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L’évolution de la FONGS -Fédération des ONG sénégalaises- dans la formation de ses membres et jusqu’à sa décentralisation

Séverine BENOIT, Ndeye SARR

10 / 1998

Madame Ndeye Sarr, Présidente de la FONGS: " L’Amicale du Walo (ASESCAW)est membre fondateur de la FONGS (1978). Parce que ce que faisaient les jeunes au Walo, c’était la même chose que ce que faisaient d’autres acteurs dans le terroir au Sénégal : au Centre, il y avait une association pour l’union des jeunes de Meckhé, en Casamance: l’AJAC et dans la région de Tamba il y avait d’autres associations. Les leaders d’associations, qui étaient répandues sur tout le territoire, avaient les mêmes objectifs, c’est à dire lutter contre l’exode, lutter contre l’analphabétisme, lutter contre le sous-développement et chacun faisait cavalier seul. Ils ne se connaissaient pas mais ils avaient les mêmes objectifs et quelquefois ils se rencontraient au niveau des séminaires, où ils étaient appuyés par un même bailleur de fonds (ex: le Conseil Oecuménique des Eglises, l’association internationale SIX S, etc.)qui parlait à celui-ci de l’expérience de l’autre. Petit à petit, ces leaders paysans se sont retrouvés, se sont connus, et voyant qu’ils avaient les mêmes objectifs, ont vu l’intérêt de se fédérer pour mieux affronter les problèmes. C’est comme cela qu’en 1978 a été créée la FONGS (Fédération des Organisations Non Gouvernementales du Sénégal)avec les objectifs que chacune s’était fixés: freiner l’exode, former les jeunes, les alphabétiser, les encourager à rester dans leur terroir et les sensibiliser à se lancer dans des activités génératrices de revenus.

La FONGS a toujours priorisé la formation de ses membres. Au début (1980)les formations étaient organisées au niveau du siège, à Thiès. Les séminaristes venaient des associations de base. On appelait cela formation des formateurs, c’était une formation en cascade. Ces formateurs, ou facilitateurs, devaient, après la formation reçue au siège, aller la démultiplier au niveau des associations. Mais cela n’a pas connu beaucoup de succès, tout simplement parce qu’au niveau des associations il n’y avait pas les moyens financiers permettant de démultiplier cette formation. La FONGS a fonctionné comme cela pendant un bon moment et à un certain point elle devait s’arrêter et voir quelle était la meilleure façon de faire.

Dès 1990, la FONGS a anticipé la décentralisation qui est aujourd’hui en cours. Elle voulait toujours renforcer la capacité de ses membres, voulait revoir son système de formation et préparer ses membres à cette décentralisation. Elle avait déjà découpé des zones et puis elle a inventé un système de formation qu’elle a appelé le PEFA (Programme d’Echange, de Formation et d’Action). Il y avait 5 régions PEFA; dans une région PEFA, il y avait deux associations ou trois qui en faisaient partie. La formation avec le système PEFA consistait à regrouper des personnes de localités différentes. Parmi ces personnes il y avait des offreurs de savoirs : des paysan(ne)s qui voulaient partager ce qu’ils avaient essayé. Il y avait préalablement des thèmes choisis et pour ces thèmes-là il y avait des offreurs et des demandeurs. La formation ne se tenait pas au niveau du siège mais au niveau des associations dans un village. On faisait venir des gens d’autres régions, ayant des connaissances sur le thème choisi. Les personnes étaient regroupées dans un lieu pendant deux ou trois jours et c’était un système d’échanges. On disait que, au moment des sessions, on venait avec son seul savoir et que l’on rentrait avec deux ou trois savoirs. C’était une façon de diffuser les connaissances locales qui dorment parmi les producteurs. Il y a les technologies modernes mais elles ne sont pas appropriées par les associations. Ce système a été créé il y a cinq ans de cela. On a vu que, à chaque fois que les producteurs exposaient leurs connaissances, ils étaient appréciés même par les techniciens, ceux qui détiennent la technologie moderne. Par ce système, on a accroché des milliers et des milliers de personnes parce que tout était organisé à la base et les sessions étaient tenues en langue locale. Cela c’était le système PEFA.

La FONGS s’est toujours donnée comme mission prioritaire le renforcement des capacités de ses membres. Les cinq régions PEFA, c’était pour préparer ses membres à faire face à la décentralisation et à mieux se responsabiliser. Puis on est passé de 5 à 10 régions et dans chaque région administrative on a fait la régionalisation effective de la FONGS. Au niveau de chaque région, aujourd’hui il y a une "cellule FONGS régionale". Chaque région-FONGS est autonome, a son Président, son président de Comité de programmation et son coordinateur. C’est cela la décentralisation et la responsabilisation de notre côté. Les membres de la FONGS au niveau des régions conçoivent le programme à partir de la base et ils gèrent les fonds qui viennent pour répondre aux besoins de formation liés à ces programmes. Une partie des fonds du programme propre de la FONGS va directement à la base, au niveau de chaque région, pour renforcer les capacités et pour faire un appui institutionnel aux associations".

Mots-clés

formation, organisation paysanne, décentralisation


, Sénégal, Thies

Commentaire

Un bref résumé des étapes contrastées de la fonction "formation des membres" durant les vingt années d’existence d’une Fédération d’associations paysannes au Sénégal jusqu’à l’étape actuelle de sa régionalisation.

Notes

Entretien à Bonneville, septembre 98

Entretien avec SARR, Ndeye

Source

Entretien

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