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Du jumelage entre Evry en France et Esteli au Nicaragua à la coordination européenne - 2

Historique et réalisation

Sébastien LE RAY

10 / 1997

Le jumelage entre Evry (France)et Estelí (Nicaragua)date de 1985. Depuis, et malgré des obstacles (guerre, changements politiques...), cette coopération décentralisée continue de fonctionner en partenariat avec d’autres villes européennes (Bielefeld pour l’Allemagne, Delft pour les Pays-Bas, San Felín pour l’Espagne, Sheffield pour la Grande-Bretagne)et la Communauté Européenne. Aucun projet n’a été imposé par les villes du Nord, toutes les initiatives revenant aux Nicaraguayens. La coordination européenne se réunit, elle, deux fois par an dans une des cinq villes qui l’accueillent tout à tour.

Dans cette fiche, nous allons insister sur le contexte et l’historique de cette coopération pour revenir ensuite sur les projets et les réalisations effectuées au Nicaragua.

En 1984, lorsque le Comité "Salvador" d’Evry décide d’envoyer un groupe à la Ceïba (village proche d’Estelí)pour construire une école, le Nicaragua est sorti depuis 1979 de la dictature somoziste. Les premières élections libres vont confirmer le pouvoir du FSLN (Front de Libération Nationale Sandiniste)qui vient en quatre années d’accomplir une oeuvre remarquable : campagne d’alphabétisation, de vaccinations, réforme agraire...

Malheureusement, les "contras" (contre-révolutionnaires), soutenus par les USA, ont entrepris d’anéantir ces conquêtes. Le blocus décrété par les Etats-Unis va les y aider. Le bilan sera lourd : plus de 40.000 victimes (sur 3 millions d’habitants)et 13 milliards de dollars de dégâts vont provoquer une importante dégradation des conditions de vie et stopper l’évolution originale de ce petit pays.

Estelí, ville d’environ 70.000 habitants, située au nord du Nicaragua, est un centre administratif, agricole, commercial et scolaire important. Les populations chassées des campagnes par la guerre y affluent, ce qui accroît encore les difficultés. De nombreux groupes étrangers viennent apporter leur aide. Le maire d’Estelí présente à chacun un très important projet d’adduction d’eau potable, vital pour la santé des Estéliens; malheureusement, ce projet est beaucoup trop lourd, aucun groupe ne peut s’engager à le réaliser.

En 1985, un second groupe se rend à Estelí et mesure les difficultés, mais aussi l’enthousiasme de la population. En novembre, un jumelage naît entre Evry et Estelí. Le nouveau comité décide d’inviter aux cérémonies officielles les représentants de cinq villes européennes, croisés à Estelí, et de leur proposer d’unir leurs efforts pour réaliser le "projet eau". L’accord se fait immédiatement, une coordination est créée entre les cinq villes, à laquelle répond immédiatement une autre coordination, celle créée à Estelí par la municipalité, la région et l’INAA (Institut Nicaraguayen des Eaux). L’originalité et l’exemplarité du projet incitent la CEE à le financer à 75 %. Le Ministère français de la Coopération donne 350.000 F, la ville d’Evry s’engage à verser 1 F par an et par habitant. Estelí fournit la main-d’oeuvre. Villes et comités fourniront le reste. La Dritte Welt Haus (Maison du Tiers Monde)de Bielefeld, la ville allemande, se charge des finances et des relations avec la CEE, l’Institut des Techniques Appliquées de Delft (Pays-Bas)de la partie économique. Un coordinateur est nommé, chargé de représenter la coordination européenne et de gérer les projets sur place, en accord avec la coordination nicaraguayenne.

Les objectifs :

  • Réaliser le projet eau.

  • Soutenir un processus démocratique.

  • Faire connaître en Europe la situation économique et politique du Nicaragua.

  • Apprendre à travailler "ensemble", malgré les différences.

  • Contribuer à la construction d’une Europe plus juste, plus solidaire.

  • Echanger avec un pays du Sud.

Réalisation et nouvelles implications : Le "Projet eau" est mené à bien entre 1986 et 1990. La coordination se rend vite compte que l’arrivée de l’eau potable nécessite l’évacuation des eaux usées qui se déversent toutes dans le rio Estelí, sans aucun traitement.

Un second projet, le projet "Eaux usées", est donc soumis à la CEE, qui accepte de le financer à 50 %, les villes fournissant le reste, comme précédemment. Ce projet sera exécuté entre 1990 et 1992.

L’amélioration des conditions de vie (eau, écoles, centres de santé...)entraîne l’afflux de nouvelles populations à Estelí. D’où, nouveau problème : comment fixer les populations rurales ? Un troisième projet va tenter de proposer une alternative. C’est le projet "Miraflor", du nom d’un groupe de hameaux situés au nord d’Estelí. Il va entraîner l’élargissement de la coordination à un groupement de coopératives de la région de Miraflor (UCA)et à une ONG espagnole (ACSUR).

Il est à noter que tous les projets menés à bien par la coordination ou par les villes et comités en leur nom propre, l’ont toujours été à l’initiative des Nicaraguayens et avec leur participation, qu’il s’agisse de la municipalité ou d’organisations de base. Il s’est toujours agi d’un partenariat et non d’un assistanat.

Le projet "Miraflor" vise à la fois le développement agricole, le respect et l’amélioration de l’environnement. Des études sont d’abord menées, suivies de mesures visant à sortir de la monoculture en diversifiant les cultures et l’élevage, en augmentant les rendements par l’emploi d’engrais organiques, tout en protégeant l’environnement par une série d’actions : reboisement, plantation de haies, respect des courbes de niveau, etc. Le financement se fait au moyen de prêts rotatifs de durées variables suivant le produit concerné : de quelques mois pour les produits maraîchers à sept ans pour le café. A terme, ce projet, prévu pour une durée de quatre ans, devra être complètement pris en charge par les paysans, grâce à la formation qui leur est donnée : formation en administration, gestion et commercialisation.

Autres projets : En plus des grands projets, chaque ville ou comité a conservé ses propres petits projets.

Pour Evry : construction de 14 classes, d’un parc infantile, d’un centre de santé, d’une maison de quartier, d’un pont piétonnier ; électrification du village de la Ceïba ; construction de latrines, avec l’aide de Savigny-Tiers Monde ; envoi de matériel scolaire et de santé.

Mots-clés

coopération Nord Sud, coopération décentralisée, évaluation, coopération internationale


, France, Argentine, Europe, Évry, Estelí

Notes

Contact : Comité de jumelage Evry-Esteli c/o Maison du Monde - 32 allée Jean Rostand, 91000 Evry

Document original du projet de jumelage et comptes-rendus des deux dernières réunions de coordination.

Source

Document interne

GOBIN, Geneviève, //

CEDAL FRANCE (Centre d’Etude du Développement en Amérique Latine) - France - cedal (@) globenet.org

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