaluer les disponibilités réelles; nous pensons que leur nombre est de plusieurs millions de taxons.

Il faut savoir que 80%, au moins, de cette diversité biologique est réunie dans les régions tropicales d’Afrique, d’Asie, de Madagascar, d’Océanie et d’Amérique, dans des écosystèmes multiples, terrestres ou aquatiques, d’eau douce et marins.

Un bref historique montre que les pharmacopées les plus anciennes dénommées "Pent Sao" (Chine, 3000 av JC), "Vedas" (Inde, 2000 av JC), "Papyrus" (Egypte, 1500 av JC), n’ont pas généré de véritable industrie. Les pharmacopées nationales modernes promotrices des industries pharmaceutiques actuelles et futures ont pris essor et importance au 20e siècle et n’en sont qu’à leurs débuts.

La mise en place de recherches pharmacognosiques, phytochimiques, pharmacologiques, pharmacotechniques et cliniques a du affronter différents instruments. En 1977 l’Agence de Coopération Culturelle et Technique a financé des enquêtes ethnobotaniques pour 6 pays d’Afrique noire, 1 du Maghreb, 1 des Caraïbes, 5 de l’Océan Indien, le Vietnam et Madagascar. La première pharmacopée africaine sensu stricto a vu le jour en 1985, éditée par l’organisation de l’Unité Africaine, qui avait publié une liste d’environ 100 espèces et a entamé la rédaction d’ethnopharmacopée pour les pays d’Afrique anglophone.

Mots-clés

biodiversité, développement durable, industrie pharmaceutique, médicament


, Afrique

dossier

Biodiversité : le vivant en mouvement

Commentaire

Les analyses des plantes sont réalisées dans les Universités, les Instituts technologiques du tiers monde et des pays industrialisés. L’idéal serait de doter les laboratoires africains de recherches, de créer des centres régionaux d’excellence, pour générer des brevets d’invention ou d’exploitation pour leur développement industriel.

Des chercheurs tiers mondistes s’investissent dans les recherches des plantes des ethnopharmacopées. Ainsi, les enquêtes ethnobotaniques dont la méthodologie a été mise au point par des tropicalistes, sous l’égide de l’Agence de Coopération Culturelle et Technique, ont déjà été réalisées dans 12 pays francophones membres de cette agence. Elles s’étendent actuellement aux pays anglophones de l’Organisation de l’Unité Africaine. La dispersion des unités de recherche, le manque de volonté politique, le saupoudrage des moyens financiers, la balkanisation des Etats et la mauvaise gestion ont beaucoup nui au continent africain.

Notes

Conférence présentée au symposium de Ouidah, Bénin. Prof. Edouard J. Adjanohoun, 38 rue du Bois Gramond, 33320 Eysines, France.

Source

Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…

ADJANOHOUN, Edouard J., PRELUDE

Prélude International (Programme de Recherche et de Liaison Universitaires pour le Développement) - Facultés universitaires, 61 rue de Bruxelles, 5000 Namur, BELGIQUE - Tél. 32 81 72 41 13 - Fax 32 81 72 41 18 - Belgique

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