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La viabilité des systèmes agraires andins

Marguerite BEY

03 / 1996

Le texte proposé ici tente d’esquisser une synthèse d’un autre colloque, qui a eu lieu à Lima (Pérou)en 1990 sur " La viabilité des systèmes agraires andins ". La problématique rejoint celle du colloque de Chantilly en ce sens qu’elle est traversée par les mêmes préoccupations, traduites dans les deux questions qui guident ce document :

1)Y a-t-il une spécificité des systèmes agraires andins ?

2)Ces systèmes sont-ils viables ?

Dans sa tentative de cerner ces questions, de nombreuses définitions apparaissent, qui soulèvent une nouvelle question : la spécificité andine renvoie à ce qui caractérise une agriculture paysanne. En effet, ces caractéristiques se trouvent aussi bien dans des aspects techniques de valorisation d’un milieu difficile que dans la pluriactivité qui déborde de l’agriculture et l’élevage, ainsi que dans les liens de plus en plus étroits entre la ville et la campagne, qui élargissent l’espace de reproduction au-delà du seul espace rural.

Si cette spécificité existe, les politiques agraires et les interventions en milieu rural andin devront en tenir compte et s’y adapter. Au contraire, si elle ne manifeste qu’une identité paysanne, de quel genre de politique les Andes devraient-elles relever ?

Il semble que la recherche d’une spécificité des systèmes agraires andins conduise à relever plutôt des clivages écologiques, géographiques, historiques et sociaux qui manifestent une " extrême diversité ", une " mosaïque andine " se substituant à la perception d’un milieu homogène.

Ce qui reste de cette diversité sont des éléments d’identification d’une économie paysanne, en commençant par un calcul qui n’est pas fondé sur la maximisation, ni même l’optimisation, de la production, la capacité d’adaptation, d’intégration et de réinterprétation des apports du monde extérieur, l’affirmation d’une identité culturelle.

En ce qui concerne la viabilité des systèmes agraires andins, il convient de distinguer dès le départ :

- viabilité, concept biologique et agronomique, qui se réfère à des techniques culturales et renvoie à l’utilisation et à la préservation des ressources naturelles ;

- reproduction, du domaine des sciences sociales, qui concerne les rapports de production et se dédouble en " reproduction simple " et " reproduction élargie ".

La notion de viabilité renvoie donc nécessairement au concept de développement durable. Selon l’auteur, " le développement économique s’assimile à un accroissement du détour de production, à une augmentation des biens en capital, à une transformation des relations de travail et des relations de production. En bref, le développement est une accumulation progressive, une reproduction élargie. La durabilité, ou la viabilité, signifient un maintien du potentiel des ressources naturelles dans le long terme. "

La viabilité est liée à la question de la productivité des plantes et espèces animales, mais ne saurait se réduire à la mesure des quantités produites. La dimension familiale de l’unité de production apporte une autre échelle, celle de la pluriactivité, et s’ouvre à d’autres acteurs (Etat, organismes non gouvernementaux). Enfin, à l’échelle nationale et internationale, la viabilité de l’agriculture dépend des prix, qui sont relativement instables.

Mots-clés

agriculture familiale, communauté paysanne, intervention de l’Etat, système agraire, développement durable, libéralisme, écosystème, technique agricole, prix, ressources renouvelables


, Pérou

Commentaire

Ce qui caractérise le mieux le milieu andin, en dépit de sa diversité socio-culturelle, c’est la pauvreté. La communauté paysanne y est prédominante et concentre les caractéristiques d’une économie paysanne plus que celles de l’adaptation à un milieu difficile. Il serait dès lors préférable de souligner la solidarité des sociétés andines avec les autres économies paysannes des pays en voie de développement, plutôt que de permettre que les politiques néolibérales traitent le secteur agricole comme l’un des secteurs de l’économie, sans plus de spécificité et, donc, sans considérer la question alimentaire. Cette question est d’autant plus fondamentale quand on réfléchit à l’avenir des petits producteurs familiaux, dans des pays où ils sont encore majoritaires.

Notes

Colloque " Agriculture paysanne et question alimentaire ". Chantilly, 20-23 février 1996.

Source

Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…

GASTELLU, Jean Marc

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