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L’intérêt d’être un collectif régional d’associations variées est à la fois social, politique et économique

Le point de vue du Collectif des Associations du Yatenga -CADY-, Burkina Faso

Naaba Ligdi S. KAGONE, Maryvonne CHARMILLOT, Séverine BENOIT

12 / 1998

Naaba Ligdi S. KAGONE, responsable du CADY (Collectif des Associations Du Yatenga) : « L’avantage de travailler au sein d’un collectif régional, c’est qu’on est plus respectés des autorités et qu’on est plus informés de ce qui est dit au niveau national. Les gens du niveau national sont stratégiquement incapables de toucher individuellement les gens. Ce que le collectif offre comme possibilité, c’est de toucher des gens organisés. Bien que nous soyons pratiquement sans moyens ici, je suis sollicité au moins une fois par semaine par le niveau national soit pour envoyer des gens en formation, soit pour communiquer des informations ici. L’intérêt de notre collectif pour ceux qui sont à la base, c’est qu’ils sont comme s’ils étaient liés à l’extérieur maintenant. Sans cela, ils étaient bloqués ici. Avec cette coordination, il y a un semblant de communication avec l’extérieur et il a des espoirs dans cette ouverture.

Nous sommes sûrs que nous ne pourrons pas germer grand-chose d’utile ici, il faut que quelque chose vienne de l’extérieur. Nous sommes pratiquement convaincus à l’heure actuelle qu’il faut que les idées viennent de l’extérieur, qu’il faut que les moyens nous viennent de l’extérieur. Par exemple je prends le cas des haricots verts : c’est une nouvelle culture et c’est implanté ici par le besoin de l’extérieur. Mais cela rapporte de l’argent aux gens. On est obligés de se donner à des choses comme cela. Même nos fruits et légumes. Les tomates sont ramassées rapidement par les Togolais et les Ghanéens. Les pommes de terre, c’est la ville de Ouagadougou qui les consomme. Sans contact avec l’extérieur, on est bloqués. Et même si on a ses propres idées cela peut monter et on peut en recevoir aussi. Le plus important dans cette coordination des mouvements de base (il y a des citadins qui sont dedans et aussi des intellectuels) c’est la possibilité d’échange beaucoup plus sûre que si on était tout seul.

Prenons le cas de ces 2 dernières réunions sur le haricot vert et sur le produit des fruits et légumes. Une organisation nationale veut structurer ces 2 activités. Des gens plus expérimentés que nous sont organisés à Ouagadougou et ont plus de relations avec les demandeurs de l’extérieur. Eux s’intéressent maintenant à avoir une base ici. Il y a toute une organisation technique qui sera assurée plus tard et cela va profiter à tout le monde : à ceux qui sont au centre comme à ceux qui sont à la base. Avant, il y avait une pagaille au niveau de Ouagadougou, il y avait toutes sortes de gens qui venaient prendre les productions pour les envoyer ici ou là et après un mois, ils revenaient pour dire que cela n’avait pas marché. Donc c’était perdu. Il y a de petits villageois qui ont perdu près d’un million CFA (10.000 FF), comme cela, pour rien. Si on rassemble tous ceux qui ont perdu cet argent, cela fait des millions. Si on a une organisation nationale au niveau de Ouagadougou, nous leur donnons le dossier, ils sont capables de toucher un avocat qui va prendre l’ensemble des dossiers des gens qui ont adhéré et traiter cela à son niveau.

Un collectif peut permettre d’équilibrer un peu les rapports de force. Tout seul, c’est comme si on n’avait aucune force pour mettre dans la balance mais si on est associés, il suffit que le coordinateur amène votre dossier. Le coordinateur du collectif est quelqu’un qui rassemble les dossiers et lui a des moyens de contact avec tous ces consultants qui sont capables de tout faire. Nous pensons qu’on pourra prendre en compte les problèmes des uns et des autres, des petits aussi bien que des gros ».

Mots-clés

organisation paysanne, production agricole, information


, Burkina Faso, Yatenga

dossier

Pour un partenariat entre habitants et collectivités locales en Afrique

Commentaire

Les liens d’information entre la capitale et un collectif d’associations régionales commencent à s’organiser, pour le moment au profit des deux parties. Chacun espère un net effet sur la commercialisation des productions agricoles pour le marché national et l’exportation.

Source

Entretien

Entretien avec Naaba Ligdi S. KAGONE, à Ouahigouya, août 1998

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