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Appui au développement des petites activités économiques en milieu rural - Afrique du Sud

Un projet et les coulisses de son financement.

Fabienne MICHALON

01 / 1999

Une étude menée par l’Université du Natal montre que les revenus des ménages paysans proviennent pour la plus grande part d’activités non agricoles. La promotion de la petite entreprise constitue un facteur clé de réussite du développement rural. A cela s’ajoutent les possibilités limitées de la petite agriculture à créer des revenus ; il s’agit en effet principalement d’une agriculture de survie destinée à l’autoconsommation. Que l’on considère le milieu rural, périurbain et urbain, les mêmes contraintes demeurent pour la création de petites entreprises : manque d’accès à l’information, au crédit, à la formation intensive (courte durée)pour la gestion et les techniques. Ces carences, et plus généralement l’Arpartheid dans le passé, expliqueraient le faible développement des petites entreprises en Afrique du Sud, en dépit de la modernité de certains secteurs de l’économie. Une attention toute particulière devaient être également portée à la création de lieux de transfert de compétences entre les milieux urbain et rural.

Deux ONG locales, TTO (Triple Trust Organisation)et MENNGOS (Plate-forme d’ONG spécialisée dans le développement de la micro-entreprise)sont les initiateurs du projet. En effet, courant 1996, MENNGOS a été sollicitée par des organisations et des communautés rurales pour appuyer le développement et la création de micro-entreprises rurales. TTO, pour sa part, a réalisé une enquête relative à des personnes formées par ses services à Mowbray (Cape Town)et retournées en zone rurale au Transkeï. L’enquête a montré que les diverses formations étaient à l’origine d’une amélioration très sensible du niveau de vie des intéressés. Cette expérience pilote a servi de base méthodologique et budgétaire au volet TTO et MENNGOS du projet.

Les objectifs étaient de cinq ordres : - l’identification des besoins de formation par le biais d’ateliers réunissant divers acteurs (collectivités locales, ONG)- un transfert de compétences des ONG périurbaines - la formation de formateurs ruraux - l’organisation d’une liaison pérenne entre ces formateurs et les ONG périurbaines - et la dynamisation d’un regroupement déjà amorcé d’ONG sud-africaines en plate-forme afin de développer les échanges entre elles et à l’extérieur du pays.

Les bénéficiaires de l’action sont les communautés des zones rurales sélectionnées soit deux provinces, l’ex-Transkeï, ancien homeland, et la partie nord et nord/est du Western Cape. On peut distinguer trois sortes de bénéficiaires : les formateurs, les entrepreneurs sélectionnés pour les formations complémentaires et les villageois qui participent aux sessions de formation. Tous sont sélectionnés sur leur motivation, leurs aptitudes évaluées selon une méthodologie adaptée. Selon les premières indications, les femmes représenteront 60 à 80 % des bénéficiaires. Le budget total représente 5 millions de francs français, co-financé à hauteur de 48 % par l’Union Européenne et 11 % par le Ministère des Affaires Etrangères.

Mots-clés

coopération UE ACP, formation professionnelle, crédit, développement rural, création d’entreprise


, Afrique du Sud

Commentaire

Ce projet a été initialement présenté dans le cadre du Programme Prioritaire Afrique du Sud négocié entre le Ministère des Affaires Etrangères et les ONG françaises. Il constitue le volet rural d’un programme associatif plus général de soutien à des plates formes d’organisations sud-africaines, qui regroupent des instituts, des ONG de formation et des intermédiaires financiers. Le projet a été présenté à la Commission européenne en juin 1997 sur la ligne B7-6000 (DG VIII)et a fait l’objet d’une reformulation notamment au niveau budgétaire en février 1998. Il a finalement obtenu un accord de financement en janvier 1999, soit un an après le début du projet. Ce délai est en règle générale prévisible pour l’instruction des projets relevant de cette ligne budgétaire gérée par la DG VIII/A/4. Néanmoins, il doit être apprécié compte tenu du contexte particulier de l’année 1998, année au cours de laquelle le Service Commun Relex de la gestion de l’aide aux pays tiers (SCR)a mis été mis en place, et où plusieurs Directions Générales (DG VIII, I, IA, IB et ECHO)ont connu d’importantes et d’intensives restructurations. Il semble qu’une gestion anticipée de cet événement aurait pu éviter aux ONG d’en subir les conséquences fâcheuses.

Le projet a donc débuté avec les seuls fonds des associations du Nord et du Ministère des Affaires Etrangères. Ce décalage dans le versement des fonds entraîna différentes conséquences négatives : réduction des objectifs, problème de trésorerie. De plus, il va conduire les associations à "consommer" un budget de trois années en deux ans (plus de 900 000 FF), ce qui est une tâche peu aisée et oblige à retravailler différents objectifs. Enfin, les relations de travail se compliquent automatiquement vis-à-vis des autres financeurs (Ministère des Affaires Etrangères, ONG). Néanmoins, notons que ce phénomène est intéressant sur un point : il permit aux partenaires locaux de bien s’approprier le projet. Le respect de la dynamique des partenaires est en effet fondamental dans une perspective d’autonomisation et de renforcement institutionnel des acteurs de terrain.

Par ailleurs, une concertation entre la Délégation locale de l’Union Européenne et les partenaires locaux nous apparaît comme essentielle à promouvoir car elle permet à ces derniers de se faire connaître et de présenter leurs activités auprès des responsables communautaires ce qui facilite et accèlère le processus d’instruction au niveau de Bruxelles.

En conclusion, la population-cible se révèle néanmoins très désireuse de participer aux formations dispensées par TTO et MENNGOS et en exprima spontanément le besoin. De plus, les initiatives de formation sont rares dans ces régions éloignées de Cape Town. Après un an d’expérience, une évaluation montre que sur 89 personnes interviewées, 65% des personnes formées sont impliquées dans des activités génératrices de revenus et 39 ont démarré une micro-entreprise après la formation.

Notes

Contacts : MAYOL, Philippe, chargé de mission, et MANSUY, Véronique, chargée d’études. Sources documentaires internes au CCFD.

[Fiche produite dans le cadre du débat public "Acteurs et processus de la coopération", appelé à nourrir la prochaine Convention de Lomé (relations Union Européenne/Pays ACP). Lancé à l’initiative de la Commission Coopération et Développement du Parlement Européen et soutenu par la Commission Européenne, ce débat est animé par la FPH.]

Source

Autre ; Document interne

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