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Montreuil : retrouver le patrimoine et la solidarité écologique et sociale

Ina RANSON

12 / 1998

Montreuil, 3e ville de l’Ile de France (95 000 habitants) a une longue expérience d’intégrer des minorités ethniques, des Italiens, des Polonais, des Espagnols, des Maliens… 24 pour cent de la population actuelle sont des immigrés (chiffres de l’INSEE en 1990).

L’urbanisation de cet ancien village à la frontière de Paris est le fruit de la rencontre d’une population ouvrière et d’une tradition horticole très spécifique : la culture des pêches en espalier, le long de murs blanchis à la chaux pour absorber le rayonnement solaire. Il subsiste encore des vestiges de ce patrimoine original dont on redécouvre actuellement la valeur. L’habitat a été construit dans les parcelles rectangulaires bordées de ces murs, surtout dans le centre ville et le Haut Montreuil, ce qui a favorisé la mixité sociale. Elle s’accompagne, dans les quartiers du centre ville, d’une exceptionnelle mixité d’usages : activités/ habitat/ commerces. Dans un contexte de crise économique, cette mixité est un atout qu’il s’agit de préserver. La municipalité s’attache à réhabiliter le bâti, en gardant les témoignages de l’architecture industrielle et les vestiges de la tradition horticole. Elle s’efforce à reconvertir des vieilles industries notamment en attirant des activités de pointe dans les filières de l’image et de l’informatique. Mais elle s’est donné un objectif qui va bien plus loin : améliorer l’environnement urbain dans une gestion économe, écologique et solidaire du territoire.

Les outils : un contrat de ville et une charte de l’environnement

En 1994 a été élaborée la première charte de l’environnement, en cohérence avec un contrat de ville signé peu avant. Soulignant qu’il s’agit de trouver des voies de sortie d’une « triple crise des relations et de l’échange entre les sociétés, entre les hommes au sein de chaque société, et enfin entre les hommes et leur milieu de vie », la charte s’inscrit tout à fait dans la perspective du développement durable. La municipalité s’engage dans un projet pour la ville à la fois social et écologique et insiste sur la démarche participative qui associera tous les citoyens qui le désirent à l’aménagement de leur cadre de vie, à la lutte contre les gaspillages et les pollutions.

La préservation et l’amélioration du cadre de vie exige des mesures à appliquer sur le court, moyen, et long terme. Il importe d’orienter toutes les décisions en prenant en compte les projets futurs.

Réalisations concrètes et projets à plus long terme

Dans un premier temps, la municipalité s’est efforcée à aménager d’importants nouveaux espaces verts, à revaloriser des micro espaces et à requalifier des terrains en friche. Elle a créé des jardins familiaux dans une zone où subsistent encore de no mbreux murs de pêches ; des études pour une revalorisation plus importante sont en cours. A long terme, la ville prévoit de relier les espaces verts entre eux par des axes qui constitueront une « trame verte ». D’autres études ont été faites en vue d’une meilleure gestion des eaux pluviales.

L’amélioration du cadre de vie exige des mesures qui dissuadent de recourir à la voiture individuelle. La municipalité propose, ensemble avec les communes voisines, un schéma de transports publics cohérent : prolongement de deux lignes de métro parisiens ; détournement de la circulation de transit du centre ville par l’aménagement d’avenues paysagères de contournement ; multiplication de « zones trente » où les chaussées piétons et véhicules ne sont plus différenciés ; usage de la voiture électrique ; aménagement de pistes cyclables et de garages à vélos près des transports en commun ; transformation d’un ex-tronçon d’auto-route en avenue paysagère, accueillant le prolongement d’une liaison tramway avec les villes voisines.

Dans le domaine de la gestion des déchets, la municipalité a réalisé une déchetterie et introduit la collecte sélective sur la ville entière. A moyen terme elle envisage, en coopération avec les communes limitrophes, la valorisation des matières pu trescibles et également la valorisation des déchets toxiques et industriels (projet d’une « écopole » : d’un regroupement contrôlé d’entreprises classées).

Conformément à la charte qui souligne qu’« il faut développer le sens civique de chacun, ainsi que le sens de la solidarité » un très important effort est fait pour la communication en particulier en direction des jeunes et des enfants, dans les institutions scolaires. Est aussi prévue la mise en place d’une maison de l’environnement équipée d’une bibliothèque et d’ordinateurs et où seront réunis tous les services de l’environnement.

Les structures de « co-élaboration »

Dès 1992, la municipalité avait mis en place une direction de l’environnement et une mission d’environnement dont la fonction est de pre ndre en compte la préoccupation de l’environnement dans tous les projets municipaux, de développer la transversalité dans l’action locale et de conduire l’action de sensibilisation auprès de la population et du personnel communal.

Le comité de pilotage de la charte de l’environnement est présidé par le député-maire et composé de représentants du ministère de l’Environnement, de la DIREN, de la Préfecture, d’élus et de techniciens de la ville et de représentants d’associations montreuilloises. Les engagements pris sont le fruit de la réflexion du comité de pilotage. Les actions retenues sont subventionnées par l’Etat à 50 pour cent lorsqu’il s’agit d’études et à 30 pour cent lorsqu’il s’agit d’investissements.

Le Conseil local de l’environnement (CLE) a été créé pour pérenniser le travail du comité de pilotage. Il a permis de réunir un plus grand nombre d’associations et d’acteurs divers pour participer à la « co-élaboration » (selon une terminologie propre à la ville).

Des groupes de travail sur des sujets précis (par exemple déchets et tri sélectif, énergie et pollution, murs à pêches, transports) sont ouverts aux associations du CLE mais également aux associations de quartiers. Habitants, élus et techniciens concernés par le sujet y travaillent étroitement ensemble.

Priorités actuelles

L’évaluation en 1997 a permis de définir de nouvelles priorités pour la prolongation de la charte en 1998 :

  • l’intégration dans toutes les politiques sectorielles de la dimension environnementale; cette action transversale doit contribuer à la réussite des objectifs économiques, sociaux et urbains assignés aux politiques sectorielles de la ville.

  • l’optimisation du travail de concertation avec un grand nombre de partenaires, au niveau international, national et au niveau de la démocratie participative dans la ville.

Mots-clés

aménagement urbain, population urbaine, transport urbain, concertation, association, ethnologie, participation des habitants, agenda 21


, France, Montreuil

dossier

Villes et développement durable : des expériences à échanger

Les Agendas 21 des villes en France

Notes

Entretien avec Pierre MORISSE

Contact : P. Morisse, responsable de la Mission Environnement de la Ville de Montreuil, 7-9 rue Walwein, 93100 Montreuil, Tél. 01 48 70 66 39, Fax : 48 70 67 99

Source

Les villes françaises et le développement durable, Rapport de synthése proposé par 4 D, mars 1996

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