español   français   english   português

dph participe à la coredem
fr.coredem.info

rechercher
...
dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Les alternatives à l’émigration : Les apports des migrants mahgrébins restent irremplaçables

Samia KATTAR

02 / 1997

La conférence méditerranéenne sur la population, les migrations et le développement, organisée par le Conseil de l’Europe et les autorités espagnoles à Palma de Majorque, les 15-17 octobre 1996, fut l’occasion pour le professeur Georges TAPINOS, de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, d’analyser le contexte actuel de l’émigration maghrébine. Il a tenté, à partir des facteurs économiques et démographiques dans les pays d’émigration, d’évaluer les stratégies alternatives à l’émigration, à savoir les stratégies de développement. La "reprise des mouvements migratoires autres que la migration de masse, la fermeture des frontières à la migration de main d’oeuvre et l’élimination des migrations clandestines" sont les caractéristiques d’un nouveau contexte, qui devra corrrespondre à une nouvelle approche économique. Selon Georges Tapinos, trois pays de cette région - l’Algérie, le Maroc et la Tunisie - connaîtraient des changements plus rapides et plus profonds que le reste du monde arabe, en ce qui concerne la baisse du taux de fécondité et la transformation du statut de la femme. L’émigration extérieure jouerait un rôle important dans le ralentissement de l’accroissement de la population. Sur le plan économique, le ralentissement de la croissance, l’aggravation des déséquilibres économiques et financiers ont soumis les économies du Maghreb aux plans d’ajustement structurels. Les conséquences sont la libéralisation économique, l’ouverture sur l’extérieur et surtout une stratégie de développement excentré. Néanmoins, ces économies ne semblent pas pour autant plus compétitives sur le marché mondial. L’écart du pouvoir économique par habitant entre le Maghreb et l’Union Européenne reste considérable ; mais l’auteur note que cet indicateur n’intervient pas dans les motifs d’émigrer. Il s’agit selon lui, davantage d’une tendance traditionnelle à l’émigration. A l’image des pays d’Asie du Sud-Est, l’intégration régionale serait une étape essentielle du développement économique, sans que cela signifie un désengagement de l’Etat du marché du travail et des capitaux. Une réorganisation sera nécessaire, car les économies devraient connaître un manque à gagner, les transferts de fonds des migrants ayant tendance à diminuer. Plusieurs stratégies de développement sont étudiées, notamment trois stratégies d’ouverture.

- La création de zones franches peut être intéressante pour le transfert de compétences et l’impact sur les régions concernées mais cela a peu d’effet sur l’économie nationale et a des effets négatifs sur les entreprises extérieures à la zone franche, faisant office d’enclave.

- Le libre-échange, fait dépendre l’économie nationale et plus particulièrement ses exportations, de la demande mondiale et donc de sa compétitivité. En prenant en compte le chômage urbain, l’impact du libre échange serait légèrement défavorable à moyen terme à moins que l’on puisse prévoir de fortes exportations agricoles. Dans ce cas, cela pourrait fragiliser le processus d’industrialisation en cours depuis les années quatre-vingt. Quant aux effets sur l’émigration, le libre-échange, selon l’auteur, ne modifiera pas l’incitation à émigrer.

- L’investissement étranger direct permet d’accroître l’efficacité du système productif, mais il demeure faible notamment à cause de la non application administrative des textes pour écouler la production sur place et l’absence d’une union économique maghrébine.

Les effets de ces stratégies seraient limités, et l’auteur considère en conséquence l’aide de l’Union Européenne nécessaire.

Mots-clés

développement économique, industrialisation, investissement, zone de libre échange, migration, émigration


, Europe, Maghreb

Commentaire

La question de la coopération reste toujours ouverte, car elle mérite d’être réformée. Les conclusions de l’auteur sont plutôt pessimistes quant à l’impact réel de ces mesures, du moins dans le court terme, si on les compare notamment au volume des transferts financiers effectués par les migrants. Les mesures comme la création de zones de libre-échange, l’intensification des flux d’investissement étrangers privés et l’aide publique restent insuffisantes pour atteindre le volume financier des apports migratoires.

Source

Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…

TAPINOS, Georges, CONSEIL DE L'EUROPE

contact plan du site mentions légales