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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Vers une écologie industrielle

Gustavo MARIN

10 / 1999

Suren Erkman, Arménien, biologiste de formation, travaillait comme journaliste scientifique au Journal de Genève lorsqu’il rencontra Maurice Cosandey au début des années 90. Maurice était membre du Conseil de la FPH et du Groupe de Vézelay, créé en 1986, rassemblant une huitaine de personnes francophones qui réfléchissaient sur quelques grands défis environnementaux et technologiques. Maurice Cosandey a vite compris l’importance du projet de recherche sur l’Ecologie industrielle que Suren Erkman lui avait présenté.

Le projet de Suren arrivait au bon moment puisque le Groupe de Vézelay et de nombreux partenaires préparaient les travaux thématiques des Etats Généraux de la Planète, une rencontre internationale qui s’est tenue près de Paris en septembre 1993, résultat d’un processus de sept rencontres continentales, courant 1992 et 1993.

Suren avait déjà effectué plusieurs voyages aux Etats-Unis, en Inde et au Danemark, où il avait interviewé des chefs d’entreprises, ingénieurs, cadres et scientifiques, qui non seulement avaient écrit et fait des recherches, mais avaient surtout commencé à mettre en oeuvre les premières expériences de transformation des systèmes industriels. Suren avait accumulé des informations inédites et possédait un carnet d’adresses de centaines de personnes. En 1994, lorsque l’Alliance pour un monde responsable et solidaire faisait ses premiers pas, la FPH avait décidé de renouveler son appui au projet, qui dès lors devenait un chantier de cette Alliance naissante et devait donc dépasser le stade du rapport d’expert. L’idée était "d’aller au charbon", de mettre les idées et les premières expériences à l’épreuve des faits. Suren était déjà en contact avec les animateurs du parc éco-industriel de Kalenborg au Danemark et leur a donc proposé d’organiser la première rencontre internationale du chantier. La rencontre a eu lieu en novembre 1996. A l’issue de celle-ci a été créé l’Institut de la Symbiose Industrielle, avec les entreprises et les ingénieurs qui, à Kalenborg, avaient réussi à mettre en oeuvre un système où le processus productif de chaque unité industrielle (raffinerie, usine d’acide sulfurique, centrale électrique, chauffage)était en symbiose avec les autres. A partir de là, le nouveau défi était de confronter ces idées et ces expériences dans un autre pays, si possible hors OCDE ; un pays possédant une industrie importante et pauvre en même temps. Suren avait déjà commencé à travailler avec Ramesh Ramaswamy, un ingénieur indien de Bangalore, qui avait étudié le système industriel de la région de Daodar au sud de l’Inde, particulièrement polluée par les activités industrielles, notamment textiles. Après quelques études complémentaires, la deuxième rencontre internationale du chantier s’est tenue en 1997 à Ahmedabad. Cette rencontre a été préparée conjointement avec la Confédération des Entreprises, principale organisation du patronat indien, qui avait compris l’importance de l’écologie industrielle pour non seulement éviter la dégradation irrémédiable de l’environnement et de la vie des Indiens, mais surtout pour moderniser des pans entiers de l’économie indienne. Fort de ces deux rencontres réussies, et conscient de la richesse de l’expérience accumulée, Suren, à la demande de la FPH, a publié le dossier pour un débat : Vers une Ecologie industrielle en 1998. Ce dossier constitue le premier document en français qui propose une présentation à la fois globale et spécifique de l’écologie industrielle. La FPH a épaulé la diffusion de ce document, réalisée personnellement par Suren. Nous avons pensé que ce dossier pouvait être également traduit en anglais dans la mesure où, malgré l’abondance de travaux sur ce sujet en langue anglaise, le dossier de Suren présente une vision d’ensemble actualisée et de dimension internationale.

Suren a été par ailleurs invité à participer au Conseil éditorial de la revue Industrial Ecology, éditée par les presses de l’Institut Technologique du Masachussets (MIT), unique revue dans ce domaine et en langue anglaise. Nous avons alors estimé que ce dossier devait être traduit en chinois pour élargir l’éventail interculturel et parce qu’au cours de nombreux voyages en Chine, nous avions rencontré des partenaires qui nous faisaient constater et comprendre que ce pays, en profonde mutation économique et industrielle, a grandement besoin d’un changement de logique industrielle, véhiculée autant par les transnationales fortement implantées dans le sud que par les entreprises publiques vétustes et inadaptées. Ce livre a été traduit par le Yanjing Group et présenté aux journalistes, aux universitaires et aux chefs d’entreprise. Nous avons organisé un voyage d’un groupe d’animateurs de chantiers de l’Alliance pour accompagner Suren lors de la présentation de son livre en Chine en avril 1999. La troisième rencontre internationale du chantier s’est tenue à Troyes, France, en septembre 1999, organisée par l’Université Technologique de Troyes. Cette conférence illustre l’impact naissant des idées et des expériences portées par le chantier. Vivendi, Gaz de France, Xerox et des dizaines d’autres entreprises ont présenté leurs expériences de mises en oeuvre de quelques principes de l’écologie industrielle. Désormais, la dynamique est lancée. Pour épauler le travail pionnier de Suren et de Ramesh, nous avons invité des alliés d’autres régions du monde, désireux de contribuer à disséminer les propositions du chantier. A l’heure actuelle, l’équipe animée par Suren regroupe Elisabeth Grimberg de Sao Paulo qui, comme Ramesh Ramaswamy en Inde, a publié des travaux sur le recyclage industriel et la gestion des déchets industriels et ménagers et qui travaille dans les régions les plus industrialisées et peuplées de l’Etat de Sao Paulo au Brésil ; Marcel Claude, économiste chilien, président de la fondation Terran, très active dans les divers domaines de l’environnement et des politiques économiques libérales Clarissa Arida, responsable du PNUD aux Philippines, qui a introduit les idées d’écologie industrielle au Ministère de l’Industrie philippin ; Yan Xianjin, ingénieur chinois, chercheur à l’Institut d’éco-environnement de l’Académie des sciences.

Mots-clés

écologie industrielle, gestion d’entreprise, diffusion de l’innovation, réseau d’échange de savoirs


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Commentaire

De nombreuses rencontres sont prévues au Brésil, en Chine, en Espagne ; plusieurs projets de publication sont en cours et notamment une réédition du dossier Vers une écologie industrielle par les éditions Belin en France ; des articles de presse sur les travaux du chantier deviennent coutumiers.

Notes

Le dossier est disponible aux Editions Charles Léopold Mayer, 38 rue Saint Sabin, 75011 Paris, France. Email : diffusion@fph. fr. Un dossier de fiches d’expériences sur l’écologie industrielle est également disponible. Suren Erkman est actuellement directeur de l’ICAST (Institute for Communication and Analysis of Science and Technology)P. O. Box 474, CH-1211 Genève 12, Suisse. Email : suren. erkman@icast. org

Source

Texte original

FPH (Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme) - 38 rue Saint-Sabin, 75011 Paris, FRANCE - Tél. 33 (0)1 43 14 75 75 - Fax 33 (0)1 43 14 75 99 - France - www.fph.ch - paris (@) fph.fr

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