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Les différents profils des partis autonomistes

Claudio CRATCHLEY

04 / 1998

Les partis autonomistes relèvent du clivage opposant le centre et la périphérie ; ils constituent la traduction politique de la résistance de la périphérie au centralisme de l’État-nation. Leur projet est de médiatiser la volonté politique d’une société locale incluse dans une communauté stato-nationale dont elle se sent différente.

De nombreux partis autonomistes partagent avec leurs adversaires centralistes le discours nationaliste. Or le terme nation peut revêtir trois acceptions distinctes et opposées : nation étatique, nation ethnique ou culturelle et nation-communauté. Aussi, pour les Castillans la nation est l’Espagne, tandis que pour les Basques c’est l’Euskadi. D’autres autonomistes, ralliés à la doctrine du fédéralisme intégral, récusent le discours nationaliste comme ils récusent l’État-nation.

La genèse des partis autonomistes se trouve dans la relation entre État et société. Ces partis émergent là où la relation de l’État avec les groupes sociaux à lui assujettis différenciés d’un point de vue culturel, linguistique, historique, voire religieux revêt la forme d’une relation entre l’État et des sociétés subordonnées. La prise de conscience qui conduit à la résistance de la périphérie face au centralisme revêt trois formes successives : la réaction légitimiste, le nationalisme populiste et le régionalisme nationalitaire.

Ce processus historique, ainsi que les orientations idéologiques et stratégiques des partis autonomistes disposant d’une représentation parlementaire au niveau central ou régional, sont analysés en particulier dans les cas de quatre pays : l’Espagne (partis nationalistes basques et catalans, mais aussi des autres régions); l’Irlande (Fianna Fail, Social Democratic and Labour Party); la Belgique (partis autonomistes flamands, Rassemblement wallon, Front démocratique des francophones bruxellois); le Québec (Parti québécois). Les deux derniers chapitres sont consacrés aux "autonomistes passifs" (le Svenska Folkpartiet, en Finlande, et le Sdütiroler Volkspartei, en Italie)et aux autonomistes en déclin de l’Écosse (Scottish National Party)et du pays de Galles (Plaid Cymru).

Mots-clés

autonomie, nationalisme, Etat et société civile, mouvement nationaliste, indépendance nationale


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Commentaire

Ce petit livre contribue à éclairer un sujet dont la littérature en français ne parle quasiment pas, sauf bien sur, pour ce qui concerne la Belgique. Certes, dans plusieurs pays les situations politiques ont évolué, mais il reste néanmoins un bon outil et on pourrait dire unique en français pour comprendre un phénomène qui est de plus en plus d’actualité. On peut s’étonner d’ailleurs que l’auteur n’ait pas considéré utile d’évoquer la situation en France.

Plus étonnant est le choix du sujet lui-même. En effet, si le Partido Nacionalista Vasco est sans doute aujourd’hui un parti autonomiste, Herri Batasuna, lui, est indépendantiste, de même que Esquerra Republicana de Catalunya, le Scottish National Party ou le Parti québécois. D’autres, comme Convergència i Unió, en Catalogne, sont fédéralistes ; un autre encore, comme le Svenska Folkpartiet, n’est même pas autonomiste, se contentant d’être le médiateur officiel des Suédois de Finlande.

Ce que la plupart de ces partis ont en commun n’est donc pas un projet politique (l’autonomie), mais le nationalisme, c’est à dire la revendication de l’autodétermination ou d’une forme d’auto-gouvernement. L’autonomie n’est que l’une des formes possibles d’auto-gouvernement, dont le contenu et la portée peuvent en outre varier énormément : l’autonomie accordée récemment à l’Écosse est beaucoup plus large que celle accordée au pays de Galles, et en Espagne toutes les communautés autonomes n’ont pas le même statut ni les mêmes compétences.

Par ailleurs, certains conflits ont pour cause précisément la non acceptation par certains mouvements nationalistes du statut d’autonomie accordé par le pouvoir central, que ce soit parce qu’ils le considèrent comme insuffisant ou simplement parce qu’ils revendiquent l’indépendance.

Notes

C.Cratchley est un sociologue chilien, spécialiste des questions touchant les minorités ethniques.

Source

Livre

SEILER, Daniel L., Les partis autonomistes, PUF, 1982 (France)

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