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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

La crise de l’environnement à l’Est

Dialogue avec la France pour une recherche commune de solutions

Pierre Yves GUIHENEUF

06 / 1996

En tombant, le rideau de fer a soulevé d’immense espoirs, mais il a aussi révélé aux pays occidentaux la gravité des atteintes à l’environnement que connaissent les pays de l’Est.

C’est peu dire que l’écologie ait représenté le moindre des soucis des économies planifiées. En Hongrie, le camouflage des problèmes aux yeux de la population était systématique : il n’était pas question pour le pouvoir de voir se développer sous ce prétexte une opposition à sa politique économique. En Pologne, on estime que le tiers de la population voit sa santé affectée par des problèmes environnementaux, notamment provoqués par les émanations de gaz des industries lourdes. Dans l’ex-Tchécoslovaquie, la pollution de l’air et des cours d’eau constituent également des problèmes majeurs. Dans l’ex-Urss, la contamination radioactive, due en particulier à des décharges mal contrôlées, est particulièrement préoccupante, mais le pays doit également affronter les questions plus triviales, telles que l’assainissement des eaux usées.

Exposées lors d’un colloque tenu à Nantes en mai 1991, ces situations sont présentées en vis-à-vis d’analyses de l’expérience française. Le risque est grand de se poser en "donneur de leçons" : c’est ce qu’a voulu éviter Ignacy Sachs, l’un des organisateurs de ce colloque, en lançant un avertissement : "Nous n’avons pas de modèle à offrir (...). Je ne crois pas à la transposition des solutions institutionnelles d’un pays à l’autre, ni à l’implantation de modèles théoriques abstraits tirés de manuels. En revanche, je suis convaincu par les vertus d’une analyse comparative des expériences vécues (...)ne serait-ce que pour donner des béquilles à l’imagination sociale défaillante".

Plusieurs pistes de réflexion se dégagent de la mise en parallèle de ces situations contrastées. La première est la question de la crise de l’organisation publique. Ce qui frappe dans les pays de l’Est, c’est la perte de crédibilité que connaît le collectif, constamment bafoué. Cela entrave de façon importante la mise en place d’une politique environnementale. En Europe occidentale, on peut se demander si la perte de crédit moral des autorités publiques ne mettra pas en danger cette politique. Une autre question, qui lui est liée, est celle du statut politique du marché. Le libéralisme ambiant ne doit pas faire oublier que la vie en société suppose des règles à faire respecter et des choix à opérer. S’en remettre à l’arbitrage des consommateurs n’est pas toujours satisfaisant, car ceux-ci ne peuvent s’exprimer qu’en référence à des offres existantes sur le marché et non pas à ce que seraient leurs souhaits. Poser la question du développement durable revient en outre à poser celle des modes de consommation, car ceux de la société occidentale ne semblent guère généralisables. Qui va le faire ?

Mots-clés

environnement, dégradation de l’environnement, pollution, écologie


, France, Europe de l’Est

Source

Livre

VINAVER, Kristina (dir), La crise de l'environnement à l'Est, L'Harmattan, 1993 (France)

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