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Rôle des administrations et des ONG dans l’éxécution du PPAO : complémentarité ou concurrence ?

Lucie ATTIKPA TETEGAN, Aliou SALL

01 / 1999

La philosophie du Programme Régional "Valorisation des Captures de la Pêche Artisanale en Afrique de l’Ouest" (PPAO)conduit par l’ADEPA (Association Ouest Africaine pour le Développement de la Pêche Artisanale)depuis 1994, est basée sur une approche participative. Le choix d’une telle approche se justifie et même s’impose pour deux raisons :

* La demande croissante d’autonomisation de la part des populations à la base, qui n’acceptent plus qu’on décide à leur place ;

* Le besoin de plus en plus important de la part des acteurs sociaux à faire reconnaître leur rôle dans le développement. C’est le cas des ONG dont le rôle est de plus en plus reconnu. La preuve: ces ONG agissent au PPAO comme Partenaires Associés du Programme et apportent, en tant que tels, un appui indéniable aux organisations professionnelles de la filière Pêche Artisanale dans la région. Mais cette implication des ONG n’efface en rien la place importante qu’occupent et doivent occuper les Administrations des Pêches dans le Programme Régional.

En effet, les Administrations des Pêches ont joué un rôle important pour le démarrage du Programme. En plus de l’appui donné par certains Etats pris individuellement, les 15 Etats (Le Liberia est resté hors du Programme pour raison de conflits)ont joué un premier rôle important en donnant leur caution.

Cette caution collective se traduit par :

* La reconnaissance de l’ADEPA qui est l’Agence d’Exécution (AE)du Programme.

* La participation des directeurs des pêches aux différentes rencontres du Programme

* La présence active des directeurs au niveau du comité de suivi dont un des leurs est le président.

Malgré le soutien apporté jusque-là par les administrations des pêches, la réalisation des objectifs du Programme dépend, en grande partie, de la volonté politique de ces dernières à continuer à jouer pleinement leur rôle. Par la nature de certains problèmes qui sont des limites au développement de la filière, les Organisations Professionnelles, laissées à elles seules, auraient des difficultés à les surmonter, malgré la volonté des ONG qui les accompagnent. L’engagement politique des administrations reste donc un préalable, voire une condition sine qua non.

Elles occupent une place si importante que le Programme, dans la phase à 5 ans qui vient de s’achever, leur a réservé une ligne budgétaire de 200.000 Ecus. Malheureusement certaines administrations, ne comprenant pas cette place qu’elles occupent, ont, soit par manque d’informations, soit par conservatisme, boudé le PPAO. Au point où certains n’hésitaient pas à dire que l’ADEPA s’imposait à elles.

Cette attitude a au moins une fois bloqué des initiatives comme par exemple, lors de la réunion des Directeurs des pêches sur le crédit tenue à Dakar du 30 septembre au 2 octobre 1996, où l’ADEPA a voulu que les administrations fassent leur cette question de crédit, au point d’en introduire une requête à l’Union Européenne. Nous avons assisté à des réactions du genre : "vous n’allez pas encore nous faire avaler ça".

Mais au fur et à mesure que le Programme avançait, nous avons compris qu’il y avait un travail d’information à faire pour amener les administrations à mieux comprendre leur rôle. Ce travail qui s’est achevé pour la sous-région : Bénin, Côte d’Ivoire, Ghana, Nigéria, Togo par un séminaire à Accra (Ghana)qui a permis d’éclairer leur lanterne afin qu’elles ne prennent plus pour concurrentes, les ONG ou Partenaires Associés du Programme, mais plutôt comme des Partenaires qui ont besoin d’elles et qui ont également quelque chose à leur apporter.

Une rencontre du même genre devait également se tenir pour la sous-région pays côtiers Nord et sans littoral, dans le cadre du Devis-Programme AN II, qui n’a pas encore vu le jour.

Malheureusement, les évaluateurs connus par l’UE n’ont pas essayé de comprendre cette dynamique qui s’est déjà amorcée. Ils ont surtout vu des ONG qui prenaient la place des administrations, qui perdaient ainsi leur souveraineté.

Cette manière de voir les choses est même en contradiction avec la vision de l’Union Européenne à l’égard de la Société Civile.

Mots-clés

coopération UE ACP, pêche artisanale, coopération régionale


, Afrique de l’Ouest

dossier

Mettre la coopération européenne au service des acteurs et des processus de développement

Notes

[Fiche produite dans le cadre du débat public "Acteurs et processus de la coopération", appelé à nourrir la prochaine Convention de Lomé (relations Union Européenne/Pays ACP). Lancé à l’initiative de la Commission Coopération et Développement du Parlement Européen et soutenu par la Commission Européenne, ce débat est animé par la FPH.]

Source

Texte original

ADEPA (Association Ouest Africaine pour le Développement de la Pêche) - Cité Lobatt Fall. BP 958. Dakar, SÉNÉGAL - Tél/Fax. : (221) 854 98 13 - Sénégal - www.adepa-wadaf.org - contact (@) adepa-wadaf.org

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