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Au Laos, une association de paysans transforme les fruits sauvages en confitures et jus de fruits

Odile ALBERT

04 / 1998

La République démocratique du Laos est un des pays les plus pauvres de la planète. Ce pays, un des derniers pays sous régime communiste, compte à peine 5 millions d’habitants. Il est totalement enclavé dans la péninsule indochinoise et entouré de voisins plus puissants. Une politique d’ouverture économique est menée depuis quelques années, permettant au Laos d’obtenir un taux de croissance à peu près satisfaisant. Néanmoins, le Laos ne possède pratiquement pas d’industrie, à part une petite activité textile. Il importe la plupart de ses biens de consommation et d’équipement, même le riz. Ses seules ressources sont : le potentiel hydro-électrique du Mékong et le bois. A l’heure actuelle, 85 % des Laotiens vivent en milieu rural dans une économie d’autarcie et utilisent le troc.

C’est dans la région de Kasi, région pauvre et montagneuse du pays, que s’est créée une association de soutien au développement des sociétés paysannes dont les principaux objectifs sont l’amélioration du niveau de vie des paysans, la protection des forêts et l’amélioration de l’éducation et de la santé.

L’association a développé l’irrigation au moyen de barrages en gabion, faits en pierre et fil de fer. Cette technique peu coûteuse s’est rapidement développée et a permis à la région de devenir excédentaire en riz et premier producteur au Laos pour les productions d’arachides, de pastèques et de maïs.

Apporter une plus-value aux ressources naturelles

Puis cette association a eu l’idée de développer une activité de transformation des produits agricoles. Les pamplemousses et les oranges poussent à l’état sauvage dans les villages et ne sont pas utilisés par les paysans. Ils sont mangés par les cochons. Le tamarin pousse également à l’état sauvage. Dans ces conditions, il était intéressant d’utiliser tous ces fruits et de leur ajouter une valeur marchande en les transformant en pâtes de fruits, confitures ou jus de fruits. Cette initiative fait figure d’innovation et a valu les félicitations du gouverneur de la banque de Vientiane.

La transformation en mélasse est faite par les femmes, à domicile. Le sucre utilisé pour le tamarin provient du marché local. C’est un sucre brun non raffiné. Pour l’ananas et le pamplemousse, on utilise un sucre blanc importé de Thaïlande afin de respecter la couleur des fruits. La mélasse est transformée en confiture à Vientiane dans l’usine Lao Farmer Products. Puis, elle est conditionnée dans des pots qui sont achetés d’occasion en Thaïlande et lavés sous contrôle pour respecter les normes d’hygiène et de qualité des pays européens. Malheureusement, le fournisseur thaïlandais de bocaux a refusé de continuer à vendre des verres d’occasion, imposant ses produits neufs et ses prix.

Des besoins financiers pour développer les activités

La commercialisation des confitures se fait sur les marchés locaux, dont celui de Vientiane, mais les débouchés sont assez restreints et il a fallu trouver des marchés à l’exportation. Solidar’Monde, la centrale d’achat française des magasins Artisans du Monde, a accepté ce partenariat et commercialise ces produits. Il a préfinancé les premiers achats en pectine, sucre et bocaux. Par la suite, l’association a acheté un autoclave grâce à un prêt du CCSP, Coopérative d’épargne et de crédit pour soutenir des petites unités de production. Cette coopérative d’épargne, mise en place par la SIDI, société d’investissement et de développement international, octroie des prêts de faibles montants pour aider les activités artisanales ou agricoles au Laos.

Des résultats encourageants

Depuis 1995, près de 100 000 pots de confiture et 50 000 bouteilles de jus de fruits ont été fabriqués sur ces deux lieux de production. 30 employés travaillent à Kasi et 35 à Vientiane. Ces unités restent modestes, faute de pouvoir acquérir davantage de machines et de bocaux. Ce travail de transformation des fruits apporte un revenu intéressant aux familles, souvent égal à deux fois le smic laotien, en tout cas supérieur au salaire d’un fonctionnaire. Les bénéfices des ventes servent également à réaliser divers projets de l’association.

Les fruits transformés ne sont absolument pas traités ; ils se trouvent être totalement biologiques. Ainsi, de nouvelles perspectives de débouchés sont envisageables. La vente de confitures et de jus de fruits bio devrait intéresser les pays voisins dont les terres ont souvent été saturées de pesticides lors de programmes d’agriculture intensive.

Mots-clés

commerce équitable, organisation paysanne, pauvreté, revenu agricole, exclusion par l’économique


, Laos

dossier

Pour un commerce équitable : expériences et propositions pour un renouvellement des pratiques commerciales entre les pays du Nord et ceux du Sud

Source

Articles et dossiers

TRICORNOT, Adrien, Sendgao et Sisalio, amis et pionniers du développement à Kasi, 1998/03/26, Micro-crédit, maxi-solidarité par Bénédicte MANIER article paru dans Témoignage chrétien, n°2802, 19 mars 1998, p. 8., Soutien au développement des sociétés paysannes article paru dans Provenances, mars 1997, p. 4., Laos, les fruits de la passion par Jean-Jacques TARTINVILLE article paru dans Faim Développement Magazine, n°129, février 1997, p. 10-11., Au Laos, avec un prêt de 500 F on sort de la misère par Adrien TRICORNOT article paru dans L'expansion, 5 mars 1998, p. 84-85., Pour plus d'informations contacter : SOLIDAR'MONDE, 86 rue Bertie Albrecht, 94400 Vitry-sur-Seine, France. Tél (33)01 45 73 65 43. Fax (33)01 45 73 65 42.

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