español   français   english   português

dph participe la coredem
fr.coredem.info

rechercher
...
dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Banane, à la recherche d’une production et d’un commerce durables

Robert DOUILLET

11 / 1998

Issue soit d’exploitations familiales, soit de grandes plantations intensives selon les régions, l’industrie des bananes est caractérisée principalement par des prix très bas, une concentration élevée du marché et des coûts sociaux et écologiques externalisés par les multinationales. Le cas du Costa Rica en est un parfait exemple: l’application d’énormes quantités de pesticides entraîne d’importants effets irréversibles sur les écosystèmes environnants (pollution, déforestation, ...)et sur la santé humaine des exploitants et des ouvriers (empoisonnement, infécondité, etc...).

Les bananes se situent au quatrième rang des produits alimentaires les plus consommés dans le monde, pour les besoins locaux mais aussi pour l’exportation. 90% de ces dernières sont destinées aux marchés des pays industrialisés de l’hémisphère nord, l’Union Européenne en tête avec 44 % du total des échanges.

Les bananes "européennes" proviennent des pays A.C.P. (Afrique, Caraïbes, Pacifique), de l’Amérique latine (les bananes "dollars" car situées en zone d’influence du dollar)et de l’Europe elle-même avec la Grèce, l’Espagne, les territoires et départements d’outremer français et portugais.

Or, l’organisation des marchés de la banane est d’une rare complexité: Schématiquement, les pays importateurs se divisent en deux groupes, ceux qui pratiquent le libre échange et ceux qui ont des marchés préférentiels ou régulés, garantis pour certains groupes de pays producteurs, souvent anciennes colonies des pays européens. A l’occasion de la mise en place du marché unique européen, la multiplicité des situations d’une part, et des intérêts d’autre part, donna naissance à un système complexe, transitoire et controversé.

Les coûts sociaux et environnementaux de la production, le système commercial complexe et évolutif, et enfin l’importance en terme économique et social, sont trois facteurs qui ont motivé différentes O.N.G. à "s’immiscer" dans l’élaboration des nouvelles "règles du jeux" de la production et de la commercialisation de la banane, avec bien sûr un objectif d’une meilleure durabilité en terme économique, social et écologique.

Le document de travail "Banane, à la recherche d’une production et d’un commerce durables" nous décrit de façon très précise cette tentative des ONG d’orienter toute une filière vers un développement durable. Pour cela, les deux auteurs nous présentent largement (et parfois de façon un peu trop complexe)la production des bananes, l’organisation des marchés avec les contestations et les réformes successives, la naissance des partenariats, les essais de "commerces solidaires", les transitions vers des modes de production plus durables avec l’intégration de clauses sociales et environnementales ou avec la diversification et la propriété collective, et les limites du pouvoir et des compétences des O.N.G.

L’implication de la "société civile" dans la filière de la banane peut faire référence pour d’autres produits d’exportation. Les O.N.G. ont su créer les réseaux et autres partenariats nécessaires à l’infléchissement d’une production trop inégalitaire. Elles ont su chercher les informations et les analyser, échanger entre partenaires, trouver la faille chez leurs "adversaires", mettre en place des stratégies de communication auprès de la "société globale", etc.

Mais leurs succès présentent encore de nombreuses limites. Si il existe des exemples concrets de développement durable à l’échelle régional, la mise en place d’une filière internationale durable est loin d’être atteinte. Les initiatives restent encore fragiles et trop tributaires d’un sabotage commercial.

Mots-clés

agriculture durable, échange commercial, régulation du commerce international, agriculture d’exportation, exportation agricole, commerce équitable, agriculture et environnement, société civile, négociation, pollution des sols, pollution de l’eau


, Amérique Latine, Antilles, Europe, Etats-Unis, Caraibes, Pays ACP

Commentaire

Pour tous ceux qui aspirent à de nouvelles productions et de nouveaux commerces alternatifs, équitables et/ou durables, l’exemple de la banane est à suivre de près. Ce document fournit la base nécessaire à une bonne connaissance des acteurs et des enjeux.

Source

Rapport

CHAMBRON, Anne Claire, SMITH, Alistair, Rongead, Banana Link, Banane, à la recherche d'une production et d'un commerce durables., FPH in. Document de travail, 1998 (France), N°101, <Banana Link>, 38-40 exchange street, Norwich, Norfolk, NR2 1AX, Grande Bretagne, blink@gn.apc.org, tél. (44)1603 765 670

GEYSER (Groupe d’Etudes et de Services pour l’Economie des Ressources) - Rue Grande, 04870 Saint Michel l’Observatoire, FRANCE - France - www.geyser.asso.fr - geyser (@) geyser.asso.fr

contact plan du site mentions légales