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On ne ramasse pas une pierre avec un seul doigt : 40 expériences de développement décentralisé au Mali

Robert DOUILLET

07 / 1998

Les vilains, ou "Alamodjou" (groupe de personnes de vilaine physionomie due aux traits physiques, à l’accoutrement, au comportement, ...)est une organisation traditionnelle présente dans chaque village du pays Dogon chargée de la protection des ressources naturelles renouvelables. Elle annonce les textes législatifs concernant la protection de ces ressources, et a en charge le respect des mesures édictées. En cas de flagrant délit, l’institution décide de la sanction en fonction de la gravité de la faute et de la fonction du fauteur.

A Sikasso, 3° région économique du Mali, les commerçants et les transporteurs de la ville ont incité la municipalité à bitumer les grandes artères de la ville et les entretenir par un système de financement perpétuel. Partant du fait que cette opération est d’intérêt général, le concours matériel a été demandé à tous les habitants de la ville et de la région sous forme de tombola, de boites de souscription, de collecte d’argent. La sensibilisation sur les antennes radio, la publication de compte-rendus périodiques et la totale transparence ont rapidement motivé les gens à plus de contribution.

Sous l’impulsion d’un jeune chômeur, une association regroupant 3 bourgades distantes de moins de 100 mètres est créée pour relancer l’activité économique en sommeil depuis la fermeture de la rizerie, les années de sécheresse et l’épidémie d’onchocercose. La priorité fut donnée à la retenue de l’eau par la construction de mini-barrages et de diguettes, l’aménagement de parcelles sur lesquelles est semé de nouveau du riz, l’extension du maraîchage, la reprise du dispensaire et de la maternité, le reboisement, etc.

Au début étaient des transporteurs épars, possédant chacun leur véhicule pour déplacer les membres de la famille ou les connaissances diverses. Mais la concurrence étaient rude, d’où l’idée de créer une coopérative de transport dont chaque adhérent est à disposition pour la rotation des véhicules. Rapidement, chacun est conscient du gain financier, apprécie la disparition des rancoeurs entre les transporteurs et l’émergence de liens amicaux, participe à la solidarité initiée par la coopérative à l’occasion de transport gracieux des défunts vers leur village d’origine, etc.

Sur la place du village est mis en scène un ivrogne en accoutrement ridicule, sa femme furieuse se plaignant de ne plus avoir d’argent pour payer les condiments nécessaire à la préparation des repas, son enfant traité de fils de soûlard par un collégien du même âge, ......Le théâtre de rue devient leçon de moral et matière à débat sur la responsabilité des uns et des autres.

Mots-clés

organisation populaire, protection des ressources naturelles, développement local, collectivité locale, société civile, participation populaire, riz, horticulture, irrigation, barrage, moyen de transport, théâtre, diffusion des savoirs, décentralisation


, Mali, Burkina Faso, Soudan

Commentaire

" On ne ramasse pas une pierre avec un seul doigt " est d’abord un recueil de plus de 40 expériences de développement décentralisé au Mali dont le thème central réside dans les différentes formes d’organisations sociales pour participer au développement local.

Ces enquêtes nous permettent de nous immerger dans les traditions locales, de découvrir les organisations qui prennent en charge la vie locale ou créent des services pour tous, de connaître les regroupements de producteurs, syndicats et coopératives, mais aussi les organisations ayant pour objectifs la diffusion des informations et des savoirs.

Par la diversité des contextes et expériences présentées, on saisit aisément la diversité et la richesse de ces formes d’organisation. Chaque texte est rédigé en deux parties, la présentation de l’expérience et le commentaire qui en découle, facilitant la prise de recul.

Les deux derniers chapitres présentent le processus de décentralisation et quelques textes officiels comme la déclaration de Bamako ou de Santiago.

" On ne ramasse pas une pierre avec un seul doigt " est une démonstration pertinente de la nécessité de se regrouper pour initier et réussir les actions de développement profitables au plus grand nombre; une vérité observable au delà des frontières géographiques, des types de société et du temps qui s’écoule.

Source

Livre

DIARRA, A.B., Association Djoliba, On ne ramasse pas une pierre avec un seul doigt : 40 expériences de développement décentralisé au Mali, FPHDjoliba, 1996/07 (France)

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