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Le Comité de Liaison Europe - Afrique - Caraïbes - Pacifique

Une expérience originale de coopération décentralisée : la collaboration directe entre exportateurs horticoles des pays ACP et importateurs européens

Claudine JUSTAFRE

01 / 1999

Les nouvelles orientations de la coopération communautaire en faveur du développement du secteur privé trouvent un écho privilégié dans l’action du Comité de Liaison Europe - Afrique - Caraïbes - Pacifique (COLEACP), qui aide les exportateurs ACP à améliorer leur compétitivité en les mettant en relation directe avec les importateurs européens.

Le COLEACP joue un rôle d’interface neutre entre les institutions européennes et le secteur privé, à savoir les importateurs UE et les exportateurs ACP. Ce rôle de liaison se retrouve dans son statut et son mode de financement. Association interprofessionnelle, internationale et privée, le COLEACP a été créé en 1973 sous l’égide de la Division " Développement du Commerce " de la DGVIII. Son mode de financement est calqué sur le principe du " partage des ressources " défendu par la Commission Européenne : dans un souci de responsabilisation des bénéficiaires, le financement du FED, dans le cadre de contrats de programme triennaux, vient seulement en complément des contributions directes des professionnels.

Indépendant, le COLEACP se pose volontairement, et non juridiquement, comme un instrument communautaire de soutien au développement du secteur privé dans les pays ACP. Son réseau d’adhérents professionnels lui permet d’être très représentatif, puisqu’en prise directe avec les entreprises privées, tant du côté du marché que des filières. Le COLEACP a su instaurer des relations de confiance et construire un dialogue très constructif entre les professionnels de la filière. Le COLEACP intervient auprès de la division B 4 de la DG 8 pour faciliter la prise en compte des attentes des exportateurs et la définition d’axes de développement sectoriel. Sa spécialisation sur le secteur horticole (fruits tropicaux, légumes de contre-saison, fleurs, plantes ornementales et épices)lui permet de bâtir de véritables stratégies structurantes à long terme pour les filières ACP.

Le COLEACP a su réaménager ses actions conformément aux priorités communautaires, qui tendent à se focaliser sur l’émergence d’un environnement propice au développement du secteur privé. Ses interventions se sont diversifiées, pour englober l’information commerciale, l’assistance technique et la formation professionnelle.

Dans le cadre des orientations données par la DGVIII, il intervient essentiellement au niveau meso et au niveau micro, respectivement par la promotion de la coopération sectorielle avec les organisations professionnelles représentatives de l’exportation horticole ACP, et en aidant les entreprises privées exportatrices ACP à renforcer leurs positions commerciales.

La coopération dans le cadre du COLEACP n’a jamais été traitée par des consultants, mais est basée sur la concertation interprofessionnelle, ce qui en fait un instrument de liaison privilégié entre les sociétés du Nord et du Sud.

Au niveau micro, l’UE a pour objectif d’améliorer les capacités techniques, technologiques et de gestion, de favoriser la formation professionnelle, et d’améliorer l’information de l’entrepreneur sur les opportunités et le financement des marchés. Dans ce cadre, le COLEACP propose des services de perfectionnement professionnel en marketing, et parie sur le développement de contacts commerciaux pour permettre des transferts de savoir-faire. En matière de formation professionnelle, le COLEACP concentre ses efforts sur la mise en place de démarches Qualité par les entreprises exportatrices, dans une optique de professionnalisme accrue de la filière. En effet, l’exportateur ACP, désormais soumis à une obligation de résultat, est dans l’obligation de répondre à une demande européenne de plus en plus stricte en faveur de conditions de production socialement et environnementalement fiables. Pour garantir la qualité de son produit, l’exportateur fait la plupart du temps appel à des organismes de contrôles extérieurs et indépendants, très coûteux, ce qui risque de l’entraîner dans la spirale de la concurrence entre labels commerciaux. Pour contrer cette appropriation des audits qualité par les organismes européens, le COLEACP a soutenu le développement d’une expertise ACP de contrôle indépendant.

Certes, de nombreux codes de pratiques dans le secteur horticole ont déjà été développés par les associations d’exportateurs en Afrique de l’Est et du Sud. Mais le risque de confusion au niveau des importateurs européens entre les différents standards militait pour leur harmonisation dans un cadre régional. Le COLEACP a ainsi pris l’initiative d’encourager à harmoniser leurs codes les associations professionnelles du Kenya, de Tanzanie, d’Ouganda, de Zambie et du Zimbabwe. Un cadre générique a effectivement été adopté en septembre 1998, dont l’objectif est de promouvoir des processus de production responsables et sûrs dans le secteur horticole africain, à travers la définition de standards minimums en matière de respect des conditions de travail, de l’environnement et de la sécurité alimentaire.

En matière de capacité de gestion, le COLEACP part du constat que la logistique est devenu un facteur déterminant de la compétitivité des exportations horticoles ACP-UE. C’est pourquoi il travaille à renforcer les capacités de gestion des entreprises privées exportatrices dans ce domaine, en préparant notamment une enquête sur les moyens d’améliorer la gestion du fret et un guide de la logistique des produits périssables, ou en proposant des perfectionnements spécifiques.

Enfin, dans la continuité du soutien apporté par la Commission Européenne à la création de services financiers adaptés au marché, le COLEACP participe à une action de sensibilisation des institutions financières. Ainsi, lors de l’atelier tenu au Cameroun en janvier 1998, banquiers et exportateurs ont confronté leurs points de vue à l’occasion de simulations de demandes de crédit de campagne et d’investissement. Les résultats de cet atelier devraient poser les bases d’un guide devant faciliter les démarches de recherche de financement par les entreprises.

Mots-clés

coopération UE ACP, coopération décentralisée, secteur privé


, Pays ACP

Commentaire

Le souci européen de décentraliser la coopération donne une légitimité accrue à des instruments tel que le COLEACP pour concrétiser le partenariat UE - ACP.

Notes

Catherine Guichard est déléguée générale du COLEACP.

Site Internet du GEMDEV : http ://www.univ-paris1.fr/GEMDEV.

Entretien du 1999/01/26.

[Fiche produite dans le cadre du débat public "Acteurs et processus de la coopération", appelé à nourrir la prochaine Convention de Lomé (relations Union Européenne/Pays ACP). Lancé à l’initiative de la Commission Coopération et Développement du Parlement Européen et soutenu par la Commission Européenne, ce débat est animé par la FPH.]

Entretien avec GUICHARD, Catherine

Source

Entretien

GEMDEV (Groupement Economie Mondiale Tiers Monde Développement) - Centre Malher, 9 rue Malher, 75181 Paris Cedex 04, FRANCE - Tél 01 44 78 33 15 - Fax 01 44 78 33 88 - France - www.gemdev.org - gemdev (@) univ-paris1.fr

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