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La pollution de l’environnement dans la ville de Moscou : causes, conséquences et solutions

Oxana DUVALOVA

10 / 1996

On a depuis longtemps dénoncé la situation écologique catastrophique de certaines régions de la Russie : mer d’Aral, région de l’Oural. Cependant, on a jusqu’ici peu parlé de la pollution de Moscou. Contrairement aux catastrophes écologiques citées, ce phénomène est relativement nouveau dans la capitale de la Fédération de Russie. Jusqu’au début des années 1990, les pollutions étaient essentiellement d’ordre industriel, les voitures peu nombreuses par rapport au nombre d’habitants ne constituaient pas une source de pollution conséquente.

Aujourd’hui l’explosion du parc automobile moscovite a des conséquences multiples : la voirie est mal adaptée à une augmentation massive du nombre d’automobiles, il s’ensuit d’importants embouteillages qui accroissent le volume de rejets toxiques dans l’atmosphère. Aujourd’hui la circulation automobile est à l’origine de 83% des rejets de gaz et de substances toxiques dans l’atmosphère. Par ailleurs, la mauvaise qualité des combustibles utilisés et l’utilisation trop peu répandue de dispositifs permettant de "rouler propre" (pots catalytiques, essence sans plomb...)aggravent encore les conséquences de la circulation automobile.

La brusque augmentation du nombre d’automobiles dans la capitale a par ailleurs des conséquences néfastes sur le paysage et l’allure des rues et banlieues moscovites.En effet,la multiplication du nombre de véhicules ne s’est pas accompagné de la construction de places de parking ou de garages supplémentaires. Par conséquent, les petits garages métalliques et individuels, les "rakouchki", ont profiféré comme des champignons et de façon relativement désordonnée, occupant les cours d’immeubles et nécessitant la coupe des arbres au voisinage des habitations.

Le problème des déchets domestiques n’est pas moindre. La ville manque cruellement de bennes à ordure. Cela rend le ramassage des ordures très coûteux : certains chefs d’entreprises préférant alors jeter les déchets industriels sur la voie publique, quitte à payer des amendes, plutôt que de les inclure officiellement dans leur volume de déchets à collecter par les services de la municipalité.

Cette hausse importante et rapide de la pollution de tous ordres à des conséquences néfastes en termes de santé publique. Sur le plan épidémiologique à Moscou, la situation est préoccupante : aux traditionnels vecteurs des maladies transmissibles se sont rajoutés les chiens et chats abandonnés par leurs maîtres. Les spécialistes imputent aujourd’hui 25% de la hausse des affections respiratoires, cardio-vasculaires et ORL à la pollution.

La mairie de Moscou a tenté de prendre ces problèmes à bras-le-corps. Une commision d’expertise sur les problèmes écologiques a été créée : elle est composée de plus de 80 membres (responsables d’associations écologistes, savants, chefs d’entreprises... A l’automne 1995 a été adopté un "Programme de mesures écologiques pour la ville de Moscou".

Cependant, si la prise de conscience du problème est réelle, il y a loin à la réalisation de cette politique : on continue à tenir peu compte des avis de la commission d’expertise dans la gestion des affaires courantes de la ville. Il y a encore dans la ville même de Moscou beaucoup d’entreprises dont les déchets présentent un danger pour la population environnante. Les mécanismes juridiques et économiques manquent pour fermer l’usine ou la déplacer. Il faut toutefois remarquer qu’une disposition dissuasive à été introduite pour les entreprises polluantes : le prix de la location des terrains est plus élevé pour ces dernières que pour les entreprises non polluantes. C’est pourquoi, on peut penser que le problème ne sera pas résolu à court terme et de façon autoritaire, mais la prise de conscience permet d’espérer que la pollution soit combattue et diminuée à moyen ou long terme.

Mots-clés

pollution atmosphérique, pollution, dégradation de l’environnement


, Russie, Moscou

Commentaire

Le problème de la pollution est récent du moins dans cette ampleur à Moscou. Il est important d’en prendre conscience car à court terme en tous cas il ne peut s’aggraver. Il est le fruit d’un double phénomène qui permet de la rapprocher à la fois de la pollution existant dans les pasy riches et de celles des pays pauvres. L’accession de la population moscovite à la voiture individuelle accroit les rejets de gaz dans l’air. Par ailleurs, le faible développement des infrastructures de traitement et le peu d’attention accorodé aux problèmes d’hygiène publique et de propreté risquent d’avoir des conséquences très lourdes pour la population moscovite.

Notes

Les titres des documents cités dans cette fiche ont été traduits du russe ou transcrits en caractères latins. Pour toute recherche, s’informer auprès de France-Oural.

Source

Articles et dossiers

L'écologie de tous côtés in. Rossijskaja Gazeta, 1996/01/26 (RUSSIE)

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