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La prostitution enfantine en Inde

Un document publié par un organisme des droits de l’Homme examine la situation de la prostitution enfantine dans le monde, et tout particulièrement en Inde

Dora VALAYER

08 / 1997

En introduction, l’éditeur en chef conteste l’utilisation du mot de "prostitués" pour les enfants, estimant que, pour chacun de ces cas, il faut parler d’abus sexuel et de viol. Pour lui, la société de consommation fonde sa religion sur un marché dont les enfants sont victimes à leur tour, et beaucoup des violeurs viennent des pays occidentaux, mais il existe aussi des pratiques spécifiquement indiennes, qui sont à l’origine des bordels, avec le système des castes, et certaines coutumes et traditions locales, comme celles des petites filles danseuses dans les temples. La plupart des enfants viennent du Rajasthan, de l’Andhya Prodesh et du Madya Pradesh. Le plus grand nombre d’entre eux se trouvent dans les grandes villes. Il existe des réseaux, qui bénéficient parfois des complicités de la police. Les lois sont inadéquates, Les enfants sont encore trop souvent traités en contrevenants plutôt qu’en victimes. L’Inde a ratifié la Convention Internationales des Droits de l’Enfant et se doit de mettre sa législation et ses dispositifs en accord avec ses engagements.

Les enfants sont payés parfois 50 roupies (quelques centimes)qui leur sont souvent repris par le souteneur jusqu’à "remboursement" (peu probable), de la somme qu’il a versée pour l’achat de l’enfant. Les remèdes préconisés comportent comme partout la dépénalisation de la prostitution des enfants, un traitement social, un suivi social des familles à risques et notamment des mères prostituées. On constate toutefois que, par exemple, la scolarisation des enfants de prostituées est en moyenne très supérieure à celle de leurs mère. La plupart des mesures proposées sont semblables à celles qui sont préconisées partout dans le monde, mais on relève certaines propositions inattendues comme celle qui consisterait à assurer des pensions aux femmes âgées. En effet, privées de toute aide sociale, certaines n’ont comme moyens de vivre que de tenir des bordels d’enfants. En Inde, la détection, la prévention et le traitement du Sida sont loin, par manque de moyens, de permetttre même une évaluation de l’épidémie. 80 pour cent des prostitués sont atteints d’une ou de plusieurs maladies sexuellement transmissibles. Les services spécialisés estiment à 1 million-et-demi le nombre de personnes infectées par le virus du Sida, avec prédominance dans l’état du Maharashtra. Un million de prostitués seraient atteints. Il est peu vraisemblable qu’en l’an 2000 le chiffre soit inférieur à 2 millions-et-demi. Les enfants sont les premières victimes, et l’illusion que les petites filles sont indemnes parce que vierges, multiplie chez les clients la demande d’enfants de plus en plus jeunes. Les petites filles du Nepal seraient les plus touchées. Lorsqu’une enfant est atteinte du Sida, elle est aussitôt renvoyée du bordel et finit dans la rue. Le problème de l’information sur les préservatifs est compliqué par la diversité des langues : les enfants transportées en vue de la prostitution ne comprennent pas la langue des travailleurs sociaux.

Les Etats de l’Inde ne manquent ni de chercheurs, ni de services sociaux compétents et dévoués, ni de législations adaptées aux problèmes, mais c’est l’application de ces lois, et les moyens qu’elles nécessiteraient qui rendent peu vraisemblable une amélioration rapide de la situation.

Mots-clés

tourisme, exclusion sociale, santé, épidémiologie, droits des enfants, enfant de la rue, prostitution


, Inde, Népal, Bombay

Commentaire

La situation de l’Inde quant à la prostitution enfantine, aux maladies sexuellement transmissibles et aux problèmes sociaux posés par l’accumulation de ces fléaux sociaux ne sont pas très différents de ce qui se passe ailleurs, mais leur éradication nécessiterait des moyens infiniment supérieurs à ceux qui peuvent être mis en oeuvre dans un pays où les concentrations humaines dans les métropoles comme Bombay démultiplient sans fin chacun des problèmes. Les avancées de la recherche, les coûts élevés des traitements plus efficaces ne laissent que peu d’espoir de voir la situation s’améliorer dans les années proches dans cet immense pays dont les enfants sont les premières victimes.

Notes

Les différents articles de ce document, accompagnés de textes et de statistiques, sont aussi complétés par de nombreux récits, et, page après page, par des dessins impressionnants d’enfants victimes de la prostitution. La situation d’autres pays de divers continents accompagne l’analyse de la situation indienne. Ce document a été diffusé à l’occasion de la Conférence mondiale de Stockhom sur la prostitution enfantine, en août 1996

Source

Rapport

Butterflies, My name is Today, Butterflies, 1996 (INDE), Special issue

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