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Les programmes des associations membres de la FONGS -Fédération des ONG sénégalaises- et le rôle de celle-ci à leur égard

Séverine BENOIT, Ndeye SARR

10 / 1998

Madame Ndeye Sarr, Présidente de la FONGS (Fédération des ONG Sénégalaises): "On a constaté, en 1996, que presque toutes les associations (membres de la fédération), ou en tout cas la plupart, étaient en crise, n’avaient pas de programme, ne pouvaient plus obtenir de crédits auprès de la CNCA. Il fallait comprendre pourquoi il y avait cette crise dans les associations. Les associations étaient vieilles. Il n’y avait plus de membres jeunes. Les jeunes ont émigré, ils sont dans les grandes villes, il y avait des associations où il n’y avait que les femmes et les enfants. On a assisté les associations pour qu’elles fassent leur propre auto-diagnostic, pour trouver la plaie et comment sortir de cette crise.

Au niveau des associations, les membres étaient conscients de ce monde en mutation et qu’ils devaient aussi changer. Ils disaient: "Mais ce n’est pas la peine de poser des questions, nous ne voulons pas aller dans les grandes villes, nous ne voulons pas quitter le Sénégal pour aller dans les autres pays. Ce que nous voulons? Nous voulons un changement. Après tant d’années de formation, il faut passer à la pratique, il faut trouver des moyens de transformer le système de production, il faut trouver des moyens d’accéder au système de communication moderne, il faut trouver le moyen de désenclaver nos pistes de production, il faut trouver les moyens d’avoir accès à l’électricité, il faut trouver des moyens pour vraiment augmenter les revenus, nous voulons vivre dans nos pays mais dans des terroirs verts".

En même temps, il fallait voir sur quel pied il fallait danser pour être en connexion avec la politique des bailleurs de fonds. On a aussi essayé de voir ce qu’était la politique de nos financeurs traditionnels. Parce que le partenaire ne prend pas ce qui ne l’intéresse pas, il ne donne son argent que si cela l’intéresse. C’est pourquoi on dit que "l’on vend un programme à un partenaire". Il faut convaincre: "Je veux faire cela, et cela et cela et il me faut cela et cela". S’il trouve que c’est faisable et qu’il dit: "Je suis d’accord", c’est bien comme s’il y avait un programme à vendre.

On a appelé chaque association, à partir de ce diagnostic, à faire un programme. Peut-être qu’il y a des associations qui ont leur partenaire traditionnel qui va financer cela directement au niveau de la base. Pour d’autres associations, on est en train de les assister pour trouver des financements, mais nous ne voulons pas que ces financements-là passent par la FONGS.

La FONGS ne veut pas être l’intermédiaire entre un partenaire d’aide extérieure et une association membre de la FONGS. Parce que s’il y a un problème, la FONGS se voit mal avec un partenaire ou se voit mal avec son membre. Donc, la FONGS veut jouer le rôle de facilitateur, d’appui pour préparer l’association à la négociation, en renforçant les capacités de celle-ci pour la négociation, la gestion. Le but est que l’association traite directement avec le partenaire et que la FONGS l’assiste, l’accompagne dans la bonne marche pour la réussite du programme. Mais pour les programmes d’une association, la FONGS ne veut pas la gérer directement, il faut responsabiliser la base, pour qu’il y ait autonomie. L’autonomie de gérer ses propres relations avec ses partenaires. Cela permet à la FONGS de suivre l’association, et quand elle fait un faux pas, tu la rappelles à l’ordre. Pour cela on ne doit pas gérer. C’est une façon aussi d’instaurer la transparence".

Mots-clés

organisation paysanne, financement du développement


, Sénégal, Thies

Commentaire

Parmi la vingtaine d’associations régionales membres de la FONGS, certaines ont vieilli sans se renouveler. Un effort d’autoévaluation a été organisé par la fédération pour les relancer. La FONGS - échaudée par l’échec des actions de crédit qu’elle avait lancées en 1986 - ne fait qu’aider les associations à préparer et à négocier leurs programmes, mais sans se constituer en "intermédiaire" du système d’aide. Sage réserve ! Mais peut-on redonner vie à des associations fatiguées en les incitant et en les formant à la négociation de programmes d’aide ? Nous en doutons. Jeûner peut être mieux indiqué parfois.

Notes

Entretien à Bonneville, septembre 98

Entretien avec SARR, Ndeye

Source

Entretien

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