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Soutien à la création d’une coopérative d’épargne et de crédit des femmes de Lomé - Togo -

La donation globale : un outil financier particulièrement flexible

Fabienne MICHALON

02 / 1999

Le programme "Echoppe" est né en 1990, à partir d’un constat sur les problèmes de pauvreté et de marginalité relevés sur la ville de Lomé au Togo, puis de Cotonou au Bénin. La réalisation de différentes enquêtes et études dans ces villes avait en effet montré l’intensité du processus de marginalisation en cours pour de nombreuses catégories de populations urbaines et les conséquences qui en résultaient sur le plan social. Aucun programme, à ce moment là, en dehors des actions directement centrées sur les jeunes de la rue, n’intervenait concrètement sur la pauvreté en ville et la marginalité.

Le programme "Echoppe" s’est articulé sur trois phases : - les deux premières phases avaient pour objectifs de permettre aux bénéficiaires d’accéder à des activités génératrices de revenus pour sortir de la précarité, afin ensuite d’être en mesure d’assumer leurs responsabilités sociales, notamment familiales. - la troisième phase visait l’autonomisation des bénéficiaires en les faisant accéder au statut de petits entrepreneurs insérés dans la société civile urbaine grâce à la création d’une coopérative.

La Coopérative d’épargne et de crédit (Coopec)des femmes est par conséquent un volet de ce programme "Echoppe". Elle a été créée en avril 1996. Ses ressources financières sont constituées des parts sociales souscrites par chacune des adhérentes (200 à ce jour), des intérêts perçus sur les prêts accordés et d’une subvention de fonctionnement de l’association "Echoppe".

Après une phase réussie d’insertion économique et sociale de femmes issues de milieux urbains défavorisés, l’objectif de l’action est de favoriser l’émergence de mécanismes d’autopromotion. Il s’agit, notamment à travers la création d’une caisse mutuelle d’épargne et de crédit, de donner à ces femmes les moyens matériels et institutionnels de poursuivre par elles-mêmes leur développement économique et social et de se former, par la participation concrète à la gestion d’une telle structure, à la responsabilité sociale et à l’engagement collectif.

Trois axes de formation sont programmés :

1)L’alphabétisation des membres de la Coopec. C’est un des facteurs essentiels d’émancipation et d’autopromotion. Cette alphabétisation ne doit pas être seulement fonctionnelle ni même seulement en langue vernaculaire, mais dans la langue de communication écrite.

2)Pédagogie active sur la responsabilité sociale et sur la participation à la vie collective, sous forme d’animations (communication audiovisuelle, jeux de rôle, théâtre, rencontres).

3)Création d’un fonds "d’action sociale" permettant à la Coopec d’intervenir sur des actions de sauvegarde sociale envers d’autres personnes extérieures à ses membres et d’initier ainsi le principe de la solidarité transversale (et non seulement communautaire).

Le groupe cible est constitué de femmes en situation économique difficile. Issues du programme "Echoppe", elles ont été ciblées à partir du critère suivant : mères de familles ayant à charge plusieurs enfants, n’ayant aucune source de subsistance que celle dégagée par leur propre travail. Les bénéficiaires exercent, en général, une activité économique dans le secteur du petit commerce ou de la transformation des produits alimentaires. Elles devraient atteindre le nombre de 600 femmes au terme de la première année de fonctionnement. Le budget total de cette Coopec est modeste puisqu’il atteint 60 000 FF dont 38 000 FF pour la contribution de la Commission Européenne sous forme de donation globale et 22 000 FF pour le CCFD.

Mots-clés

femme, coopérative d’épargne et de crédit, coopération UE ACP, initiative économique, outil financier


, Togo

Commentaire

La donation globale constitue un instrument de financement particulièrement flexible et rapide. En effet, il s’agit d’une somme globale (250 000 ECU au maximum)proposée à une association par l’Union Européenne. Cette somme est versée d’office chaque année, à la même date, ce qui permet de faire des prévisionnels d’une année sur l’autre. Pour être éligibles, les associations doivent avoir obtenu un cofinancement pendant trois années au cours des cinq dernières années. Avec cette enveloppe, l’association choisit elle-même ses projets qui peuvent aller, pour le CCFD, de seize à vingt selon les montants.

En utilisant cet instrument, les ONG et leurs partenaires dans les pays du Sud s’engagent à réaliser des "mini-actions" pour une durée de 12 mois (hors année civile). La participation communautaire se situe entre 1000 et 15 000 ECU par projet et ne peut dépasser 75 % du coût total du projet. Elle finance soit une action visant à la fourniture d’équipement et/ou à la mise en place de petites infrastructures, soit un soutien aux activités d’une organisation de base dans les pays en voie de développement (y compris les actions de formation). Cette deuxième grille est en général peu utilisée mais très intéressante en termes d’appui institutionnel.

Un dernier avantage des donations globales est qu’elles peuvent servir de test pour juger la fiabilité d’une organisation locale, sa rigueur, son respect des délais, et ceci dans la perspective de monter un projet de plus grande envergure.

Notes

Contacts : DUPONT, Nathalie, chargée de mission ; CARDOSO, Béatriz, assistante de direction.

E-mail : n.dupont@ccfd.asso.fr- Sources documentaires internes au CCFD.

[Fiche produite dans le cadre du débat public "Acteurs et processus de la coopération", appelé à nourrir la prochaine Convention de Lomé (relations Union Européenne/Pays ACP). Lancé à l’initiative de la Commission Coopération et Développement du Parlement Européen et soutenu par la Commission Européenne, ce débat est animé par la FPH.]

Source

Autre ; Document interne

CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) - 4 rue Jean Lantier, 75001 Paris, FRANCE - Tel 44 82 80 00 - Fax 01 44 82 81 43 - France - www.ccfd.asso.fr - webmaster (@) ccfd.asso.fr

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