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Faire de la pêche artisanale l’objet d’un débat dans la presse locale

La stratégie du Centre de Recherche pour le développement des technologies intermédiaires de pêche -Credetip- à l’égard de la presse écrite et orale

Aliou SALL

10 / 1999

La presse en Afrique de l’Ouest est traditionnellement dominée par le "fait politique". Cette situation s’explique en partie par le fait que nos "partis-Etats" sont en permanente campagne électorale. Dans certains de nos pays, on peut dire sans pourtant exagérer que certains "partis au pouvoir" sont en campagne électorale durant les trois cents soixante jours de l’année. Il y a un souci de la part des partis au pouvoir de ne pas perdre le terrain. Pour cette raison, tous les grands événements sont exploités à des fins politiciennes. La focalisation de la presse sur le "fait politique " est plus accentuée dans les pays où la presse est contrôlée par l’Etat.

Au Sénégal, malgré l’indépendance des organes de presse comme Sud Hebdo, Wal Fadjri, le Cafard Libéré ou le Témoin, ces journaux ont été pendant longtemps dominés par le "Politique ". Il y a en général des pages entières consacrées sur la vie politique des partis avec peu d’intérêt sur des secteurs d’activités aussi vitales pour l’économie du pays tel que la pêche artisanale. Les documentaires et chroniques réalisés occasionnellement sur la pêche, ne montraient en rien les grands défis auxquels la pêche artisanale était confrontée. Les différentes réponses apportées par les communautés de pêcheurs à ces différents problèmes étaient aussi méconnues du grand public.

Jusque vers la fin des années 80, on ne pouvait pas parler d’une presse qui commence à accorder une oreille attentive à la pêche artisanale et aux communautés qui en dépendent. C’est en effet à partir de 1990 que nous avons pris conscience de l’impératif à informer et à impliquer la presse dans le travail de lobbying que nous faisions à l’échelle nationale et internationale. Nous nous sommes rendu compte que le Sénégalais est gros mangeur de poisson mais ignorait les problèmes des pêcheurs et de leurs familles. Mais, comme on dit chez nous :" Ce que l’on ne connaît pas n’existe pas ". C’est ainsi que nous avons commencé à partir de 1990 à inviter la presse aux différents événements que nous animions : débat sur les accords de pêche, conférence sur la sécurité des pêcheurs en mer, les contraintes administratives au développement du marché ouest africain du poisson transformé liées aux taxes abusives et à la corruption au niveau des frontières, etc....

Pour mieux susciter cet intérêt des médias sur la pêche artisanale, le Credetip a initié une mise en synergie entre certains journaux sénégalais -connus pour leur indépendance vis à vis du pouvoir- et d’importants réseaux de défense des droits des pêcheurs. En effet, nous avons facilité le contact entre les journalistes sénégalais et les réseaux suivants : International Collective in Support of Fishworker’s (Icsf en Inde), La Coalition pour des Accords de Pêche Equitables (Cape à Bruxelles), Le programme de valorisation des pertes après capture (Adépa à Abidjan). La collaboration entre les journalistes sénégalais et ces réseaux a permis de changer la perception qu’avait la presse sur la pêche artisanale. Il ne se passe pas plus d’une semaine sans qu’un article ne soit publié sur la pêche. Ces articles ne sont plus des documentaires pour le Touriste. Il s’agit plutôt d’analyses approfondies de la part de nos journalistes qui ont acquis une réelle expertise

propre à la pêche.

En 19997, un journaliste de Sud Hebdo a assuré l’animation d’une conférence portant sur les "les médias dans la pêche artisanale en Afrique de l’Ouest " Ce journaliste avait impressionné son audience par la façon dont il maîtrisait le dossier des accords de pêche. Cette conférence a été organisée par le Programme Régional de valorisation des Pertes après capture pour sensibiliser les journalistes sur les problèmes de la pêche. Il faut reconnaître que la distinction du journaliste de Sud Hebdo qui avait marqué ses pairs lors de la rencontre d’Abidjan s’explique par une habitude de collaboration que ce dernier entretenait déjà au Sénégal avec le Credetip. Nous avons fait de notre mieux pour intéresser la presse au travail que nous faisons dans le secteur de la pêche. En 1996, nous avons facilité la participation d’un journaliste sénégalais à la conférence internationale de la pêche internationale tenue à Cebu (Philippines)et organisée par ICSF.

Mots-clés

pêche, pêche artisanale, pêcheur artisan, presse, médias, rôle des médias


, Sénégal

Commentaire

Le plus palpable résultat de ce travail de sensibilisation que nous avons fait auprès de la presse est le suivant: l’opinion publique est informée des problèmes des pêcheurs et des grands défis auxquels ils sont confrontés ; avec le développement des radios privées indépendantes, la population non seulement s’informe sur les problèmes de la pêche mais aussi envoie ses messages de soutien à chaque fois que le Cnps mène une campagne contre les accords de pêche.

Notes

Aliou Sall est socio-anthropologue, spécialiste de la pêche. Il est aussi le secrétaire exécutif du Credetip.

Source

Texte original

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CREDETIP (Centre de Recherche pour le Développement des Technologies Intermédiaires de Pêche) - B.P. 3916 Dakar SENEGAL - Tél. : (221)821.94.62 - Fax : (221)821.94.63 - Sénégal - credetip (@) sentoo.sn

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