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La construction d’un poste de santé à la base d’un processus de développement endogène à Quilele, Guinée Bissau

Alexandre NDIONE

02 / 1998

L’Association de Moradores de Quilele (AMQ)a été créée en 1985. Quilele est un quartier populaire de Bissau (capitale de la République de Guinée Bissau). La particularité de Quilele est son éloignement des structures sanitaires de la capitale. En effet, le poste de santé le plus proche est situé à 3 Km du quartier ; ce qui pose souvent beaucoup de difficultés aux populations en cas d’évacuation des malades à l’hôpital.

En effet, les familles démunies n’ayant souvent pas d’argent pour louer un taxi en cas de nécessité, se résignent à voir leurs malades mourir entre leurs mains faute d’assistance médicale adéquate.

Les principales victimes de cette fâcheuse situation ont été les femmes enceintes et les enfants en bas âge. La naissance de l’association est partie de la volonté des habitants de Quilele de régler le problème d’accès aux soins hospitaliers. Plusieurs réunions de concertation et d’information ont été organisées dans le quartier. Elles concernaient l’ensemble de la population: les hommes, les femmes et les enfants.

A l’issue des concertations, il a été décidé unanimement de construire un poste de santé dans le quartier de Quilele. L’Association AMQ a donc pris en charge sa réalisation.

Des manifestations folkloriques ont été organisées pour mieux sensibiliser les autorités administratives et les partenaires financiers afin qu’ils soutiennent le projet. Ainsi, le gouvernement a consenti à allouer un terrain pour construire le poste de santé, à y affecter un personnel médical qualifié et à offrir des médicaments à la structure sanitaire.

Une organisation non gouvernementale dénommée Action Développement a pris en charge l’achat de l’ensemble des matériaux de construction (ciment, zinc, bois de charpeuse etc.).

L’Association AMQ a pris en charge tous les travaux de main d’oeuvre en utilisant bénévolement les compétences locales du quartier : maçons, menuisiers, peintres, plombiers, électriciens etc.

La réussite de ce premier projet a constitué un stimulant pour les membres de l’association qui ont décidé ensuite de doter le quartier d’un foyer culturel. Avec l’appui de la Coopération Française, le foyer a obtenu beaucoup de matériel pour favoriser l’épanouissement des jeunes : instruments de musique, un téléviseur doté d’une antenne parabolique, des panneaux de basket-ball. Action Développement a permis à l’association de se doter d’une radio de quartier animée par les jeunes. Cet outil de communication a permis de mieux informer les populations sur les problèmes de santé communautaire, la lutte contre la prostitution et la délinquance juvénile etc.

L’Association dispose d’ateliers de formation dans les métiers suivants : fabrication de meubles en rotin, petite électronique, imprimerie, couture.

La mise en place d’une garderie d’enfants permet de prendre en charge les enfants en âge préscolaire.

L’Association AMQ compte actuellement 1300 membres et fonctionne grâce à un bureau exécutif central et des responsables de secteurs : santé, femme, jeunesse.

D’autre part, le quartier est découpé en 11 zones décentralisées dirigées chacune par 6 membres (3 hommes et 3 femmes)et deux conseillers (1 homme et 1 femme), qui prennent en charge l’ensemble des préoccupations des populations à la base.

Tous les 15 jours, des opérations de salubrité sont entreprises dans chacune des zones avec l’appui de Action Développement qui met à la disposition des populations un camion pour l’évacuation des ordures.

L’Association AMQ entretient des relations de coopération et d’échanges avec une association dénommée CAMA basée à Ziguinchor au Sénégal.

En terme de perspectives, l’Association AMQ s’attelle à la mise en place d’un important programme de développement agricole dans le quartier afin de garantir l’autosuffisance alimentaire de ses habitants, de dégager des excédents agricoles pour accroître les revenus des familles et de garantir l’avenir des jeunes en mettant à leur disposition des terres agricoles, des équipements agricoles et en leur assurant une formation agricole.

Avec le temps la méfiance de quelques habitants s’est dissipée. Il est vrai que ceux-ci sont impatients de résultats concrets et ont été souvent bernés par des leaders peu scrupuleux.

Mots-clés

développement urbain, santé communautaire, participation populaire, mobilisation des habitants, formation professionnelle, association


, Guinée-Bissau

Notes

Cette fiche a été réalisée au cours de la rencontre à Dakar qui a réuni en février 1998 des habitants, des élus, des techniciens des villes de onze pays d’Afrique (Ouest et Cameroun).

Source

Texte original

AMQ (Associaçao de Moradores de Quilele) - s/c ONG AD à Bissau, tel. (245)25. 13. 65

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