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Rencontre annuelle du réseau DPH au Sri Lanka (janvier 1997)

Quelles conditions pour un fonctionnement efficace de l’interprétation simultanée avec des semi-professionnels?

Lydia NICOLLET

04 / 1998

La rencontre annuelle du réseau DPH (Dialogue pour le progrès de l’Humanité)s’est déroulée à Colombo, Sri Lanka, pendant une semaine. Elle regroupait les membres internationaux de DPH, en provenance d’Asie, d’Amérique Latine, d’Amérique Centrale et d’Europe. Les langues de travail étaient le français, l’anglais et l’espagnol.

Compte tenu du nombre de participants et pour ne pas perdre de temps avec des interprétations consécutives ou de liaison (l’intervenant parle, puis ensuite l’interprète traduit), il a été décidé de travailler avec une équipe d’interprètes simultanés. Il fallait donc monter l’équipe, trouver des personnes de qualité mais non professionnels certifiés car le budget ne le permettait pas (le tarif professionnel d’un interprète oscille autour de 3000FFR/jour!), en nombre suffisant, dans les bonnes langues de travail et disponibles pendant 10 jours! L’intérêt de se tourner vers des non professionnels de l’interprétation (mais tous professionnels de la traduction)est double : ils coûtent moins cher, et on peut cibler des personnes intéressées par le thème et donc qui s’investissent avec d’autant plus de plaisir. Première étape : déterminer combien de personnes il fallait, et pour quelles combinaisons linguistiques. Un petit montage un peu compliqué, car il faut ensuite trouver les personnes pour ces combinaisons ! Bref pour trois langues, il fallait six personnes : une pour chaque combinaison (fr-ang,ang-fr, esp-fr, fr-esp, ang-esp, esp-ang)et, même si les interprètes ensuite travaillaient dans les deux sens (ex : fr-ang + ang-fr), il était de toute façon important qu’ils soient par équipe de deux pour chaque couple de langue, car, travaillant dans les mêmes cabines d’interprétation, ils pouvaient ainsi s’aider et se relayer. Comment trouver cette équipe de personnes ? En faisant marcher le réseau de contacts déjà existant au sein de DPH et autour (la FPH commence à avoir une expérience et des contacts parmi les traducteurs et interprètes familiers de nos thèmes et méthodes de travail). D’autres pistes intéressantes pour trouver des personnes disponibles et de qualité : les écoles de traduction et d’interprétation et leurs bureau d’étudiants, qui recherchent souvent des stages. A Paris il s’agit de l’ISIT et de l’ESIT ; sinon les écoles situées dans le lieu de la rencontre.

Un contexte matériel favorable

Il fallait aussi trouver un lieu pour la rencontre adapté aux besoins de l’interprétation. Deux solutions : soit on trouvait une salle aménagée (cabines d’interprétation, micros, casques...)soit on louait le matériel à une société qui l’installait dans une salle de réunion adaptée pour(espace, prises électriques...). Vladimir Ugarte co-organisait la rencontre avec Sunimal Fernando, d’INASIA, et son équipe. Ils ont finalement trouvé un hôtel qui proposait des salles de conférence avec matériel d’interprétation. Les prix étaient raisonnables. L’avantage du point de vue de la traduction était énorme : matériel de bonne qualité, équipe de techniciens sur place, bref des conditions rêvées pour traduire, surtout dans des pays où les conditions matérielles ne sont pas toujours les meilleures. En revanche, l’inconvénient fut de se trouver dans un lieu trop sophistiqué.

Un gros travail préparatoire par les organisateurs et entre les interprètes

La qualité des interprétations dépend des personnes, des conditions mais aussi du travail réalisé en amont. Aussi, avant la rencontre avaient été envoyés des documents aux interprètes pour qu’ils se familiarisent avec le thème traité et la terminologie propre à la réunion (noms propres, sigles...). Ensuite les interprètes ont été mis en contact entre eux par e-mail et par une réunion physique pour les parisiens. Une personne de l’équipe d’interprètes s’est proposée pour assumer la coordination pour ces échanges en amont. Ensuite les interprètes ont fait un travail préparatoire entre eux : recherche du vocabulaire technique et spécifique à la rencontre avec les documents fournis, élaboration d’un petit glossaire, partage du travail et des résultats. Les interprètes proches géographiquement ont pu également s’entraîner ensemble à l’interprétation sur les thèmes de la rencontre. Cela fut utile à la fois pour l’exercice et pour la connaissance mutuelle. Bref, l’équipe était montée, préparée et soudée. C’est important car le travail se fait en équipe, il est intense et une bonne ambiance est essentielle.

Le droit à l’erreur des interprètes

Dès le début de la rencontre, il a été expliqué que les interprètes étaient tous traducteurs mais non professionnels certifiés en interprétation simultanée, autrement dit l’indulgence était demandée. Cette intervention fut importante à la fois pour que les participants ne tiquent pas sur les possibles erreurs de traduction et pour mettre en confiance les interprètes eux-mêmes. L’ambiance devient alors propice, les interprètes peuvent ensuite, si nécessaire, intervenir pour faire répéter. La convivialité mêlée au sérieux a été très positive.

Un rythme de travail intense mais humain

Un autre facteur qui a permis de garder le rythme et la qualité des interprétations jusqu’au bout : l’ordre du jour. Il était intense mais assez équilibré, avec des temps de travail en plénière et des temps de travail informels autour d’un repas. Cela nous permettait de faire des coupures et de se reposer un peu pour attaquer les sessions de l’après-midi. Le soir, finies les plénières, donc plus d’interprétation simultanée. Nous tournions lorsqu’il fallait interpréter dans les réunions informelles nocturnes, l’ambiance y était de toutes façons beaucoup plus décontractée.

Mots-clés

méthodologie


, Sri Lanka, Colombo

Commentaire

Les éléments clé pour organiser une rencontre avec interprétation peuvent se résumer en trois mots : du temps, des personnes et des moyens. Mais surtout, du temps et des personnes, car les moyens restent raisonnables si l’équipe est semi bénévole. C’est surtout le matériel qui peut être coûteux. Des personnes : Il faut qu’un membre de l’équipe d’organisation de la rencontre soit en charge de la question, et qu’il soit de préférence en contact permanent avec un professionnel pour avoir un avis et des conseils pendant cette préparation. Du temps : il faut s’occuper sérieusement de la question très en amont de la rencontre. Nous l’avons vu au cours d’autres réunions, monter un système d’interprétation mal préparé peut donner des résultats très négatifs car décrédibiliser le sérieux de la rencontre et retarder son rythme plutôt que de faire gagner du temps.

Notes

Pour avoir un exemple de la préparation technique du système d’interprétation, voir fiche de suivi N° 7402, document interne FPH.

Source

Récit d’expérience

(France)

FPH (Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme) - 38 rue Saint-Sabin, 75011 Paris, FRANCE - Tél. 33 (0)1 43 14 75 75 - Fax 33 (0)1 43 14 75 99 - France - www.fph.ch - paris (@) fph.fr

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