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Ecologie quantitative de la reconstitution forestière en région équatoriale, île Kongolo, Masako, Zaïre

Georges THILL, Jean-Paul LEONIS

1995

En décembre 1993 à l’Université Libre de Bruxelles, au Laboratoire de Botanique systématique et de Phytosociologie du Prof. Jean Lejoly, Behwa Baguma a rédigé une étude sur l’occupation humaine dans la sous-région de Kisangani et de la Tshapo. La répartition de cette population se fait en général le long des cours d’eau, des axes routiers et autour des centres urbains.

La population des sous-régions de Kisangani et de la Tshapo comptait 365547 habitants et était composée de nombreuses ethnies, dont les plus importantes sont Lokele, Wagenia, Walengola, Kumu, Turumbu, Topoke, Bamanga, Bambole. L’ensemble de ces ethnies exploite les forêts de diverses manières pour assurer leur survie.

Les Lokele et les Wagenia sont des riverains et s’occupent essentiellement de la pêche. Pour pêcher, les Lokele utilisent des pirogues, des nasses, des pagaies provenant de l’exploitation de la forêt environnante. Actuellement, la vente des filets de pêche a sensiblement amélioré leur mode de capture de poissons. L’absence de moyens de conservation de ces poissons oblige ces peuples à se déplacer constamment pour vendre ou échanger leur marchandise. Les Wagenia pratiquent la pêche au moyen de nasses coniques fixées sur des échafaudages en bois solidement ancrés dans les rapides du fleuve à Kisangani. C’est une pratique originale traditionnelle qui permet d’ailleurs d’attirer le tourisme dans cette région.

L’agriculture est l’activité des ethnies non riveraines (Turumbu, Bamanga, Tokope). Les méthodes sont partout les mêmes: abattage de la forêt, brûlis, semis, récolte et abandon à la jachère. L’exploitation agricole est surtout marquée par les cultures vivrières (banane, riz, maïs, manioc)et industrielles (caféiers, hévéas, palmier à huile).

Par ailleurs, il faut ajouter à tout cela l’exploitation du charbon de bois (makola). Ce charbon constitue la source d’énergie la plus accessible à la quasi totalité de la population. Cette activité destructrice des forêts est pratiquée à la fois par des ethnies non riveraines (Kumu, Bambole, Babali)et par de nombreux citadins.

Les essences les plus exploitées sont surtout choisies parmi les constituants des forêts primaires et rarement parmi ceux des forêts secondaires.

L’ensemble de ces activités est à la base de transformations profondes des forêts primitives dans les environs de Kisangani. Celles-ci se traduisent par une secondarisation généralisée de la végétation avec apparition sur les sols les plus pauvres de formations herbeuses et arbustives dégradées à faible potentialité évolutive.

Mots-clés

environnement, exploitation forestière, pêche, dégradation de l’environnement, déforestation


, Zaire, Île Kongolo, Mosako

Commentaire

Le Dr. Behwa Baguma a fait une étude à l’Ile Kongolo, où on a choisi pour la mise en place du dispositif expérimental, une forêt secondaire jeune. Ce type de forêt constitue dans la région le stade le plus souvent visé par les paysans pour l’agriculture sur brûlis, compte tenu de la densité du couvert de la végétation du sol régénéré par une litière abondante. En matière d’environnement et de développement et en particulier par rapport à l’écosanté, le rapport au systèmes forestiers demeure un enjeu crucial.

Notes

Behwa Baguma, Laboratoire de Botanique, Université Libre de Bruxelles, Avenue Paul Héger, 1050 Bruxelles, Belgique.

Source

Littérature grise

BAGUMA, Behwa, PRELUDE

Prélude International (Programme de Recherche et de Liaison Universitaires pour le Développement) - Facultés universitaires, 61 rue de Bruxelles, 5000 Namur, BELGIQUE - Tél. 32 81 72 41 13 - Fax 32 81 72 41 18 - Belgique

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