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ACAI, Association pour le Conseil et l’Aide aux Investissements

Insérer les projets des migrants dans la réalité locale

Mohammed MAZOUZ

07 / 1996

L’ACAI est une association non gouvernementale (ONG)dont les membres sont originaires de la région de Berkane (nord-est du Maroc). Préoccupés par le développement économique de leur région, ces émigrés sont pour la plupart candidats au retour volontaire. L’un des objectifs de l’association est d’associer un nombre important d’émigrés et de les inciter à prendre des initiatives. L’objectif se trouve au croisement de deux questions essentielles du développement, à savoir l’ajustement structurel et la migration avec le soutien à la création d’emplois. L’idée de base est d’encourager les promoteurs à être autonomes et ce, à travers un travail de formation et de conseils afin qu’ils puissent avoir leur place sur le marché du travail, tout en conservant des liens avec les experts d’ACAI. L’association s’adresse aux candidats entrepreneurs ayant un projet ou une idée de projet valable mais sans facilité d’accès aux financements. Le rôle de l’association consiste dans un premier temps à soutenir le promoteur d’un projet d’entreprise dans ses initiatives sur le marché local marocain. Il sera guidé dans sa collecte des données financières nécessaires à la réussite de son projet et familiarisé avec les techniques de financement des petites et moyennes entreprises. A partir de la troisième année, ACAI aide le promoteur à mettre sur pied son projet d’entreprise qui s’adressera au marché local, voire international. Ce dernier type de projet plus complexe, nécessite des connaissances plus larges en matière de montage des financements internationaux ainsi qu’une expérience des affaires internationales.

Quelless sont les activités précises de l’association ACAI ? Elle organise des conférences - ou ateliers - dont les sessions de formation portent sur les techniques de projets d’entreprises. Les candidats entrepreneurs sélectionnés travaillent sur leur propre plan. Il est demandé aux participants une contribution financière. Les dossiers sont préparés par le promoteur avec l’expert d’ACAI, et présentés ensuite à un organisme bancaire ou un bailleur de fonds pour l’obtention de crédit ou d’autres formes d’appui. La réussite se mesure par l’obtention de crédits, d’une subvention, d’un appui ou de dons, grâce aux efforts conjoints du promoteur et de l’expert avec l’appui de certains membres de l’équipe d’ACAI. Pour augmenter les chances de viabilité du projet ACAI, l’association prend un certain nombre de mesures pour parvenir ainsi à une bonne organisation. Cela exige une préparation à travers l’organisation de conférences, la constitution des dossiers et leur suivi ; l’établissement d’une banque de données des projets ; l’organisation d’un tissu de liens très étroits avec les banques et les bailleurs de fonds ; mais, également, une bonne collaboration en s’assurant de la contribution des membres d’ACAI et des experts, en formulant une bonne approche de financements complémentaires, en choisissant d’excellents candidats capables et performants en économie d’entreprise et en assurant une assistance extérieure continue.

Trois modes de financement sont possibles :

1-Un financement interne : le projet prévoit des profits à partir de la quatrième année, avec un remboursement progressif sur trois ans.

2-L’apport propre des membres constitue une garantie pour boucler à court terme certains besoins de trésorerie. Il s’agit d’un fonds de solidarité effectué par les membres de l’ACAI, utilisable en cas de remboursement du FMO. Si le recours à ce fonds ne s’avère pas nécessaire, il pourra constituer l’actionnariat d’une société émanant des activités d’ACAI.

3-L’appel aux bailleurs de fonds. CEBEMO fournit 50% - à fonds perdus - des besoins financiers du démarrage, en justifiant ce don par le caractère social du projet. FMO procure 50% des besoins financiers de démarrage sous forme d’un prêt remboursable sans intérêt, arguant du caractère économique du projet,. Le crédit ALINMAA CHAABI présente des avantages, mais n’est disponible que dans les provinces du Nord et entre dans le cadre de la lutte anti-drogue, financée par des fonds européens. Les structures d’appui de L’ACAI sont : PIACE, programme d’information et d’assistance à la création d’entreprise sous l’égide de la chambre de Commerce à Oujda ; MADI, société d’investissement situe à Rabat ; CEM, société localisée à Casablanca, financée par l’USAID. Le projet d’ACAI a un double caractère : c’est un projet social qui s’adresse aux défavorisés, à ceux qui ne peuvent pas accéder facilement aux experts et aux banques pour lancer leur projet. C’est un projet économique qui s’insère efficacement dans la logique de l’ajustement. Il ne s’adresse qu’à ceux et celles qui ont une réelle chance de réussir et de résister aux lois du marché. Selon Y. Neissen, le projet de l’ACAI, comprend un risque évident, mais pour lui, il ne faut pas oublier que les conditions au Maroc - et à Berkane en particulier - sont favorables et présentent de bons facteurs de réussite. Le véritable défi réside au niveau des ressources humaines : le dévouement et le support enthousiaste des membres de l’ACAI, les connaissances en économie d’entreprise des candidats marocains, les facilités de suivi et de soutien confort, par l’encouragement continu des partenaires néerlandais de Berkane.

Mots-clés

investissement, migration, formation, immigré


, Europe, Maroc, Berkane, Oujda

Commentaire

Il serait vraisemblablement intéressant, pour les responsables de cette initiative, de se tourner vers de nouveaux partenaires européens en France, en Espagne et en Allemagne, ce dernier pays accueillant un nombre important de marocains originaires de la région de Berkane. Un effort important mérite d’être entrepris pour encourager les émigrés à réaliser des investissements dans leur pays d’origine. Ils manquent souvent d’expériences en tant qu’entrepreneur. L’ACAI pourrait combler ce vide par des conseils en techniques de gestion et d’appréhension des marchés et surtout en respectant le désir d’investir de l’émigré : il peut choisir entre prendre en charge un projet d’entreprise lors du retour au pays ou d’être associé à un projet tout en poursuivant son séjour à l’étranger. Il s’agit de sortir des schémas classiques qui tendent de favoriser les politiques de promotion des investissements propices à la réinsertion des émigrés qui rentrent au pays. Cette association semble s’adresser uniquement aux migrants familiers des techniques de création d’entreprises mais ne disposant pas de facilités financières.

Source

Entretien

ACAI (France)

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