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Les programmes d’appui à la petite entreprise en Afrique de la coopération suisse : de la démarche projet à la démarche d’accompagnement

David NAUDET

02 / 1999

La question que l’on doit se poser devant l’expérience de la DDC est : quels sont les éléments qui ont permis cette innovation dans le partenariat, alors que la plupart des agences de coopération semblent avancer très difficilement dans cette voie ? Bien entendu, une première réponse est que ce sont les hommes concernés qui ont permis cela, et en particulier quelques-uns d’entre eux qui ont joué un rôle très important d’inspirateur de ces innovations. Mais à côté de cela quels sont les éléments de contexte institutionnel qui ont permis à ces innovateurs de s’exprimer et aux innovations de se développer et de convaincre ?

Dans ce sens, trois de ces éléments me semblent avoir joué un rôle prépondérant :

* un cadre stratégique léger basé sur la démarche et non sur le contenu

* de nombreux degrés de souplesse dans les procédures et les habitudes institutionnelles,

* une culture commune forte et spécifique de la DDC largement influencée par les contextes et les acteurs des pays partenaires.

Ces innovations ne vont pas sans un certain nombre de désagréments et de nouveaux questionnements (une plus grande prise de risque ne va pas sans contrepartie)qui ne sont pas l’objet de cette fiche. Il ne s’agit pas de présenter un modèle idéal mais de comprendre les éléments institutionnels (en plus des éléments humains)qui ont permis le développement d’une forme de partenariat original, afin de mieux comprendre les voies de l’innovation en matière de coopération.

Mots-clés

coopération


, Afrique de l’Ouest

Commentaire

Ce type de positionnement est instructif en ce qu’il est un aboutissement du désir de la coopération suisse de sortir de la culture du projet.

En ce sens, le programme d’appui à la petite entreprise de la coopération suisse est un exemple éclairant d’une action basée sur l’accompagnement des acteurs locaux.

Un des postulats de base de ce genre d’action est qu’"il n’y a pas d’autres acteurs que les acteurs locaux". La structure d’appui se doit donc d’occuper une place périphérique de soutien aux acteurs, et non pas de s’ériger comme si souvent comme un acteur en lui-même occupant le centre d’un réseau d’interrelations entre acteurs. Cette position périphérique est exigeante en terme de partenariat, d’écoute, de patience, de modestie des moyens et de manque de visibilité des résultats (il n’y a pas appropriation des résultats par le bailleur).

Un autre enseignement de ce type d’approche est la grande liberté donnée par les fonds souples. L’utilisation de ces derniers demandent beaucoup de finesse, de connaissance du contexte et des acteurs, de retenue et de règles d’éthique. On pourrait dire que le maniement des fonds souples est autant l’affaire d’"artistes du développement" que de professionnels du développement.

L’instrument en lui-même n’est bon qu’en ce qu’il permet, dans certaines circonstances d’utilisation, de déboucher sur des formes de partenariat satisfaisantes. Mais, le même instrument, en raison de la grande liberté qu’il confère, peut également prêter à des utilisations peu satisfaisantes et peu contrôlables. De fait les fonds souples exigent du personnel de l’organisation qui les utilise une confiance mutuelle et une culture commune, qui pallient en partie la souplesse de la programmation et du compte rendu. On peut comprendre que l’utilisation de fonds souples par de grandes organisations d’aide, où les relations entre agents sont largement basées sur des règles professionnelles, soit difficile dans son principe.

Notes

[Fiche produite dans le cadre du débat public "Acteurs et processus de la coopération", appelé à nourrir la prochaine Convention de Lomé (relations Union Européenne/Pays ACP). Lancé à l’initiative de la Commission Coopération et Développement du Parlement Européen et soutenu par la Commission Européenne, ce débat est animé par la FPH.]

Source

Rapport

Promotion de la petite entreprise en Afrique : une approche basée sur la demande, Direction du Développemen (Suisse)

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