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Mise en route d’un projet d’habitat populaire en Argentine

Maria Teresa AQUEVEDO, Andrés PEDREROS

07 / 1997

L’action se situe sur la rive sud du Riachuelo (fleuve transformé en canal, qui divise la capitale de la province de Buenos Aires, Argentine).

Les acteurs locaux sont les associations de quartier et des structures créées par la population, les municipalités de Lanus et de Lomas de Zamora, des entreprises privées, des services gouvernementaux de la province de Buenos Aires, des associations à but non lucratif (fondations, associations civiles; coopératives et mutuelles)et la Banque de la Province de Buenos Aires, engagées dans le projet. Les partenaires français sont des municipalités de Midi-Pyrénées, les associations CIMADE (Toulouse)et PACTARIM (Haute-Garonne), PSH (Programme Solidarité Habitat), le Ministère des Affaires Etrangères, une institution bancaire (Caisse des Dépôts et Consignations)et la Fondation de l’Abbé Pierre. Les deux axes fondamentaux de l’action sont le programme d’habitat avec ses opérateurs sur le terrain et le développement de la coopération avec la France.

Les principaux axes thématiques sont : la régularisation de l’occupation des terres ; la création d’un réseau d’eau potable et de systèmes alternatifs de réseaux d’égoûts; l’assistance technique pour l’amélioration de l’habitat, l’éducation des citoyens en vue de la préservation de l’environnement; la réalisation d’un micro-projet expérimental de collecte et de recyclage des ordures; la collecte d’un fonds de crédits pour le financement du programme dans des aspects tels que l’achat de terres, réseau d’eau potable et égoûts, ainsi que l’amélioration de l’habitat; l’animation sociale (assistance technique, juridique, financière, etc.)en direction des habitants regroupés dans divers types d’associations ayant pour objectif la création de plate-formes de négociation autour de chacun des axes thématiques définis.

Développement de l’action : la coopération avec la France suppose l’élaboration en commun, et le consensus autour d’un diagnostic de base ayant pour but la formulation du projet. Sur la base de ce diagnostic, un plan de travail est élaboré, ainsi qu’un accord pour la distribution des tâches et un engagement sur les apports financiers des principaux partenaires financeurs : la coopération française et la province de Buenos Aires. Un des aspects de cet accord de travail établit la réalisation de missions, sur le terrain et en France. Les partenaires français se chargent du suivi technique, politique et financier des actions et de l’appui à l’opérateur local (Fondation El Riachuelo), dans la recherche de nouveaux interlocuteurs au niveau national. Les partenaires argentins se chargent de contacter les partenaires financeurs français et, en fonction de leur évolution, confirment ou invalident l’intérêt pour la continuation du programme.

L’évaluation et les informations concernant le déroulement des travaux ainsi que l’utilisation des fonds sont réalisées en commun par les opérateurs français CIMADE et PACTARIM. De son côté, la Fondation El Riachuelo, en tant qu’opérateur argentin, s’est engagée à informer tous les interlocuteurs argentins sur la nature des acteurs et des partenaires financeurs français. De même en ce qui concerne les opérateurs français en France. Par rapport à l’information, un accord a été prévu pour le respect total de chaque opérateur dans son espace d’action.

Difficultés de cette étape : nous sommes obligés de constater que la complexité du programme, due à la multiplicité des acteurs, a rendu difficile la synchronisation des prises de décisions, la gestion des apports financiers et le démarrage des opérations sur place, ainsi que la mise en place, par l’opérateur argentin, d’une équipe technique adaptée. Les apprentissages sont réciproques, puisque le lancement du programme a pratiquement coïncidé avec le démarrage de la coopération décentralisée en France.

Expériences : en ce qui concerne la Fondation El Riachuelo, on peut dire que cette étape a permis un saut qualitatif. En effet, après avoir été au début une institution ecclésiastique développant surtout des micro-projets, dont le partenaire était une institution extérieure, n’ayant pratiquement pas de représentation sur le terrain, elle s’est convertie en acteur et opérateur local ayant la capacité de négocier avec les secteurs public et privé, des organisations à but non lucratif ou des associations de quartier en tant que partenaires - bref, des acteurs juridiquement reconnus. De même, par rapport au dialogue avec un opérateur externe, ayant ses propres critères publics, financiers, juridiques, méthodologiques. Dans le cadre local, ce travail a permis une avancée grâce à la portée (technique, politique et humaine)de l’impact social et communautaire du programme. Ceci, en accord avec l’exigence posée par la coopération française dès le démarrage de l’action : le développement d’une action innovante et démultiplicatrice.

La réflexion commune entre les coopérants français et latino-américains confirme que la coopération doit être structurée avec les acteurs locaux et générer une méthode d’intervention respectueuse de l’acteur local en tant que point de départ. Elle doit être en rapport avec les formes locales de l’action et les capacités existantes (connaissances et culture traditionnelles). Si l’on ne met pas l’accent sur ces ressources locales, les destinataires ne se sentent pas concernés.

Perspectives : La principale préoccupation de la Fondation El Riachuelo est d’obtenir une plus grande autonomie, particulièrement du point de vue financier. Mais aussi d’augmenter les possibilités d’échange dans la région (Sud/Sud)grâce à la création de méthodes de confrontation d’expériences et d’aptitudes afin de réussir à sensibiliser ceux qui, en Argentine, ont le pouvoir de prendre les décisions publiques, face aux projets de cette nature.

Par rapport aux partenaires français, la Fondation El Riachuelo souligne un axe qu’elle considère comme essentiel : politiquement, la coopération française doit continuer à maintenir ce type d’intervention face aux instances politiques nationales et régionales (Cône Sud). En réalité, la coopération avec les organisations non gouvernementales et les associations de quartier ainsi implantées fortifie l’action politique face aux autorités locales et nationales.

Réciprocité : il s’agit d’un objectif fixé dès le début du projet, mais qui est très difficile à atteindre, aussi bien à cause de la dynamique des acteurs français, qui ont leurs raisons et qui cherchent à la transplanter, qu’à cause de la dynamique des acteurs argentins qui cherchent aussi à faire prévaloir leurs propres intérêts. Ainsi, le programme est pris dans une logique de pouvoir et démarre sur la base d’une inégalité profonde entre des instances considérées comme deux réalités socio-économiques nationales. L’action de la coopération doit se développer dans ce contexte complexe, étant donné qu’à travers ce programme chacune des institutions cherche à promouvoir ses propres intérêts, selon l’étape du projet.

Chaque acteur a ses intérêts particuliers, ce qui importe c’est leur précision à organiser un processus de négociation et de médiation qui aboutisse à un résultat commun.

Mots-clés

coopération internationale, habitat populaire, coopération décentralisée, coopération Nord Sud


, France, Argentine

Notes

Contact : Fondacion Riachuelo, Av. Independencia 2287 - CP 1225 - Ciudad de Buenos Aires, Argentina. Tel/fax (541)308 08 62

Entretien avec LAVIGNE, Enrique

Source

Entretien

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