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Les Africains écrivent pour les Africains : un exemple d’utilisation de DPH

Réalisation de fiches Dph pendant la rencontre Elus-Habitants-Professionnels, Dakar, 1-8 février 1998

Vladimir UGARTE

03 / 1998

Pendant le voyage de Jimmy Lepante et Vladimir Ugarte (membres de la FPH)en août 97 dans quatre pays africains (Zimbabwe, Cameroun, Bénin et Sénégal), une formation Dph, centrée sur la rédaction des fiches, fut organisée avec les partenaires de Dakar impliqués dans le programme ETA4 de la Fondation. La formation a duré 2 jours avec 8 personnes qui n’avaient aucune connaissance de DPH à l’exception du Credetip.

La première demi-journée a été consacrée à la présentation de chacun et à une courte présentation du système DPH. La deuxième demi-journée fut consacrée à constituer 4 binômes qui s’interviewèrent ensuite mutuellement pour "accoucher" les expériences (2 fois 30 mn).

Par la suite un témoignage fut présenté au reste du groupe et un débat s’engagea par rapport au récit. Quelques recommandations furent proposées collectivement et débattues pour l’améliorer. A la fin, chacun devait retravailler sa fiche pour le lendemain. La deuxième journée fut consacrée à la lecture des fiches restantes selon la méthode de la veille. Chaque remarque des participants était inscrite au tableau. Une attention particulière fut donnée à la ré-écriture des titres, et à pointer les difficultés rencontrées dans la méthode. Les deux animateurs eurent comme fonction de susciter le débat plutôt que de donner des règles et des instructions. L’après-midi, une fiche fut choisie et il fut demandé à chaque participant de proposer par écrit 8 mot-clés servant à illustrer l’histoire. Tous les mots-clés furent notés au tableau avec leur nombre d’occurrences. Par la suite, les ensembles on été regroupés par voisinages. Une explication de l’importance des mot-clés dans le système DPH fut donnée en faisant ressortir les liens entre les problèmes soulevés par la fiche. La journée se termina par une évaluation et par un débat sur les perspectives de travail : le lancement d’un processus de développement d’un réseau panafricain d’échanges d’expériences auquel chacun était invité à participer.

Il s’agissait ensuite de mettre en forme l’expérience des participants de la rencontre Habitants-Elus-Professionnels de Dakar de février 98 et en assurer le recueil par le biais du système DPH. Car l’expérience montre que le traitement des contributions après une rencontre est beaucoup plus difficile : à cause de la "baisse de régime" post-rencontre ; du fait que les partenaires partent chacun dans leurs pays et qu’il est très difficile de les relancer par la suite ; par la somme de travail que cela implique une fois la rencontre terminée. Pour pallier à ces difficultés nous avons décidé de rédiger les fiches d’expérience "à chaud", pendant la rencontre elle-même. Les atouts d’une telle méthode étaient le fait que la fiche DPH sert bien le jeu du témoignage, que les récits courts (d’une ou deux pages)obligent à aller à l’essentiel et qu’un style journalistique ajoute du piment à la chose. En plus la petite équipe formée un an auparavant était épaulée d’une excellente secrétaire pouvant assurer la saisie en direct des textes, et nous disposions d’un micro-ordinateur portable dédié à la tâche.

Nous avons constitué un groupe DPH pendant la rencontre avec cinq des partenaires formés en août 97. Ce groupe s’est réuni le premier jour pour accoucher d’une méthode à suivre : dépouillement des sources d’informations déjà disponibles (textes envoyés par les participants aux organisateurs de la rencontre), sélection des notes susceptibles de constituer des fiches d’expérience. Nous avons décidé de participer à tous les ateliers des deux premiers jours pour identifier les personnes ressources. Par la suite, chacun s’est chargé d’interviewer cinq partenaires soit pour écrire des nouvelles fiches, soit pour obtenir des compléments d’information. La partie la plus importante du dispositif était la réunion du comité de lecture. En effet une fois la fiche écrite à partir de l’interview, le groupe se réunissait pour lire la fiche, la commenter, l’évaluer et prévoir les modifications nécessaires. Ainsi plusieurs aller-retours furent assurés entre les rédacteurs et les participants. Ainsi, un dossier sera distribué aux participants, comprenant l’ensemble des fiches rédigées et regroupées en fonction de la structuration des thèmes de la rencontre. Ce recueil sera une des premières briques de la mémoire de ce réseau qui cherche à naître. Le "Comité de rédaction" s’est constitué en pôle Dph. Ce groupe fera partie du réseau panafricain qui sera créé au cours de l’année avec d’autres partenaires africains.

Mots-clés

méthodologie, communication et culture, réseau d’échange d’expériences, valorisation de l’expérience


, Afrique, Sénégal

Commentaire

Ce que nous avons appris :

1/ Pendant la formation et pendant les travaux pratiques, la priorité était d’"d’apprendre à raconter" les histoires, pour dégager les leçons simples de la façon la plus claire possible. Nous voulions éviter le piège de la présentation signalético/institutionnelle des "projets" de développement. Cette logique, très utilisée en Afrique, semble être le produit des rapports des ONG africaines avec les bailleurs de fonds, où il n’est dit que ce que ces derniers veulent entendre .

2/ Pendant les travaux pratiques, le fait que ce soit les Africains eux-mêmes qui mènent l’enquête et interviewent d’autres Africains était un facteur important pour éviter le piège des "projets". Ma grande mère disait souvent "entre gitans, on se ne regarde pas les lignes de la main", ce fut le cas apparemment pendant la rencontre et nous prenions plaisir dans le "comité de lecture" chaque matin à commenter les détours qu’il fallait constamment inventer pour amener les gens à tirer l’essentiel de leurs enseignements.

3/ L’alternance entre ateliers et plénières nous permettait de décider à quel moment on participait à ces dernières pour avoir une vue d’ensemble ; les organisateurs de la rencontre avaient bien fait de demander expressément aux participants d’apporter leur témoignage par écrit ; la confiance entre les membres du groupe est un facteur déterminant.

Notes

Participants : l’équipe était constituée des partenaires ayant suivi la formation dph en Août 97 à Dakar : Mme Tabara Mbaye. DASS/Ville de Dakar. Tél. : (221)821. 58. 38 Dakar - Sénégal ; Aïssatou Sene DASS/Ville de Dakar. Tél. : (221)821. 58. 38 Dakar - Sénégal ; Abdoulaye Ndoye. CREDITIP. B. P. 3916 Dakar Sénégal. Tél. : (221)821. 94. 62. Fax : (221)821. 94. 63 ; Alexandre Ndione. Groupement Thialy 2000, BP 3322 THIES. Sénégal.Tel. : (221)851 32 94 Mr Djibril Gueye. Centre Africain de Développement Urbain -CADU. B. P. 15339 Dakar - Fann. Tél : (221)824 61 82

Source

Récit d’expérience

(France)

FPH (Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme) - 38 rue Saint-Sabin, 75011 Paris, FRANCE - Tél. 33 (0)1 43 14 75 75 - Fax 33 (0)1 43 14 75 99 - France - www.fph.ch - paris (@) fph.fr

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