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La situation des campagnes russes dans la période de transformations économiques

Oxana DUVALOVA

10 / 1996

Comme le remarquait en 1898 le comte de Witte, la question de la terre est un problème fondamental pour la Russie et la société russe : elle n’a pas cessé de l’être depuis. Les difficiles débats actuels sur la propriété de la terre et la situation des campagnes russes montrent bien que le problème de la répartition de la terre est loin d’être réglé en Russie. Nous tenterons ici de décrire le contexte socio-économique dans lequel évoluent les campagnes russes actuelles pour tenter de comprendre les enjeux des débats actuels.

La période de la Péréstroika a été riche en réformes agraires, pas moins de 150 lois ont été adoptées dans ce domaine : la plupart d’entre elles se contredisent mutuellement. C’est pourquoi, il est urgent d’adopter un code de la terre cohérent et actuel.Par ailleurs aucune des mesures introduites par ces lois n’a permis de résoudre le problème de l’alimentation des villes : le fermage, fondé sur la propriété ou/et l’exploitation individuelle de petits lopins de terre, a été introduit sous la Pérestroïka. Mais il n’a pas occasionné de redressement significatif de la production.

La période de transformations économiques radicales entamée depuis 1992 a vu un effondrement encore plus massif et catastrophique de la production agricole : selon les données fournies par le quotidien russe Rossijskaja Gazeta, la chute de la production des entreprises agricoles s’élevait en 1994 à 45-50% par rapport à la période 1985-1990. Toutes les productions sont touchées : les céréales, la betterave sucrière... Le nombre de têtes de bovins avait baissé de 23% par rapport à cette même période, celui des ovins-de 39%. La chute du nombre de têtes de bovins ramène la Russie 25 ans en arrière, le volume de production de viande de 1994 était égal à celui de 1987, celui de lait et d’oeufs égalait le volume de production de 1980. Dans le secteur de la laine, on en était en 1994 à produire autant qu’en 1958.

Cette chute est catalysée, selon les experts, par une baisse également très importante de la production d’engrais. Elle nécessite d’importer des produits alimentaires en grande quantité : en 1994 on a importé 5,5 fois plus de viande congelée que l’année précédente, 6 fois plus de volailles et de pommes qu’en 1993.En 1994, les deux tiers du lait approvisionnant Moscou et Saint-Pétersbourg étaient fabriqués à partir de lait en poudre importé. Dans le même temps, les régions qui jusque là approvisonnaient ces villes, réduisaient leur production.

Le statut juridique de la propriété de la terre reste flou. L’incertitude ne favorise pas l’investissement matériel et financier. Toutefois, si le principe de restitution des terres à leurs anciens propriétaires a été accepté dans certains pays d’Europe Centrale,il semble avoir été écarté en Russie. En réalité, le débat porte davantage sur la possibilité de conserver la forme juridique du kolkhoze. Ses partisans démontrent chiffres à l’appui que seuls les grandes exploitations sont capables de nourrir les villes ; en 1994 les fermiers ont l’usufruit de 6% des terres, mais ne produisent que 2% du volume total de production. Selon la sociologue Galina Chirokalova, l’efficacité économique des exploitations collectives s’est avérée beaucoup plus élevée que prévu. Par ailleurs dans de nombreuses républiques de la Fédération, une grande partie des paysans est opposée à la propriété privé sur la terre. Aussi en au début 1994, plus d’un tiers des exploitations agricoles avait conservé son statut de kolkhoze.

Si des problèmes juridiques et financiers sont à l’origine des difficultés actuelles de l’agriculture russe, le plus sérieux et le plus permanent est certainement écologique : selon le quotidien Rossijskaia Gazeta, 80% de la surface agricole russe se trouve dans un mauvais état du point de vue écologique, parmi lesquels 40% subissent une forte érosion,40% sont pollués, 17% correspondent à des zones écologiquement appauvries et 3%- à des zones de catastrophe écologique. Le problème est alors moins comment partager, mais qu’est ce qui reste à partager?

Mots-clés

coût écologique, réforme agraire, agriculture, agriculture et environnement, influence du marché sur l’agriculture


, Russie

Commentaire

Les campagnes russes souffrent en silence.L’offre de rpoduits allimentaire est en crise, la demande est en grande partie tournée vers les rpoduits importés. C’est pourquoi, le effets contrastés de la crise économique sur les différentes couches sociales imposent de rééxaminer la redistribution des richesses et l’aménagement du territoire en Russie.

Notes

Les titres des documents cités dans cette fiche ont été traduits du russe ou transcrits en caractères latins. Pour toute recherche, s’informer auprès de France-Oural.

Source

Articles et dossiers

Semer ou vendre? in. Rossijskaja Gazeta, 1996/12/07 (RUSSIE)

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