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L’influence des Associations et des ONG dans la mise en oeuvre de la coopération entre l’Union Européenne et le Bénin

Un réseau d’interfaces utiles mais qui reste à être organisé pour une meilleure coordination de la coopération Nord/Sud

Désiré AIHOU

01 / 1999

Depuis la conférence nationale organisée en février 1990, le Bénin s’est lancé sur la voie de la démocratisation dont l’objectif est la libéralisation de la vie sociale ; politique et économique du pays.

Pour beaucoup de Béninois cette démocratisation correspond à la prise de parole ; à la liberté d’expression. Très vite des associations et des ONG ont été constituées pour défendre ce droit fondamental. Mais beaucoup d’entre elles sont créées par des cadres de l’administration publique pour fournir de l’emploi stable à leurs parents et amis et surtout pour obtenir des financements. Dans cette perspective, les Associations et les ONG prétendent représenter la population et se placent comme des intermédiaires nécessaires entre les institutions étatiques et même étrangères et la population. Ce faisant, ces ONG constituent une sorte de rempart autour de la population la privant d’initiative et de parole. Ainsi, tout se fait au nom de la population sans la population. Les besoins de la population sont alors déterminés dans les bureaux des ONG dans les grandes villes loin des réalités du terrain.

Cette logique des ONG trouve un terrain favorable avec la coopération de l’Union Européenne qui est souvent mise en oeuvre à travers un réseau d’interfaces. Il est d’ailleurs de règle que pour obtenir un financement de l’UE les ONG nationales doivent trouver un partenaire en Europe. Les ONG européennes connaissant bien cette procédure font le marketing sur le terrain. Ainsi un réseau de partenariat artificiel se crée dont le seul objectif est de conquérir de nouveaux marchés.

Cette méthode de travail, loin d’être efficace, a accru l’effet de l’assistanat à la population car les mécanismes de sa participation sont souvent escamotés. Elle est privée d’information sur l’ouvrage à réaliser, est très peu consultée, ne collabore pas efficacement, n’est jamais impliquée dans les mécanismes de prise de décision, elle ignore souvent l’origine du financement. De fait les réalisations apparaissent pour elle comme un don "du ciel" qu’elle s’interdit de s’approprier.

Mots-clés

coopération décentralisée, décentralisation, processus de démocratisation, coopération UE ACP, société civile, politique internationale


, Bénin

dossier

Mettre la coopération européenne au service des acteurs et des processus de développement

Commentaire

La centralisation exagérée des pouvoirs étatiques en Afrique est l’un des facteurs de l’échec de la coopération depuis trente ans sur le continent. On pourrait penser à l’avènement d’une ère nouvelle avec le choix de la démocratisation qui suscite l’espoir d’une décentralisation. Dans le cas particulier du Bénin cette décentralisation, prévue par les textes légaux et mise en chantier, tarde à rentrer dans sa phase concrète. Déjà les libertés d’action et de parole qui la précèdent sont confisquées par les associations et les ONG. Celles-ci continuent de croire que les priorités de la population doivent être déterminées ailleurs qu’au niveau de la population.

De fait la notion de Coopération Décentralisée introduite dans la Convention de Lomé IV reste vide de sens car les mécanismes de sa mise en oeuvre au Bénin sont encore fortement centralisés. Il n’existe encore au Bénin aucun espace public où la population est impliquée dans le processus de partage du pouvoir, de prise de décision et de partage de responsabilités. Or, c’est à travers ce processus de partage de pouvoir et de responsabilité que naîtra la dynamique des acteurs de base pouvant induire une véritable relation de partenariat.

Alors faut-il repenser la coopération ?

L’Europe et l’Afrique ont déjà tiré beaucoup de leçons des échecs des modalités de mise en oeuvre de la coopération Nord/Sud depuis plus de trente ans. Le guichet de la coopération décentralisée est l’une des grandes innovations apportées dans la voie du changement. La coopération décentralisée est un moyen d’impliquer directement les acteurs de base au processus de développement de l’Afrique. Mais la marche vers les acteurs de base doit s’inscrire dans une démarche globale impliquant tous les autres acteurs de la coopération à savoir l’Etat, les Collectivités locales, les Associations, les bailleurs de fonds. Cela veut dire qu’il faut faire en sorte que la démocratie et dans cette logique la décentralisation marche bien, avoir de bon cadres capables d’initier et de mettre en oeuvre de bons programmes de développement, avoir une bonne justice. Ainsi les forces naturelles d’arbitrages joueront pleinement leurs rôles pour un développement participatif qui reste l’objectif "à atteindre" sous relaté dans les discours.

Notes

traduit en anglais (voir titre correspondant).

[Fiche produite dans le cadre du débat public "Acteurs et processus de la coopération", appelé à nourrir la prochaine Convention de Lomé (relations Union Européenne/Pays ACP). Lancé à l’initiative de la Commission Coopération et Développement du Parlement Européen et soutenu par la Commission Européenne, ce débat est animé par la FPH.]

Source

Entretien

Enquête personnelle sur le terrain et interview

Université Nationale du Bénin Cotonou - 02 BP, 647 Gbégamey, Cotonou, Bénin - Tél : 00 229 30 46 33 ou 00 229 30 32 91 - - Bénin

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