español   français   english   português

dph participe la coredem
fr.coredem.info

rechercher
...
dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Une révision rapide des problèmes de sécurité alimentaire en Indonésie

Ethel DEL POZO

03 / 1996

Depuis la prophétie de Thomas Malthus (1798), le problème de la sécurité alimentaire hante beaucoup de monde de temps en temps. Malthus argumentait que la production alimentaire peut seulement augmenter arithmétiquement, alors que la population augmente géométriquement. Il prédisait que l’espèce humaine épuiserait son habilité à se nourrir et que la famine aurait lieu. Ce qu’il n’avait pas perçu, c’est que l’être humain pourrait détruire ou dégrader les ressources -terre et eau- nécessaires pour assurer la production alimentaire future dans sa quête pour nourrir plus de monde. Si la Révolution Verte à partir de 1960 a eu du succès sur une courte période, elle n’a pas résolue le problème de la sécurité alimentaire. Ses efforts ont pu, même si pas voulus, contribuer à un impact négatif dans la durabilité des ressources de base de l’alimentation. Cela s’est reflété dans l’expérience de l’Indonésie, dans sa réponse au problème de la sécurité alimentaire. Cette communication se propose de parcourir brièvement la politique alimentaire gouvernementale en relation au maintien de la sécurité alimentaire des différents segments de la population en Indonésie et de voir quel peut être le rôle des petits agriculteurs.

La sécurité alimentaire en Indonésie en général, ne peut pas être dissociée de la politique alimentaire du gouvernement. Il faut aussi tenir compte de la spécificité de ce pays constitué par un vaste archipel avec de différences dans ses ressources et ses conditions écologiques qui sont en interaction avec les technologies paysannes et patrons institutionnels selon les différentes conditions démographiques de chaque région. La politique alimentaire en Indonésie est dirigée vers l’autosuffisance alimentaire, fondamentalement en riz, et généralement en faveur des intérêts de la population urbaine. Cette politique a eu du succès pour atteindre un développement économique durable dans la période du "First Range National Development" (1969-1994). Les bas et stables prix de l’alimentation ont été un instrument important pour sécuriser beaucoup d’investisseurs dans le secteur non-agricole, spécialement depuis que l’Indonésie s’est engagée dans un développement économique sérieux en 1969.

En relation à l’augmentation de la production alimentaire de riz, les politiques mettaient en place une série de programmes: développement de l’irrigation, amélioration de l’infrastructure (routes et ponts), facilités de crédit. La force motrice était sans doute le ratio du prix fertilisant/riz. En conséquence il y a eu une augmentation rapide dans la consommation de riz et aussi de la production.. Tous ces subsides pouvaient être assumés par le gouvernement pendant le boom pétrolier des années 1970. Le succès de la production, à engendré un autre problème principalement en 1983-1984 quand la production de riz avait augmentée beaucoup: c’était la difficulté de stocker et de gérer l’augmentation de stocks de riz avec une augmentation importante des coûts de stockage. Quand les prix du pétrole furent très bas, le gouvernement indonésien fut obligé de faire des réformes économiques sérieuses dans le milieu des années 1980. Au même temps, l’importation des riz et de blé était devenue une nécessité à cause de l’augmentation rapide de la population et des revenus.

Au même temps le gouvernement pousse à l’autosuffisance en cultures secondaires, particulièrement soja et mais. Cependant, malgré l’effort en recherche et vulgarisation à leur intention, les résultats ne sont pas à la mesure de leur potentiel. Entre autres handicaps à surmonter, l’institution du marketing et de ses pratiques ont besoin d’être améliorées. En sélectionnant des emplacements pur des cultures intensives, l’un des critères le plus important devrait être la commercialisations des produits.

Avec l’augmentation de la population et des revenus dans le future, l’Indonésie doit se préparer à affronter la demande future en alimentation. Certains technologues pensent que la solution viendra de l’amélioration de l’utilisation de la bio-technologie, mais cela ne semble pas réalisable dans les conditions tropicales de l’Indonésie. Les conditions tropicales pour l’adoption de systèmes très sophistiqués en technique et en intrants ne sont pas pertinents pour la majorité de petits paysans que survivent dans des conditions fragiles dans les îles. La populations total de l’Indonésie atteindra 200 millions vers la fin du siècle. Outre les problèmes d’eau, le principal problème dans les îles est la perte d’accès de terres appropriées à la culture.

La question qui se dégage est de savoir quel peut être l’apport es petits paysans dans le long terme? Il faudrait faire des efforts pour comprendre les facteurs que pourraient maintenir le durabilité et l’adaptabilité des systèmes paysans pour produire des aliments en promouvant le rôle de la participation locale des paysans et utiliser leurs connaissances pour dessiner une technologie appropriée. De manière à développer la productivité alimentaire des petits paysans on devrait faire attention aux différences des savoirs entre la science moderne et les savoirs indigènes. Les paysans dans des conditions tropicales dans la plupart des régions de l’Indonésie, gèrent leurs ressources plus "holistiquement" comme des "systèmes intégrés" et pas comme des composants des cultures cible. De tel façon, quand les pressions démographiques ou les conditions externes changent la relation homme/terre, les réponses des petits paysans pour survivre ont été la minimisations des risques. Le fait que la petite paysannerie ait pu subsister à travers les siècles est une leçon pour les agents du gouvernement préoccupés de la sécurité alimentaire.

Mots-clés

souveraineté alimentaire, autosuffisance alimentaire, savoir paysan, intervention de l’Etat dans l’agriculture


, Indonésie

Commentaire

En conclusion l’auteur souligne que l’augmentation de la production alimentaire pendant les trois dernières décennies, a augmenté l’approvisionnement alimentaire et la sécurité alimentaire à niveau national.Cette augmentation cependant, est suivie d’une augmentation substantielle de la consommation urbaine et rurale à cause du prix du riz maintenu bas et stable par la politique du gouvernement. L’amélioration de la sécurité alimentaire, avec une demande encore plus forte dans le future, ne pourra pas être assumée par le gouvernement tout seul.. Le rôle de la participation et de la "responsabilisation" ("empowerment")des petits paysans est important pour la sécurité alimentaire. La clé du problème est de permettre à nouveau les populations indigènes de sécuriser leurs droits territoriaux traditionnels pour obtenir de revenus et des sources d’alimentation. La loi, inadéquate, des ressources en terre et en eau, doit être modifiée pour donner plus de bénéfices à la population rurale y compris les communautés indigènes.

Notes

Colloque "Agriculture Paysanne et Question Alimentaire", Chantilly, 20 - 23 Février, 1996.

E.del Pozo est une ethnologue d’origine péruvienne qui a beaucoup travaillé sur les organisations paysannes et indigènes.

Source

Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…

AFFENDI, Anwar, A brief review of food security problems in Indonesia

CECOD IEDES - 162 rue Saint Charles, 75015 Paris, FRANCE. Tel 33 (1) 45 58 48 99 - Fax 33 (1) 45 57 31 69 - France

contact plan du site mentions légales