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Un programme d’action global au niveau du bassin versant pour restaurer la qualité des eaux de la Rade de Brest

Nathalie HOLEC

02 / 1998

Une démarche globale et multi-partenariale au service de la politique de l’eau

Préoccupée par la dégradation de l’eau potable et de l’eau de la Rade, petite mer fermée de 184 km2, la Communauté Urbaine de Brest (CUB), agglomération de 214 000 habitants, a décidé de mettre en place un programme d’action global à l’échelle de son bassin versant. Il s’agit du Contrat de Baie de la Rade de Brest dont la première phase a débuté en 1992 et pour lequel la CUB a été nommée maître d’ouvrage.

Il s’agit d’un plan d’action global et cohérent, prenant en compte les interrelations existant entre l’espace urbain, l’espace rural et l’espace naturel et mobilisant tous les acteurs du territoire, responsables, chacun à leur niveau, de la pollution progressive des eaux de la Rade.

La restauration de la Rade de Brest présente plusieurs enjeux . Il s’agit :

- d’inciter les agriculteurs et les responsables d’activités agro-alimentaires (15 pour cent des emplois de la région)à produire autrement ;

- compte tenu du contexte économique, de trouver de nouveaux axes de développement économique et d’encourager la diversification de toutes les activités liées à la Rade mais en minimisant leur impact sur l’environnement marin. La qualité des eaux de la Rade est indispensable au développement touristique ;

- de restaurer la qualité du cadre de vie et des paysages car la Rade a une valeur symbolique et emblématique pour les Brestois et l’ensemble des habitants du bassin versant.

Des structures nouvelles aptes à piloter le programme

Dans la première phase du programme (1992-1997), la CUB a créé, pour gérer le Contrat, le Service Rade rattaché à sa Direction Environnement et composé de 4 ingénieurs chargés de coordonner l’ensemble des opérations. Un Comité d’une trentaine d’experts internationaux est, d’autre part, réuni chaque année pour se prononcer sur les programmes en cours. Des travaux de recherche universitaires sont entrepris sur le sujet.

Du côté politique, le Comité de Baie, réunissant les élus, les institutions et les associations, pilote le programme. Les Services Techniques et administratifs de l’ensemble de ces partenaires sont représentés au sein du Groupe Technique, "cheville ouvrière" de l’ensemble du programme.

1992-1997 : La définition d’un programme d’action et de travaux actuellement en cours

Après avoir dressé l’état des lieux et des milieux de l’ensemble de la zone et conduit 6 expériences pilotes de dépollution, la CUB s’est attachée à bâtir, en collaboration avec l’ensemble des partenaires concernés, un programme d’actions préventives et curatives permettant d’obtenir une restauration de la qualité des eaux et des milieux, et ce, dans un souci de développement économique durable, objet même du Contrat de Baie.

Cette phase s’est achevée en février 1997 par la signature du contrat par l’ensemble des partenaires et dès lors par la mise en oeuvre du programme d’actions et de travaux prioritaires qui devrait être achevé fin 2002.

Ce programme comporte 4 grands volets d’action.

- Volet "Restauration"

L’objectif est de réaliser les travaux lourds d’assainissement domestique, industriel et agricole. Ce volet comprend 11 grands programmes d’action:

-traitement des matières de vidange provenant des fosses sceptiques et des boues des stations d’épuration ;

- limitation des pollutions domestiques et issues du ruissellement par temps de pluie ;

- programme "peintures antisalissures marines" ;

- programme "piscicultures industrielles" ;

- programme "limitation des utilisations de pesticides agricoles et non agricoles"

- modification des pratiques agricoles ;

- équipements des serres en système de recyclage des solutions nutritives ;

- programme de reconversion à l’agriculture biologique ;

- programme d’aménagement de l’espace rural ;

Le coût estimé est de 739 millions de francs sur 5 ans, soit environ 88 pour cent du montant global.

- Volet "Protection- Préservation"

L’objectif est de protéger, entretenir et gérer le patrimoine naturel. Ce volet comprend 7 grands programmes d’action :

- entretien et restauration des cours d’eau et des fonds de vallée ;

- suivi et entretien de la rade de Brest (ouvriers-côtiers);

- inventaire du patrimoine naturel (en rade et sur le bassin versant);

- protection des milieux aquatiques sensibles (tourbières);

- protection des espèces rares et menacées ;

- gestion des stocks de poissons migrateurs ;

- pêche maritime et stocks marins.

Le coût de ce programme est estimé à 60,6 millions de francs sur 5 ans, soit 72 pour cent du montant global.

- Volet "Gestion intégrée"

Il s’agit de coordonner l’ensemble des actions et travaux en cours. C’est le rôle du Comité de Baie, des comités de suivi et du groupe technique. Est également prévue, la mise en place d’un observatoire de l’environnement sur la zone, géré par l’ensemble des partenaires et ayant pour vocation de fournir des supports d’aide à la décision ainsi que des supports de communication au Comité de Baie. La mise en oeuvre de ce programme a été présentée à l’Union européenne dans le cadre de 2 programmes : pour le premier (ADAGE), le label EUR"KA a été décerné en juin 1996. Pour le second (LIFE), le Contrat de Baie vient d’être désigné comme zone pilote européenne en matière de gestion intégrée des espaces littoraux (décembre 1996). Le coût de ce programme est estimé à 30,3 millions de francs sur 5 ans, soit 3,6 pour cent du montant global.

- Volet "Communication"

Il s’agit, en sensibilisant, en conseillant et en participant à des opérations de formation et d’éducation, d’obtenir l’adhésion du plus grand nombre de concitoyens à la démarche commune : l’ensemble des habitants du bassin versant est responsable de la qualité de son propre cadre de vie et de son développement économique durable. Des opérations de communication sont donc prévues, s’adressant au grand public, aux professionnels, aux élus et aux scolaires. Ce programme devrait coûter 9,4 millions de francs sur 5 ans, soit 1,1 pour cent du montant global.

Un tel programme doit cependant venir à bout d’un grand nombre de réticences. Par exemple, les politiques de reconquête municipale de certains milieux n’emportent pas l’adhésion des Brestois. De même, l’acceptation de partenariats nouveaux et inhabituels (ville-agriculteurs)est lente, tout comme les négociations.

Mots-clés

politique de l’environnement, pollution de l’eau, qualité de l’eau, recherche, partenariat


, France, Brest

dossier

Villes et développement durable : des expériences à échanger

Villes et environnement

Notes

Contact : AGENCE D’URBANISME DE LA COMMUNAUTÉ URBAINE DE BREST ET DE SON ENVIRONNEMENT, 16, rue Coat-ar-Guéven. 29200 BREST. Monsieur Peretjatko, chargé de mission. TEL : 02-98-33-51-71. FAX : 02-98-33-51-69.

COMMUNAUTÉ URBAINE DE BREST. 24, rue Coat-ar-Guéven. B.P. 883. 29279 BREST. Mr Ronan LE GOFF, Service rade de Brest. TEL : 02-98-80-52-63. FAX : 02-98-80-23-42.

Source

Rapport ; Récit d’expérience

FEDERATIONFRANCAISE DES AGENCES D'URBANISME, Planification urbaine et développement durable, 1996

4D (Dossiers et Débats pour le Développement Durable) - Cité européenne des Récollets, 150 – 154 rue du Faubourg St Martin, 75010 Paris, FRANCE - Tél. : 01 44 64 74 94 - Fax : 01 44 64 72 76 - France - www.association4d.org - contact (@) association4d.org

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