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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Rencontres avec Julius K. Nyerere

Thierry PAQUOT

08 / 1995

Affectueusement, les Tanzaniens ont surnommé Julius Nyerere - longtemps premier responsable politique du pays - le mwalimu, c’est à dire le "maître d’école ", celui qui conseille, oriente et enseigne. Dans ses mémoires recueillies par deux journalistes africains qui l’ont questionné dans le petit village où il réside depuis sa retraite en 1985, le mwalimu raconte son enfance de fils de chef, ses premiers combats pour l’indépendance de son pays, son séjour comme étudiant en Grande Bretagne et sa découverte du "racisme ordinaire ", ses innombrables engagements pour consolider et populariser un parti à idéologie socialiste, etc. Il nous parle aussi de l’exercice du pouvoir, de la Déclaration d’Arusha en 1967 qui mise sur l’ujamaa (communauté rurale)pour permettre l’indépendance alimentaire de la Tanzanie nouvelle (réunion du Tanganyika et de Zanzibar).

Au fur et à mesure qu’il égrène ses souvenirs, Julius Nyerere confie un sentiment, évoque sa foi chrétienne, atténue un jugement, corrige une conception - celle du parti unique, par exemple - parle des autres chefs d’Etat africains. Il a volontairement quitté le pouvoir et apparaît ici comme un sage qui se borne à commenter les événements. Il s’inquiète - mais sans pessimisme outrancier - des difficultés en Afrique. Il dénonce les méfaits du communisme stalinien ou du maoïsme.

Sur certain points de son action de responsable politique, il effectue quelques retouches au portrait officiel sans aller pour autant jusqu’à une sévère autocritique. Assez honnêtement il nous rappelle qu’il fut un homme comme les autres, pris dans la tempête de la décolonisation et dans l’enthousiasme de l’indépendance. Le mwalimu croit aux Africains et ne désespère pas de l’avenir de ce continent, mais il sait que les années à venir seront rudes et qu’une fois encore il s’agit avant tout de compter sur ses propres forces... Encore faut-il le vouloir. Encore faut-il avoir le sens du collectif.

René Dumont dans sa préface s’inquiète de l’absence du sens de l’Etat chez les fonctionnaires corrompus, de la pénurie d’entrepreneurs et de la dévalorisation du travail des paysans. Est-ce pour pallier ces insuffisances que le mwalimu traduit Shakespeare en swahili, pour montrer le positif des passions et des conflits ? Qui sait ?

Mots-clés

histoire, socialisme, Etat et société civile, décolonisation, développement rural, politique


, Tanzanie

Source

Livre

GAKUNZI, David, OBE, Ad Obé, Rencontres avec Julius K. Nyerere, Descartes et Cie, 1995 (France)

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