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La gestion du temps dans les actions de coopération : avant, pendant et après

Respect de la programmation et des bailleurs ou de l’intérêt des bénéficiaires ?

Romain DAYANG

02 / 1999

L’ONG anglaise Living Earth s’est engagée depuis 1989 dans des actions d’éducation environnementale au Cameroun. Le public cible est essentiellement constitué d’enseignants travaillant avec les élèves des écoles primaires et secondaires et des autorités traditionnelles locales.

Depuis 1996, le projet bénéficie de l’appui du STABEX pour une extension de ses activités. Trois provinces sur dix ont été choisies pour la phase pilote. La signature du protocole et le contrat ont lieu le 21 Octobre 1996. Dans les dispositions contractuelles, cette phase devait s’achever après dix huit mois d’activités.

Dans la mise en oeuvre du projet, la programmation opérationnelle des activités a connu d’importantes modifications. En effet, le calendrier scolaire a contraint à des arrêts d’activités, non prévues. Les responsables chargés de la mise en oeuvre du projet se trouvaient face à des situations qui ne cadraient plus avec les dispositions contractuelles. Pour faire face à leurs obligations contractuelles, les responsables du projet auraient pu escamoter certaines activités Cette situation allait certes les crédibiliser auprès du bailleur de fonds qui tient à ce que ces dispositions contractuelles soient bien respectées, mais cette crédibilité, que l’organisme d’exécution rechercherait aurait été obtenue, au détriment de l’essentiel : l’intérêt des bénéficiaires, du projet. Heureusement ,pour ce cas, les responsables de l’exécution du projet n’ont pas cédé à la tentation de compromettre l’intérêt des bénéficiaires.

Ils ont trouvé une alternative, d’obtenir des dérogations sur les délais de fin du projet. Prévu pour prendre fin le 15 mai 1998. Cette phase pilote à cause des imprévus a pris fin le 11 Novembre 1998.

Un autre aspect du problème lié au temps dans les projets réside dans la gestion de l’après projet. Pour le cas présent, il n’a pas été défini un délai pour l’enchaînement de la phase suivante et son extension. De surcroît rien n’est certifié sur la continuité des activités du projet. Une évaluation de la première phase a été effectué et des conclusions optimistes en ont été tirées. Les voeux des bénéficiaires étaient que le projet puisse continuer à être suivi et qu’il puisse être étendu à travers tout le pays au regard de l’impact très positif dans la phase pilote ; mais hélas rien ne semble être pressant du côté des autres partenaires financiers. Les activités du projet sont entre temps arrêtées sur le terrain. Le suivi de l’après projet n’est pas défini dans les dispositions contractuelles. Il n’engage pas officiellement la responsabilité de l’organisme d’exécution, mais force est de reconnaître que cette étape est primordiale, autant que la mise en oeuvre des activités.

Mots-clés

politique internationale, coopération UE ACP, éducation à l’environnement, évaluation de projet


, Cameroun, Yaoundé

dossier

Mettre la coopération européenne au service des acteurs et des processus de développement

Commentaire

Il est évident que la programmation dans le futur des activités relatives à un projet doit être effectué avec beaucoup de rigueur pour permettre une évaluation et un contrôle objectif du projet.

Cependant, dans les dispositions contractuelles, une certaines souplesse doit être introduite au niveau du respect des engagements prévus par le calendrier opérationnel. Il est dangereux de tenir ceux qui exécutent au respect très stricte d’un calendrier prévisionnel car le souci d’un résultat optimal cède la place à la peur d’une perte de crédibilité. Les dispositions contractuelles doivent être assez souples pour permettre à l’organisme d’exécution du projet de travailler dans un climat de confiance et de sérénité.

Par rapport à la gestion de l’après projet, la tâche revient en principe beaucoup plus aux bénéficiaires qui doivent s’approprier le projet. Le constat qui se dégage de manière générale dans tous les projets d’éducation, c’est que l’intervention du projet se fait de manière ponctuelle et ne produit que des effets sporadiques qui n’ont pas de suite. Il importe donc de prévoir dans les dispositions contractuelles le suivi de l’après projet sur une certaine période raisonnable pour que la dynamique endogène puise réellement s’approprier du projet en devenant un point de propagation concentrique des résultats du projet. La cessation brutale sans continuation de suivi et d’assistance-conseil compromet la pérennisation des résultats déjà obtenus dans le cas des projets d’éducation au développement social et économique d’une communauté.

Alors, quel dispositif est mis en place pour permettre l’appropriation et la replicabilité des résultats des projets de coopération ?

Notes

Traduit en anglais (voir titre correspondant).

Entretien avec un responsable du projet

[Fiche produite dans le cadre du débat public "Acteurs et processus de la coopération", appelé à nourrir la prochaine Convention de Lomé (relations Union Européenne/Pays ACP). Lancé à l’initiative de la Commission Coopération et Développement du Parlement Européen et soutenu par la Commission Européenne, ce débat est animé par la FPH.]

Source

Entretien

CANADEL (Centre d’Accompagnement de Nouvelles Alternatives de Développement Local) - BP 3799 Yaoundé. CAMEROUN. Tél. : (237)221 31 40 / 200 38 74 - Fax : (237) 220 55 20 - Cameroun - www.canadelcam.org - contact (@) canadelcam.org

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