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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

L’organisation interne des groupements paysans africains

L’acceptation, du moins apparente, des abus de pouvoir

Séverine BENOIT, Geneviève PILLET

10 / 1998

Geneviève Pillet, membre fondateur de l’ASSAILD (Association d’Appui aux Initiatives Locales de Développement): "Les responsables paysans, il y en a qui font ce qu’ils veulent, qui n’en font qu’à leur tête, qui gèrent mal ou qui décident sans la base. Et "leur base" ne réagit pas. C’est cela qui nous désoriente le plus. Souvent, on sait que tel président a "bouffé", comme on dit, on sait qu’un tel a profité de ceci ou a fait cela, mais il reste respecté et il reste à son poste. Les gens ne vont pas tellement le critiquer, en tout cas ouvertement ou en assemblée. Il y a peu de réactions; cependant cela commence. Mais dans un tas de groupements ce n’est pas le cas. Surtout ce qui manque, c’est qu’il n’y a pas de contrôle interne : celui qui gère, souvent, est tout seul à gérer ou bien c’est le président et le trésorier qui décident à deux des dépenses etc. et c’est difficile d’avoir un contrôle de cette gestion-là. Cela forme vite un petit groupe qui, pour finir, a tous les pouvoirs.

Parfois le contrat d’aide entre l’ASSAILD et le groupement par exemple, était signé devant tout le groupement, en présence du chef de village, etc. Mais après, ce sont deux ou trois personnes qui accaparent. Au départ, il semblait que toutes les précautions avaient été prises pour que ce soit bien géré. L’aide peut être tout à fait retournée, les gens s’organisent autrement ou le chef ou le responsable a le droit de faire ce qu’il veut. On se retrouve peut-être dans l’influence de la chefferie alors qu’il y a une organisation de groupement de type européen, où il faut avoir un président, etc. toujours selon le même modèle. Ils font cela pour recevoir l’aide mais souvent les personnes qui ont été élues comme président ou autre sont des personnes influentes, des personnes contre lesquelles les autres ne peuvent pas vraiment réagir. Certains cependant vont réagir, par exemple en n’acceptant pas de rembourser à la place des autres par exemple; il y a des façons détournées de faire savoir son opinion."

Mots-clés

organisation paysanne, leader


, Tchad, Moundou

Commentaire

La façon coutumière de décider et le respect du pouvoir du chef ne disparaissent pas, même si les statuts d’un groupement, parfois construit juste pour obtenir l’aide, semblent abolir cet ancien ordre.

Notes

Entretien à Bonneville, septembre 98

Entretien avec PILLET, Geneviève

Source

Entretien

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