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Charte pour le développement de la micro et petite entreprise en Afrique

Rencontres de Conakry 1996, Ouagadougou 1997 et Bamako 1998

Pierre Yves GUIHENEUF

04 / 1999

La très petite entreprise et l’artisanat ont été les grands ignorés des politiques de développement économique en Afrique, les chercheurs eux-mêmes n’ont découvert que tardivement le secteur informel. Des rencontres soutenues par la FPH, en lien avec des partenaires locaux, ont eu pour objet de bâtir un Réseau d’appui à la micro et petite entreprise (RAMPE)et de définir un ensemble de recommandations, regroupées dans une charte. Les principes de cette charte sont les suivants :

1. Une politique de développement des initiatives économiques doit assurer le développement de l’ensemble des acteurs économiques et des activités génératrices de revenus. Il faut tenir compte des spécificités et des potentialités de chacun pour élaborer des outils appropriés.

2. Une politique d’appui à la micro et petite entreprise (MPE)doit répondre à l’ensemble des besoins et pas seulement aux besoins financiers. L’accompagnement, la formation, le conseil en gestion, la recherche de nouveaux marchés, etc. doivent constituer des prestations articulés entre elles et avec la fourniture de l’appui financier.

3. La mise en uvre d’une politique d’appui à la MPE repose sur des acteurs différents et doit être satisfaite dans un souci de coordination permanente. Bailleurs de fonds, État, collectivités locales, banques, grandes entreprises et bénévoles peuvent être mieux mobilisées : des expériences innovantes montrent que cela est possible.

4. L’appui aux MPE doit être inscrit dans la durée. Dès leur origine, les dispositifs d’appui doivent être conçus pour être pérennes et viables, y compris sur le plan social, humain, juridique et commercial.

5. Les dispositifs d’appui doivent proposer des prestations de qualité, qui prennent en compte les besoins exprimés par les entrepreneurs.

6. Les dispositifs d’appui sont eux-mêmes des entreprises. Leur logique s’inscrit dans une définition claire de leur mission, une bonne gestion des ressources, une diversification des moyens, un souci permanent de lier recherche, action et développement.

7. L’appui aux MPE est un métier nouveau. Il nécessite une gestion spécifique, des compétences humaines fortes et une connaissance réelle des besoins.

8. La conception du montage institutionnel doit prévaloir sur le choix de la forme juridique et la déterminer.

9. Les dispositifs d’appui doivent faire évoluer le cadre réglementaire existant afin de pouvoir exercer et faire évoluer leur métier dans les conditons les plus adaptées à la réalité.

10. Une politique d’appui aux MPE doit renforcer et faire reconnaître les organisations professionnelles, représentatives et transparentes, issues d’une dynamique propre des acteurs.

11. Il faut entretenir la dynamique des organisations professionnelles en leur permettant de répondre aux besoins de leurs membres grâce à un réseau d’accompagnement et à une bonne concertation avec les partenaires, en trouvant les ressources nécessaires.

12. L’Etat doit jouer un rôle de facilitateur (reconnaissance, simplification des contraintes administratives, amélioration de l’environnement)et de régulateur (mise en place de cadres de concertation pour l’élaboration d’une législation et d’une réglementation adaptées aux MPE et aux dispositifs d’appui).

13. Les collectivités locales doivent se positioner comme un partenaire important des dispositifs d’appui.

14. État et collectivités locales peuvent améliorer l’environnement des MPE par des contrats passés avec les structures de services, des soutiens aux entrepreneurs pour l’accès à ces services et la mise en place de fonds d’appui.

15. Les bailleurs de fonds doivent évaluer régulièrement les dispositifs qu’ils soutiennent, afin de s’assurer de la cohérence des objectifs par rapport aux besoins, d’évaluer leurs performances et leur niveau d’efficacité, de dégager les difficultés éventuelles pour proposer des aménagements, de rendre transparent le coût des services (crédit, appui-conseil, formation)et leur mode de prise en charge (facturation, subvention)dans une perspective d’équilibre financier.

16. Les bailleurs de fonds doivent soutenir les dispsoitifs déjà appuyés par d’autres et coordonner leurs actions de façon à couvrir harmonieusement leurs besoins et à éviter la relation "un bailleur de fonds-un dispositif".

Mots-clés

secteur informel, bailleur de fonds, artisanat, petite et moyenne entreprise


, Afrique

Source

Livre

CHAZE, Catherine; TRAORE, Félicité, CIDR; RAMPE, Charte pour le développement de la micro et petite entreprise en Afrique, Charles Léopold Mayer in. Document de travail, 1998 (France), n° 108

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