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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Rencontre interafricaine de Dakar, février 1998

De la construction de la parole des habitants à la rédaction d’une déclaration : un ordre du jour adapté, une gestion collective et multiculturelle serrée

Karine GOASMAT

07 / 1998

La rencontre a réuni, durant une semaine, les habitants, les professionnels et les élus locaux, soit environ 90 personnes de 10 pays d’Afrique de l’Ouest, quelques participants d’Europe et d’Amérique Latine. Elle s’inscrivait dans la suite des rencontres de Caracas (1991), de Salvador (1993)et d’Istanbul (1996)et répondait à une invitation du Maire de Dakar et au souhait d’un habitant africain, tous deux présents à Istanbul en juin 96. Sa préparation a pris une année.

Dans un premier temps, nous avons identifié des partenaires puis participé à la mise en place d’un comité de pilotage. Un habitant africain a ensuite rencontré les participants potentiels lors d’une tournée dans 10 pays africains, accompagné au début d’une participante d’Amérique Latine, puis d’un membre du comité de pilotage. La liste des participants finalisée, des dossiers préparatoires ont été envoyés aux invités.

La rencontre peut se décomposer en 3 temps : 1. Processus d’élaboration de la parole des habitants : les 3 premiers jours ont été consacrés à la structuration de la parole du collège habitants. Des groupes de travail ont été organisés durant lesquels des preneurs de notes ont synthétisé les échanges. La mise en commun des différents comptes-rendus a permis la mise en lumière d’"idées force" présentées en séance d’ouverture. Une équipe DPH a interviewé les participants sur la base des documents apportés. A la fin de la rencontre une trentaine de fiches DPH étaient dans "la boîte". Cette démarche est apparue complémentaire à la méthode de structuration de la parole des habitants.

2. La rencontre : au 4ème jour nous changions de lieu et rencontrions les représentants des autres collèges. Cinq thèmes de travail en atelier ont été proposés dont les sujets avaient été envoyés aux participants préalablement. Chacun de ces ateliers (4 furent retenus)était le lieu de mise en débat d’idées des représentants de chaque collège. Les habitants, grâce au travail effectué au préalable, ont pu se positionner en véritables interlocuteurs face aux maires et professionnels. Là encore, le travail des preneurs de note a servi de support de réflexion et a permis de dégager les points clé repris dans la déclaration finale.

3. La déclaration de Dakar : au 6ème jour une dizaine de personnes (habitants et professionnels africains, équipe FPH)ont dégagé les "idées force". Un débat s’est alors engagé autours de quelques questions, principalement au sein de l’équipe FPH sur : s’inspire-t-on de la déclaration de Salvador ou de la "Parole d’habitants" d’Istanbul ? Quelle est la portée de l’une et de l’autre ? Quelle est la mieux adaptée au contexte africain ? A ce stade de la rencontre nous nous sommes aperçus que les "imaginaires" de chacun sur l’objectif de la rencontre divergeaient sur certains points. Néanmoins, l’ambition commune était d’en faire un véritable support de travail sur lequel pourraient s’appuyer les habitants pour notamment pouvoir interpeller leurs maires respectifs. C’est pour cela que la déclaration élaborée est du type cahier des charges. Elle a ensuite été lue en plénière finale, juste après le compte rendu des maires sur la sécurité urbaine en Afrique, (forum d’une journée greffé sur la rencontre). Notons que les maires ont retardé leur départ pour assister à sa lecture, mais qui n’a pu être suivie d’un débat. Sans doute fallait-il prévoir une journée supplémentaire pour valider cette déclaration.

Remarques générales sur :

1. L’organisation : au début, nous comptions sur le comité de pilotage pour porter pleinement l’organisation de la rencontre. Les problèmes de communication, les relations entre les professionnels eux-mêmes et avec les maires n’étant pas toujours faciles, la différence de rythmes, mais aussi notre méconnaissance des réalités du terrain et de nos partenaires nous ont amené à nous impliquer de façon croissante dans le processus d’organisation.

2. Les cofinancements : nous avions obtenu des cofinancements du Ministère de la Coopération et de l’Union Européenne (c’est une première pour la Fondation !). N’étant que l’intermédiaire de cette demande, nous espérions jouer la carte du partenariat en proposant à l’un de nos partenaires de recevoir et de gérer l’argent mais, pour cause de "mésentente" avec un des partenaires, la fondation a été désignée comme bénéficiaire. Cela a également alourdi notre rôle dans l’organisation de cette rencontre.

3. Le partenariat : dans l’ensemble cela a été très fructueux mais il me semble important de souligner que notre relation avec notre principal interlocuteur et habitant africain a aussi été cause de tensions. Il a certes joué un rôle déterminant dans la réalisation de cette rencontre tant sur le fond que sur la forme, mais le manque de clarté sur les limites de sa représentation de la Fondation a entraîné des désaccords dus à notre propre difficulté à se concerter (avant et sur place), chacun étant pris dans son rôle.

4. Les suites : même si les habitants africains se sont réunis pour discuter du réseau d’habitants et pour se mettre d’accord sur le rôle de chacun, l’absence de structure établie fait naître quelques incertitudes quant aux éventuelles suites. Il nous semble nécessaire aujourd’hui de chercher davantage à s’appuyer sur une structure existante pour lancer le processus, structure qui posséderait déjà un minimum de moyens logistiques et une volonté de ne pas s’approprier le réseau.

Mots-clés

méthodologie, participation des habitants, ONG, réseau de citoyens, Etat et société civile, diversité culturelle


, Afrique, Sénégal, Dakar

Commentaire

Certaines choses prévues n’ont pas eu lieu telle que l’exposition des objets amenés par les habitants, d’autres ont regretté de ne pas avoir suffisamment eu de temps pour faire connaissance et partager leurs idées. La durée d’une semaine prévue au début du processus s’est révélée n’être pas suffisante notamment parce que la rencontre s’est trouvée couplée à d’autres tel le "forum des maires africains sur la sécurité" ou bien encore la rencontre sur la violence urbaine. Aussi, le nombre de participants initialement prévu s’est vu grossir. Toutefois, cette rencontre a, dans l’ensemble, été une belle réussite. Mais probablement que si nous avions pris le temps de nous concerter, de mettre davantage en commun la manière dont chacun imaginait les choses, cela aurait sûrement évité des divergences tardives, voire des oppositions parfois inutiles (mais utiles pour l’avenir...).

Notes

Sur cette rencontre voir également le Dossier à Fenêtre (DF)N°104, publication de la FPH.

Source

Récit d’expérience

(France)

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