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De l’agriculture au territoire

Changement de perspective sur l’espace rural

Matthieu CALAME

10 / 1999

Au premier abord la ferme de la Bergerie est essentiellement un domaine agricole. Quoi de plus naturel pour la fondation que d’en faire un lieu de recherche d’une agriculture plus durable ? Tel n’est pourtant pas le choix fait finalement par l’équipe de la Bergerie.

Voir l’espace rural d’abord comme un espace agricole c’est en fait rester enfermé dans une perspective relativement récente mais déjà dépassée.

Relativement récente, car sa généralisation date en fait des années 50 même si on en trouve des prémices dans la conception que se font les agronomes de l’espace rural dès le 18ème siècle. L’idée est simple: l’espace rural est d’abord voire exclusivement un lieu de production de denrées agricoles, il n’est pensé ni comme un lieu de vie, ni comme un lieu de nature, ni comme un lieu qui offre des ressources non agricoles. Cette conception a amené à ’rationaliser’ la production agricole en limitant le nombre de variétés produites et en augmentant la ’productivité’ des actifs agricoles, à négliger les espaces ’non agricoles’ de l’espace rural (qui sont perçus en creux)et à négliger toutes autres formes d’activités économiques qui ont alors été concentrées dans les villes. Les conséquences en ont été une désindustrialisation de l’espace rural, la perte d’un riche savoir populaire (notamment féminin)en matière de plantes ’sauvages’ (propriétés nutritives et médicinales)considérées comme annexes voire comme des ’mauvaises herbes’, la perte de population, une banalisation du territoire (arrachement des haies et de tous les obstacles à la production)et parfois de graves atteintes à l’environnement.

Cette approche nouvelle est également déjà dépassée, d’une part parce que certains problèmes la rattrapent (problèmes de l’environnement ou de l’emploi)d’autre part parce que la concentration des populations dans les zones urbaines est arrivée à son terme et qu’il faut désormais faire face à de nouvelles demandes sociales (chasse, promenade, préservation des espèces etc), demandes auxquelles il faut répondre pour maintenir une économie agricole souvent dépendante des soutiens publiques.

Dans ce contexte la Bergerie travaille certes toujours sur une agriculture plus durable (réintroduction de l’élevage, allongement des rotations, recherche de variétés ne nécessitant pas de traitements etc). Mais elle travaille aussi et surtout (c’est là qu’elle est le plus innovante)sur les autres fonctions du territoire: établissement d’un jumelage avec le quartier sud de l’Ile St Denis avec tout un travail sur l’éducation par l’environnement et le développement de synergies économiques notamment dans le cadre de réinsertion de personnes en difficulté, travail avec l’INRA sur la diversité faunistique du territoire, travail avec l’Office national de la Chasse et la fédération de chasse pour établir un cahier des charges d’une chasse respectant l’environnement et les promeneurs (appliqué actuellement sur le domaine par le groupe de chasse), réimplantation de haies, travail avec l’école de chaussy sur un parcours pédagogiques, travail avec l’association louant le golf sur un entretien du golf respectueux de l’environnement (réduction des traitements et de l’irrigation, acceptation des vers de terre, meilleur travail du sol)etc.

Mots-clés

aménagement du territoire, agriculture durable, développement durable


, France

Commentaire

Au delà des mutations locales bien visibles, ces actions permettent à la fondation d’avoir une audience plus large: intervention lors d’un colloque organisé par le sénat français sur les zones périurbaines, actions avec le Parc Naturel Régional, présentation du domaine pour une société produisant des documentaires pour les télévisions québecoises et françaises (via le Monde), démarche du golf de villarceaux vis à vis de la fédération française de golf, relations avec la région Ile de France, travail avec un groupe de chercheurs sur les indicateurs de la durabilité en agriculture, influence sur l’orientation d’APM 11, première étape d’organisation d’un stage franco-espagnol à destination des élèves ingénieurs agronomes pour agir sur la formation des ingénieurs.

Source

Texte original

FPH (Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme) - 38 rue Saint-Sabin, 75011 Paris, FRANCE - Tél. 33 (0)1 43 14 75 75 - Fax 33 (0)1 43 14 75 99 - France - www.fph.ch - paris (@) fph.fr

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